Maison de la Région. 120 ans de la loi sur la laïcité : un anniversaire dignement fêté (L’Indep)

« C’est un anniversaire, c’est une fête ! » Ce mardi, plutôt que de faire un long discours, la conseillère régionale Judith Carmona, qui s’est chargée d’ouvrir la commémoration des 120 ans de la loi sur la laïcité à la Maison de la Région, a préféré miser sur la convivialité. Et sur le rassemblement autour du principe de laïcité initié par la loi du 9 décembre 1905 qui garantit la neutralité de l’État par rapport aux cultes et, par ricochet, « l’égalité de toutes et tous quelles que soient leurs convictions ». Afin de célébrer dignement cet anniversaire, élus et agents de la Région ont partagé, avec les représentants des associations partenaires de son festival de la laïcité, des gâteaux réalisés par les apprentis du centre de formation de la Chambre de métiers de Perpignan. Dans la foulée, Patrick Marcel, de la Ligue de l’enseignement, a animé un débat autour du thème « En quoi la laïcité est-elle le garant du triptyque républicain Liberté, Égalité, Fraternité ? » L’ultime acte catalan du festival de la laïcité se tiendra ce mardi 16 décembre, à 18h30, avec une conférence sur le rugby et la laïcité d’un auteur spécialiste du thème, Georges Bringuier. Toujours à la maison de la Région.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 décembre)

Communiqué de presse de la FCPE 66. « En ce 9 décembre, 120 ans de la Laïcité, un principe de notre Constitution, à Saleilles et dans toutes les Pyrénées-Orientales »

Lu dans le bulletin municipal de novembre 2025 de la commune de Saleilles sous le titre « Sondage pour les parents des enfants scolarisés à Saint Pierre La Mer à Saint-Cyprien », la FCPE 66 dénonce un acte contraire à la laïcité avec l’accompagnement par une municipalité des familles vers l’enseignement privé. De cette manière, ces enfants sont incités manifestement à faire leur scolarité dans le privé, plutôt qu’au collège de Cabestany du secteur, ce qui va à l’encontre de la carte scolaire et de la mixité.

À l’occasion des 120 ans le la laïcité, la FCPE 66 dénonce et s’insurge de cette situation de faits du contournement de la carte scolaire du collège de Cabestany par cette incitation au privé, et au-delà de ça, d’évoquer la problématique de la mixité sociale et scolaire, de la laïcité, et du rôle de certains élus de la République qui vont à l’encontre de la laïcité.

Pour information, le journal municipal est financé par de l’argent public et n’a donc pas vocation à faire de la publicité pour le privé…

L’autre point, c’est que derrière ce sondage lancé auprès des parents, il y a également les transports scolaires assurés par les financements publics, et donc intimer le fait qu’une ligne de transport pourrait être assurée entre Saleilles et le Groupe scolaire privé de Saint-Cyprien, c’est utiliser l’argent public pour desservir le privé.

Enfin, dans un département qui est l’un des plus pauvres de France, à Perpignan 32 % de la population vie en dessous du seul de pauvreté, où la mixité sociale et scolaire est peu respectée, les élus de la République, à Perpignan par exemple, ne cessent de valoriser les écoles privées, par ce type d’informations en catimini choquant !

120 ans de la laïcité en ce mardi 9 décembre et on s’aperçoit que nous sommes dans un département, où la laïcité, c’est un peu un principe que chacun instrumentalisé et usurpe à sa manière. La FCPE 66 rappelle que chaque élu de la République doit respecter les lois et notre Constitution, et le principe de laïcité n’a pas de double sens !

Rémy LANDRI, président de la F.C.P.E. des Pyrénées-Orientales
Marc ZARCONE, président de la F.C.P.E. de Cabestany

Pierre Ouzoulias : « La loi de 1905 est menacée par des forces réactionnaires » (La Marseillaise)

Estimant la laïcité menacée, Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine, vice-président PCF du Sénat, appelle à rebâtir un cadre législatif autour de la loi de 1905.

