L’édito du webzine. Enrayer la machine du mensonge de l’impérialisme

La guerre américano-israélienne fait rage en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens. Cela relève toujours du même schéma impérialiste : mensonges, guerres pour les ressources, mépris du droit international.

Cette guerre soutenue par Reza Pahlavi (fils de l’ancien shah) est condamnée par l’opposition iranienne en exil. Elle s’inscrit dans une logique impérialiste où le mensonge justifie l’agression. L’impérialisme prend habitude de cette politique pour déclarer la guerre aux régimes qui vont à l’encontre de ses intérêt comme en 1964 au Vietnam ou en 2003 en Irak, où des prétextes fallacieux (attaques imaginaires, armes de destruction massive) avaient servi à déclencher des conflits meurtriers.

Le mensonge sert d’argument à Trump et Netanyahu recyclant des falsifications historiques pour légitimer leurs actions : Trump affirme que l’Iran est « proche de la bombe atomique », une allégation démentie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Une logique économique mortifère

Netanyahu revendique la Palestine au nom d’un lien historique de 3 000 ans, ignorant que ces terres étaient occupées bien avant par les Natoufiens, ancêtres des Palestiniens. Une rhétorique similaire à celle de Charles X en 1830, qui prétendait que l’Algérie « n’appartenait à personne ».

En réalité l’objectif d’Israël est de s’étendre territorialement et d’affaiblir ses voisins, celui de Trump est de contrôler les flux énergétiques mondiaux. Le blocage du détroit d’Ormuz permet aux États-Unis -premier producteur mondial de pétrole et de gaz-, de spéculer sur les prix et d’imposer leurs exportations aux Européens, privés de gaz russe.

La guerre sert les intérêts d’une oligarchie économique qui s’enrichit grâce à la crise, tandis que les Européens sont contraints d’acheter du gaz américain à prix d’or. Cette dynamique rappelle les seigneurs de guerre du passé où le profit prime sur les vies humaines.

Il s’agit d’une mécanique implacable : fabriquer un ennemi, frapper, et justifier la violence par des mensonges. Face à cette répétition tragique de l’histoire, la question se pose : jusqu’où iront ces logiques de domination, et à quel prix les populations civiles sont condamnées au silence ?

Il s’avère indispensable de déjouer cette répétition du schéma impérialiste. D’avoir une réflexion sur la responsabilité collective face à l’histoire qui « bégaie ».

Dominique Gerbault

L’édito du webzine. Le « Conseil de la paix » : Trump veut vassaliser le monde

Après avoir mis la main sur les ressources pétrolières du Venezuela par une opération militaire, Trump a désormais jeté son dévolu sur le Groenland.

Quelques gouvernements européens, dont la France, ont osé élever la voie. Une réaction jugée inacceptable par Washington. La riposte de Trump a été immédiate : menacer d’augmenter les droits de douane de 25 % à 100 % sur les produits en provenance des huit pays contestataires(*). Une mesure punitive qui s’ajoute à une autre provocation : le refus d’Emmanuel Macron de participer au « Conseil de la paix », une structure créée par Trump pour remplacer l’ONU et encadrer la reconstruction de Gaza, réduite à un champ de ruines.

Présenté comme une initiative humanitaire, ce « Conseil de la paix » cache en réalité une volonté hégémonique. La charte du projet est édifiante. L’organisation entrerait en vigueur dès sa signature par trois États (contre 194 pour l’ONU). Les mandats des États membres seraient limités à trois ans, renouvelables… par le président américain. Les pays versant plus d’un milliard de dollars en espèces dès la première année échapperaient à cette règle. Donald Trump, « premier président » autoproclamé, disposerait de pouvoirs inviter ou exclure des États, fixer les priorités, et imposer son veto sur toute décision. Ce système permettrait d’asphyxier la souveraineté des nations et imposer la loi du plus fort.

Un système capitaliste poussé à son paroxysme

Donald Trump n’est que le symbole le plus visible d’un système capitaliste débridé, où le profit prime sur l’égalité, l’état de droit et la paix. Son ambition : soumettre les nations à une logique de domination économique et militaire, quitte à recourir à la violence. Un modèle que certains dirigeants européens, y compris en France, semblent découvrir avec effroi.

La question est désormais posée : la France et l’Europe sauront-elles s’unir pour résister ? Toutes les forces sociales, économiques, politiques et culturelles du pays doivent se mobiliser pour contrer cette dérive autoritaire. L’enjeu n’est pas seulement économique ou géopolitique, mais bien civilisationnel.

La France se trouve à un carrefour historique. Soit elle plie devant les diktats de Trump et renonce à sa souveraineté, soit elle incarne la résistance face à l’arbitraire. Le choix d’Emmanuel Macron de refuser le « Conseil de la paix » est un premier pas, mais la bataille ne fait que commencer.

Dominique Gerbault

(*) Allemagne, Danemark, Finlande, France, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède.