81 ans après les tragédies atomiques de Hiroshima et Nagasaki. De la compassion à l’abolition, le Mouvement de la Paix en actions

À quelques mois de la 1ère conférence d’examen du Traité d ‘interdiction des armes nucléaires (TIAN)(1) qui verra la grande majorité des états se réunir à l’Onu à New-York, les pacifistes français et leurs homologues du monde entier rendent hommage aux victimes des bombardements atomiques et construisent les convergences humaines pour préserver les générations futures du fléau de la guerre et des armes nucléaires.

Il y a 81 ans les États-Unis larguaient les 2 premières bombes atomiques de l’histoire, mettant durablement l’humanité en danger. Les décennies qui ont suivi ont vu les vainqueurs de la 2nd Guerre mondiale leur emboiter le pas dans une course folle vers la mort et le néant. Cependant, la mise en œuvre progressive d’un droit international et les fortes mobilisations citoyennes internationales ont permis au fil des ans de réduire le nombre d’états voulant posséder l’arme nucléaire, d’éliminer 80 %(2) des têtes atomiques et d’obtenir de nombreux traités de réduction puis d’interdiction des armes atomiques.

Pourtant, les derniers 9 états à posséder l’arme atomique continuent de moderniser leurs arsenaux en contrevenant aux traités internationaux qu’ils ont pourtant signés. C’est le cas de la France qui aurait -au contraire- tout intérêt à prendre le leadership d’une politique d’élimination des armes nucléaires. Au moment où les réels défis de la sécurité humaine passent par des investissements massifs pour le climat, l’éducation et la santé, les choix politiques strictement militaires de la France sont à contre-courant d’une culture de la Paix, telle que promue par l’UNESCO et l’ONU.

Dans ce contexte, le Mouvement de la Paix sera une nouvelle fois présent à Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août pour rendre hommage aux victimes des bombardements, saluer le courage des Hibakushas et construire les mobilisations citoyennes à venir. Roland Nivet, porte-parole de l’association, et Pierre Villard, président honoraire, interviendront dans les différents moments dédiés à la mise en œuvre des mobilisations à venir pour parvenir à l’élimination définitive des armes atomiques.

Le Mouvement de la Paix proposera à ses homologues lors de la Conférence mondiale à Hiroshima d’organiser des évènements citoyens simultanés dans le monde entier le jour de l’ouverture de la 1ère conférence d’examen du TIAN, pour engager tous les gouvernements du monde. En France, une journée d’action est en préparation le 30 novembre devant toutes les préfectures pour demander que la France ne laisse pas sa chaise vide au TIAN. Dans la foulée, le Mouvement de la Paix prépare en janvier/février la 3ème étape de la Tournée française du Prix Nobel de la Paix 2024 attribué à Hidankyo, l’association des Hibakushas(3), avant une journée nationale de mobilisations en mars devant les lieux du crime où la France prépare la guerre atomique. Ainsi le Mouvement de la Paix entend peser dans les mois à venir, pendant la campagne des élections présidentielles en France, en interpellant l’opinion et les candidats sur les choix à effectuer pour que la France s’engage à son tour dans la voie inéluctable de l’élimination définitive des armes atomiques, option majoritairement soutenue par l’opinion publique française(4).

À Paris, le mercredi 5 août 2026
Le Mouvement de la Paix

(1) La première conférence d’examen du TIAN aura lieu à l’ONU du 30 novembre au 4 décembre 2026.
(2) De 75 000 au pire moment de la guerre froide le nombre de têtes nucléaires est aujourd’hui estimées à 12 000.
(3) Hibakushas : victimes survivantes des bombardements atomiques.
(4) Sondage IFOP de janvier 2026, commandé par le Mouvement de la Paix et publié par l’Humanité, La Marseillaise et Planète Paix.