La Marseillaise : La laïcité est-elle menacée aujourd’hui ?

Pierre Ouzoulias : Profondément. Il faut se replonger dans le contexte de 1905. On dit aujourd’hui que c’est une loi qui permet la liberté de conscience, de culte, etc. C’est aussi une loi qui permet de libérer les esprits du dogme religieux qui pèse sur eux. Dans les discours et surtout les articles de Jean Jaurès, il explique qu’on ne peut pas libérer le prolétariat s’il reste complètement enchaîné dans ses traditions. Pour lui, l’émancipation devait concerner toute la sphère sociale, à la fois le domaine économique mais aussi intellectuel avec la religion. On voit bien qu’en ce moment, montent chez les musulmans et les catholiques, partout, des pensées politiques qui utilisent la religion pour faire avancer une forme de néo-conservatisme, ayant pour conséquence le recul des libertés individuelles, des femmes surtout et la promotion d’un ordre social conservateur. Finalement, je trouve que 120 ans après, la situation que nous vivons n’est pas aussi éloignée que ça de celle de 1905.

La Marseillaise : Cette notion est instrumentalisée ?

Pierre Ouzoulias : C’est un principe qui n’est plus compris, utilisé par les uns et les autres, à gauche comme à droite, avec des objectifs qui n’ont pas été ceux de 1905. Cette loi arrive très peu de temps après l’affaire Dreyfus, qui a été le moment paroxysmique où l’armée et l’Église se sont entendues pour faire avancer une vision très nationaliste de la Nation et antisémite. C’est l’époque où on explique que les juifs ne seront jamais de bons Français, qu’ils sont des Français de papier. On retrouve parfois aujourd’hui, dans la façon dont les Français de confession musulmane sont montrés du doigt, quelque chose de similaire. En 1905, c’est au contraire le moment où la République affirme que tous les Français sont des citoyens de plein exercice, indépendamment de leur origine, de leur couleur de peau, de leur confession ou de leur non-confession. La loi de 1905 donne sa pleine puissance au projet républicain d’émancipation du citoyen. Elle est, à ce titre, tout à fait d’actualité car on sent monter des forces réactionnaires avec le développement d’un islam politique très inspiré de ce qui se passe au Proche-Orient, notamment de la pensée religieuse du wahhabisme ou du Qatar, avec des éléments profondément rétrogrades et conservateurs. De la même façon, il y a une forme de catholicisme identitaire comparable à celui de Trump, qu’utilisent tous les moyens de Bolloré et de Stérin, qui est profondément conservateur et anti-républicain. Par rapport à ces deux mouvements la loi de 1905 est menacée, et donc, essentielle.

La Marseillaise : Quel rôle joue l’éducation ?

Pierre Ouzoulias : Il est fondamental. La loi de 1905 arrive après les grandes lois de Jules Ferry sur l’école publique, laïque et obligatoire. Le principe est le même : émanciper les esprits, donner une éducation qui permette à chacun et à chacune de se faire sa libre opinion sur tous les sujets qui le concerne, y compris la religion. La loi de 1905 permet la critique de la religion. Il n’y a pas de blasphème en France et c’est quelque chose de fondamental. On voit bien en relisant Jaurès qu’en 1905, il avait l’ambition de libérer l’Église contre elle-même, ayant conscience que les forces progressistes qui visaient à plus d’égalité sociale entre les individus étaient sous la domination d’un épiscopat extrêmement rétrograde. Aujourd’hui, c’est la même chose. Il y a dans le catholicisme, l’islam et le judaïsme des voies progressistes, modernistes, qui sont critiques par rapport à un certain nombre de pratiques religieuses.

La Marseillaise : Quel est le cadre législatif à rebâtir autour de cette loi ?

Pierre Ouzoulias : La loi de 1905 n’est pas allée jusqu’au bout de ce qu’elle devait réaliser. Un certain nombre de territoires qui étaient à l’époque des colonies n’ont pas eu le droit à son application. Je pense notamment à la Guyane, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Le concordat d’Alsace-Moselle est une incongruité, une espèce de fossile qui n’a plus de sens. La première chose, ça serait qu’elle puisse s’appliquer partout, dans les territoires ultramarins et métropolitains. Nous devons trouver une façon pour que le principe de laïcité soit plus affirmé, plus précisé dans la Constitution, donc à un niveau supérieur de celui de la loi.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 9 décembre 2025)

Un encart du bulletin municipal de Saleillles sur un collège privé fait bondir la FCPE (L’Indep)

L’évocation, dans le bulletin municipal de Saleilles, d’un sondage visant à recenser les enfants scolarisés au collège privé de Saint-Cyprien afin d’obtenir la création d’un arrêt de bus fait débat. La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) y voit une incitation a privilégier l’établissement catholique au détriment du public.

L’annonce parue dans le bulletin municipal Saleilles infos de novembre 2025 a mis le feu aux poudres. Le texte en question lance un appel aux parents des élèves qui suivent leur scolarité dans le collège privé catholique de Saint-Pierre-de-la-Mer, « afin qu’ils puissent agir pour mettre en place des arrêts de bus sur Saleilles, ce qui leur éviterait de se déplacer tous les jours à Saint-Cyprien ». Le tout assorti d’un QR-code permettant d’accéder au sondage destiné à recenser les familles concernées. Cette parution n’a pas manqué de susciter l’indignation de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et notamment de sa section du collège public de Cabestany, vers lequel sont en principe orientés les élèves de Saleilles. « Nous voyons dans cette annonce une manière d’inciter les parents à envoyer leurs enfants à Saint-Pierre, dans le privé. Cette incitation nous semble contraire à la laïcité », résume le président départemental de l’association, Rémy Landri.

« Il ne s’agit pas d’une pub pour St-Pierre », se défend la mairie

« Une mairie n’a pas à utiliser des moyens publics pour faire de la publicité à un établissement privé », s’énerve pour sa part le président de la section FCPE du collège de Cabestany, Marc Zarcone. « Nous craignons qu’avec des mesures comme celle-là, notre collège public ne perde de l’attractivité. »

De son côté, la mairie de Saleilles se défend de toute volonté d’incitation à la fuite des élèves vers le privé. « Il ne s’agit pas du tout de faire la promotion de Saint-Pierre », assure ainsi le directeur de cabinet du maire. « Ce sont des parents d’élèves qui nous ont demandé de faire paraître cette annonce. L’objectif est de leur permettre de se mettre en relation pour qu’ils puissent s’organiser afin d’obtenir la mise en place d’un arrêt de bus ».

Selon le propos introductif du sondage : « Une ligne de bus existe entre Cabestany et Argelès et traverse Saleilles, mais n’y prévoit pas d’arrêt ». Les auteurs du sondage expliquent dans la foulée qu’ils souhaitent contacter la compagnie de bus afin d’envisager la création d’un tel arrêt et qu’ils ont besoin pour ce faire de répertorier les enfants concernés.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 9 décembre)

« La laïcité, ce n’est pas une lutte contre les croyances » (L’Indep)

La laïcité est à l’honneur dans les Pyrénées-Orientales a l’occasion des 120 ans de la loi de 1905. Des animations variées, dont une journée de sensibilisation pour 450 enfants, sont prévues pour renforcer la sensibilisation à ce principe fondamental.

À l’occasion des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, le comité Laïcité République 66 et le Grand Orient de France s’unissent. Pour commémorer cette date importante, diverses animations sont prévues à partir du 27 novembre prochain, en partenariat avec le conseil départemental et le conseil régional.
Lors d’une conférence de presse, donnée ce mardi 25 novembre à Perpignan par Pascal Farines, membre du Grand Orient de France et Élie Puigmal, président du comité Laïcité République des Pyrénées-Orientales, les bases et définitions de ce mot ont été rappelées. « Ce n’est pas une lutte contre les croyances. C’est une garantie pour que chacun puisse croire, ne pas croire, changer de religion et vivre ensemble sans pression ni privilège religieux. Ce mot ne doit pas être adjectivé », développent-ils. Ajoutant que les Pyrénées-Orientales sont l’un des départements où les mobilisations sont les plus importantes.

