Vernet-les-Bains. « C’est un coup dur mais le problème est mineur » : un centre de cures thermales fermé après la détection de bactéries dans l’eau (France 3 Occitanie)

C’est la douche froide pour les curistes de Vernet-les-Bains dans les Pyrénées-Orientales. Depuis mardi 21 avril 2026, la partie médicinale des thermes est fermée et les soins interrompus. La raison : l’Agence régionale de santé (ARS) a découvert la présence de légionelles dans l’eau.

Une anomalie a été détectée dans les bassins de la station thermale de Vernet-les-Bains le 21 avril 2026 : des légionelles présentes dans l’eau. Par mesure de sécurité les soins ont été immédiatement suspendus pour au moins trois semaines.

Une centaine de curistes sur le carreau

Denis Thorel est un fidèle de la station thermale de Vernet-les-Bains dans les Pyrénées-Orientales. Cela fait une dizaine d’années qu’il vient de Charente-maritime avec son épouse y passer trois semaines de cures. Mais cette année, après quatre jours de soins c’est stop.

« Mardi matin, j’allume mon téléphone et je reçois : cure suspendue. Je pensais que c’était pour un ou deux jours à cause d’un problème technique mais non, on nous a dit que la cure réouvrira au plus tôt le 11 mai. »

Comme Denis, c’est une centaine de curistes qui se retrouvent en quelques jours sur le carreau. Mais pas le choix, des bactéries de légionelles ont été retrouvés dans l’eau des bassins suite à un contrôle de l’ARS, l’Agence régionale de santé.

Présence de légionelles dans l’eau

« Un contrôle sanitaire standard, à la réouverture des thermes, comme il est de coutume de faire sur les piscines » indique Franck Nivaud, Directeur de l’ARS des Pyrénées-Orientales. « Les légionelles, on en trouve, c’est irrégulier. Elles se développent entre 25 et 45°C dans des eaux stagnantes. Les thermes venaient de rouvrir, ce n’est pas de chance mais le protocole est clair : on trouve des légionelles, on ferme tout. »

Ce phénomène bien que rare, arrive parfois car, comme l’explique l’ARS, les eaux de soin ne reçoivent aucun traitement, avant d’être vaporisées, « puisque ce sont les vertus de l’eau qui sort de la source qui sont attendues pour les curistes ».

Les légionelles, c’est quoi et est-ce dangereux ?

Les légionelles, « c’est une bactérie qui donne des infections pulmonaires », explique Franck Nivaud « donc des symptômes type grippaux. Il faut aller voir son médecin, un traitement sera donné rapidement car cela peut être dangereux pour des personnes fragiles avec des affections longue durée ou avec des faiblesses respiratoires. Il faut que chaque personne qui a une potentialité d’avoir été exposée se surveille et consulte dès les premiers signes. »

Un principe de précaution que partage pleinement la Direction du petit établissement thermal. À ce jour aucun curiste ne présenterait de symptômes.

« On a détecté un taux très faible », précise Roman Riac, Directeur des thermes de Vernet-les-Bains, « mais nous avons une tolérance zéro et c’est très bien. On effectue aussi des analyses de manière régulière donc là on va faire des analyses plus poussées pour en déterminer la cause et ensuite un plan d’action au niveau sanitaire sera mis en place pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus et que les réseaux soient totalement sains. »

Un coup dur pour Vernet-les-Bains

Le Directeur l’assure, tout sera fait pour que le centre puisse rouvrir dans les meilleures conditions. « Maintenant il faut nettoyer, désinfecter puis remettre en eau » ajoute le Directeur Départemental de l’ARS qui compatit à la déconvenue des curistes et des gestionnaires alors que l’établissement venait de rouvrir le 30 mars dernier pour la saison qui s’étendra jusqu’à fin novembre.

Du côté du village, les petits commerçants n’ont pas encore eu le temps d’apprécier les répercussions sur l’activité mais pour le Maire de la commune de 1400 habitants « c’est un coup dur, les activités thermales sont majeures pour notre village, c’est un des poumons économiques de notre village. »

Des éléments encourageants

Mais Pierre Serra, fraîchement élu à la tête de la commune, se veut rassurant. « D’après les éléments qu’on a, il s’agit d’un problème mineur. En tout cas ça montre le parfait fonctionnement des systèmes de vérification du fonctionnement de ce type d’établissement et on a bon espoir que ça puisse rouvrir très prochainement. On est optimiste. »

Un sentiment partagé par Denis Thorel, le curiste de Charente-Maritime qui souligne la gentillesse du personnel de l’établissement.