Conférence mondiale contre la bombe A et H. Intervention de Pierre Vilard

Pierre VILLARD
Former national chair of Le Mouvement de la Paix
Chair of Provence’s coordination of French’ peace comities

Chers amis,

C’est avec un immense plaisir que je m’adresse une nouvelle fois à vous aujourd’hui à l’occasion de la Conférence mondiale contre les bombes A et H, organisée par Gensuikyo, C’est pour moi la 6ème fois que je suis à vos côtés pour commémorer les tragiques évènements de 1945. J’éprouve à chaque fois la même émotion, la même tristesse. J’ai des frissons. J’en veux à tous ces dirigeants qui ont osé utiliser l’arme atomique et à ceux qui continuer à justifier sa possession au nom de leurs intérêts vitaux.

Aujourd’hui, nous n’avons qu’un seul et même intérêt vital. Notre intérêt vital c’est l’élimination définitive des armes atomiques. Et nous savons que tous ensemble nous sommes une force extra-ordinaire.

Gensuikyo au Japon et Le Mouvement de la Paix en France sont deux organisations amies qui ont le même objectif : éliminer les armes nucléaires pour offrir aux générations futures l’assurance d’un monde apaisé, débarrassé de la menace atomique. Pour cela, nous devons faire de la Paix le moteur des transformations du monde. C’est possible avec la Culture de la Paix.

Je coordonne les activités des comités du Mouvement de la Paix dans le sud de la France et nous avons eu le plaisir d’accueillir cet automne une délégation de Gensuikyo et du Prix Nobel de la Paix Hidankyo.

Paul Valery, un grand écrivain français disait « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». Nous, les peuples japonais et français, nous voulons nous connaître pour ne pas accepter que nos gouvernements nous massacrent. C’est aussi valable pour tous les autres peuples du monde. Nous avons besoin de nous connaître pour ne pas avoir peur les uns des autres, et ne rien avoir à craindre les uns des autres.

La situation du monde est contrastée. A la fois de grandes inquiétudes, mais aussi de grandes opportunités. Le multilatéralisme est attaqué de toutes parts. L’organisation des nations unies est remise en cause par tous ceux qui veulent s’affranchir des règles internationales.

Mais nous avons obtenu l’interdiction des armes atomiques grâce à nos mobilisations. 65% des états du monde vivent dans des zones exemptes d’armes nucléaires. Un jour, il n’y aura plus d’armes nucléaires sur la planète.

En France, nous devons faire face à une vaste campagne de militarisation des esprits. Les budgets militaires sont à la hausse. L’idée d’une armée européenne refait surface. Les industries militaires augmentent leur production. Elles embauchent. Le gouvernement vient de réinstaurer un service militaire volontaire. Un deuxième porte-avion va être construit. Le complexe militaro-médiatico-industriel se porte bien.

La guerre n’est pas qu’une vue de l’esprit. Ce sont des vies meurtries, des vies fauchées. Des familles endeuillées. Des corps mutilés. L’angoisse permanente. Les peuples n’ont aucun intérêt à la guerre. Ce message, nous devons le faire passer ensemble. Pour cela, nous avons besoin de vous et vous avez besoin de nous.

Le Mouvement de la Paix a été très heureux de voir le Prix Nobel de la Paix attribué à Hidankyo, l’association des victimes et survivants des armes atomiques. Après Pugwash, IPPNW et ICAN, c’est une nouvelle fois aux citoyens engagés pour l’élimination des armes atomiques que le comité Nobel a décidé d’attribuer son illustre Prix.

Comme je vous l’ai dit, nous avons invité nos amis de Hidankyo et des représentants de Gensuikyo dans le Sud de la France pour une Tournée du Prix Nobel. Durant 10 jours ils ont sillonné 7 départements et ont visité 18 localités. Des grandes villes comme Marseille ou Montpellier mais aussi de villes plus petites dans nos campagnes françaises.