Sensibiliser la jeunesse

Durant plusieurs jours, des actions seront menées dans le département. Par exemple ce 27 novembre, avec une journée de sensibilisation au Palais des Rois de Majorque pour 450 enfants. « On s’est aperçu qu’en particulier chez les jeunes, il y a un déficit de connaissance de la laïcité », souligne Pascal Farines. Le comité Laïcité République a ainsi créé un diaporama « pour les amener à cheminer, à réfléchir et à débattre ».

Des projections au cinéma sont également prévues. En particulier, le film « Le procès de Viviane Amsalem », le samedi 29 novembre au Clap Ciné de Canet-en-Roussillon. « C’est l’histoire d’une femme israélienne qui ne peut pas divorcer. Il montre l’inconvénient du poids de la religion dans la société », indique Pascal Farines.

Un autre, au Castillet à Perpignan le 4 décembre et au Puigmal à Osséja le 5 décembre : « Laïcité, Liberté, Égalité, Fraternité », le premier film sur l’histoire de la laïcité, animé par le réalisateur Georges Bringuier.

Une exposition composée de 17 panneaux explicatifs sera mise en place au Hall Guy Malé au siège du département à Perpignan du 9 au 12 décembre. Et les événements seront clôturés par une conférence publique avec débat, le 17 décembre à l’espace Christian Bourquin à Perpignan.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 26 novembre 2025)

« La laïcité fait partie des valeurs que nous portons » (L’Indep)

La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État fête cette année ses 120 ans.
L’occasion pour le Département des Pyrénées-Orientales de rappeler l’importance de la laïcité et de présenter les actions menées tout au long de l’année pour sensibiliser a ce principe.

Le 9 décembre prochain marquera les 120 ans de la loi de 1905, concernant la séparation des Églises et de l’État. Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales, a ainsi souhaité célébrer « ce bel anniversaire ».

Mais comme la laïcité ne se fête pas que pour sa date d’anniversaire, des actions sont menées toute l’année par les associations locales et l’Éducation nationale, soutenues par le Département. « Des initiatives ont été portées, mettant en avant à la fois le respect et l’écoute, à travers la laïcité. Ça me semble vraiment important de pouvoir le relayer et être à la disposition du monde associatif », développe Hermeline Malherbe.

31 collèges publics des Pyrénées-Orientales ont été sensibilisés. Le Département a d’ailleurs lancé un appel à projet visant à soutenir des actions éducatives en lien avec l’affirmation du principe de la laïcité et la défense des principes de la République. Des actions qui s’adressent aux élèves de la 6e à la 3e. « La laïcité fait partie des valeurs que nous portons », ajoute la présidente. Elle rappelle qu’il ne s’agit pas d’une « lutte contre les religions », mais d’un « respect de toutes les religions et de tous ceux qui ne croient pas ».

Ateliers, concours, expositions…

Le Département et ses partenaires organisent plusieurs événements à partir de ce jeudi 27 novembre. Tout d’abord avec l’atelier « Laïcité j’écris ton nom », à destination des élèves des écoles, collèges et lycées, par le collectif Laïque. Un concours d’éloquence « Robert Badinter. Humanité, diversité, fraternité » est organisé par le Mémorial du Camp de Rivesaltes et l’Union des jeunes avocats des Pyrénées-Orientales, le samedi 6 décembre.

Pour la « journée de la laïcité », le 9 décembre, le groupe d’études sociétales et actions et la direction des services départementaux de l’Éducation nationale prévoient divers événements, tels que la plantation d’un arbre de la laïcité et le dévoilement d’une nouvelle plaque.

Les animations continuent jusqu’au 16 décembre, avec notamment une dictée pour les élèves et une journée portes ouvertes « La laïcité en question ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 25 novembre 2025)

Le programme détaillé des animations est à retrouver sur le site leDépartement66.fr