Plutôt que le remboursement des 14 jours de cure non effectués proposé par le centre thermal, avec sa femme, ils préfèrent opter pour un report à une date ultérieure qu’ils n’espèrent pas trop lointaine.

Une réouverture espérée le 11 mai

Selon la Direction de l’ARS, une réouverture est envisagée dès le 11 mai prochain après une procédure bien spécifique de deux contrôles sur l’ensemble du circuit. « Si les deux contrôles sont négatifs, les thermes pourront rouvrir » assure l’Agence Régionale de Santé.

De bon augure pour la station qui accueille chaque année un peu plus de 3.900 curistes. « Et puis l’activité de la partie ludique reste ouverte » ajoute le Maire, l’eau des SPA recevant, elles, un traitement avant d’être mises en bassin.

En attendant, pour les curistes contraints de repousser leur venue le Directeur de Vernet-les-Bains souhaite « qu’ils soient bien rassurés. Quand les thermes réouvriront, toutes les conditions de sécurité seront réunies pour qu’ils puissent suivre leur traitement en toute sécurité. »

Quant aux employés des thermes, ils continueront à être payés pendant l’intégralité de la fermeture temporaire de l’établissement.

Propos recueillis par Jordan Lasserre et Céline Llambrich (France 3 Occitanie, le 23 avril 2026)

Des légionelles détectées à Vernet (L’Indep)

Une partie des thermes de Vernet-les-Bains est à l’arrêt depuis ce mardi 21 avril. Une bactérie a été détectée dans les eaux utilisées pour les soins.

Ce mardi matin, la direction du centre thermal de Vernet-les-Bains a annoncé la fermeture provisoire des soins de l’établissement, «par précaution», et ce pour plusieurs semaines.

Comme l’avait révélé L’Indépendant, l’accès aux soins thermaux avait été fermé après un contrôle de l’Agence régionale de santé (ARS) qui aurait détecté « une anomalie sur un poste de soins après un contrôle sanitaire », selon les termes du communiqué de presse transmis par le groupe ValVital. Ce mercredi, l’ARS précisait que des légionelles avaient été détectées dans plusieurs postes de soins lors d’un contrôle effectué quelques jours plus tôt. Ces bactéries peuvent être à l’origine d’une infection respiratoire appelée légionellose.

Les légionelles se développent dans les réseaux d’eau chaude et particulièrement « dans les eaux stagnantes dont la température varie entre 25 °C et 45 °C », rappelait Franck Nivaud, directeur départemental de l’ARS des Pyrénées-Orientales.

La direction espérait une ouverture des soins du centre thermal d’ici la mi-mai. Mais avant cela, c’est au centre de trouver la cause de la présence de légionelles. « Nous reviendrons effectuer plusieurs contrôles », indiquait l’Agence régionale de santé. « Si un premier contrôle est négatif (en présence de légionelles, ndlr), il en faudra un deuxième, cinq ou sept jours plus tard. S’il est également négatif, les thermes pourront rouvrir: Mais si un seul test détecte encore la présence de la bactérie, alors le centre restera fermé ».

Dès mardi, à L’Indépendant, la direction du centre thermal indiquait s’attacher à mener « les investigations pour déterminer la cause de cette anomalie et à mettre en place un plan d’action pour ouvrir dans les meilleures conditions et dans les meilleurs délais ».

Pour rappel, la légionellose est une maladie potentiellement mortelle. Elle entraîne une infection grave des poumons. L’émergence récente de cette maladie s’explique par son affinité pour les systèmes modernes d’alimentation en eau. S’il n’existe pas de vaccin contre la maladie, elle peut néanmoins être prévenue, et certains antibiotiques sont efficaces s’ils sont pris assez tôt, indiquait le centre Pasteur sur son site internet.

Stéphane Sicard (L’Indépendant, le 23 avril 2026)