La délégation était composée de 7 personnes :

  • Mme Emiko Honma, membre du conseil exécutif de Hidankyo, quartier de Chugoku.
  • M Hideto Matsuura, membre du conseil d’administration d’Hidankyo, issu de l’arrondissement de Shikoku.
  • M Saburō Sugasawa, secrétaire général du Gensuikyo de la préfecture de Yamanashi.
  • Mme Masako Watanabe, secrétaire générale du Gensuikyo de la préfecture d’Akita
  • Yayoi Tsuchida, secrétaire générale adjointe de Gensuikyo, responsable du secteur international
  • Yuhi Shimada, membre du conseil exécutif de Gensuikyo, responsable du service jeunesse.
  • Fumiko Kataoka, responsable des interprètes de Gensuikyo

Nous avons constitué deux équipes qui ont réalisé un total de 40 rencontres. Chaque équipe a parcouru un millier de kilomètres, depuis la Méditerranée jusqu’aux Alpes ou aux Cévennes.

Avec eux, nous avons pu rencontrer près de 7 000 citoyens de France pour faire connaître les conséquences humaines et humanitaires des armes atomiques et soutenir le Traité d’interdiction des armes nucléaires.

Ils ont été accueillis dans des établissements scolaires. Le 21 novembre leur témoignage a été retransmis en visio-conférence dans près de 60 établissements scolaires, avec la participation du représentant du ministère de l’éducation nationale. 2000 élèves y ont assisté. Ce fut une grande première pour nous. Les élèves français ont appris des chants japonais, réalisé des chorégraphies.

Plusieurs opérations de pliages de grues ont permis de partager l’histoire de Sadako et la légende des 1000 grues. Des musiciens ont apporté leur soutien artistique.

Leur périple a permis de rencontrer de nombreux élus français, dont certaines localités membres de Mayors for Peace. Cela a renforcé la campagne de nos comités pour le soutien des villes au Traité d’interdiction des armes nucléaires. Après leur passage, plusieurs maires ont décidé de rejoindre l’appel des villes pour le TIAN.

Les témoignages de Mme Emiko Honma et de M Hideto Matsuura ont permis de faire connaître la réalité des souffrances des victimes et les angoisses des hibakusha de seconde ou troisième génération. Ils sont devenus de véritables stars des cours de récréations. De nombreuses personnes se sont rendues compte qu’elles ne connaissaient finalement pas grand-chose des armes atomiques.

La presse locale a donné un écho important à cette tournée. Nous avons plusieurs dizaines d’articles de presse qui relate cette tournée.

Au-delà du témoignage de Hidankyo, la participation de Gensuikyo a permis de faire connaître vos mobilisations pour l’engagement du Japon en faveur du TIAN. Nous avons mieux compris la politique actuelle du Japon et les volontés de militarisation. Il est difficilement compréhensible que votre pays soit prêt à disposer de la bombe atomique. Vraiment votre gouvernement n’a rien retenu des souffrances des Hibakusha.

La participation de Gensuikyo à la tournée française vous aura permis d’aller à la rencontre du peuple français. Sans doute nos amis ont mieux mesuré la difficulté d’agir pour la Paix dans un pays doté de l’arme atomique. C’est pourquoi vos témoignages ont été si essentiels pour nous.

Nous voulons que la France soit le premier pays doté à s’engager dans le TIAN. C’est pourquoi nous avons besoin de vous pour réaliser cet objectif.

Nous allons continuer à venir régulièrement à Hiroshima et Nagasaki avec de jeunes français. Nous vous attendons en France début 2027 pour une nouvelle tournée de Hidankyo et Gensuikyo.

Vive la coopération des pacifistes japonais et français.
Vive la solidarité internationale des peuples pour la paix, l’abolition des armes nucléaires et l’abolition de la guerre.

Hiroshima le 5 août 2026

Hiroshima-Nagasaki 2026: Intervention de Roland Nivet porte-parole national du Mouvement de la Paix français et représentant du Mouvement de la paix à la commission Ecosoc des Nations unies

Mesdames, Messieurs,

Chers amis de la paix, bonjour,

Je suis Roland Nivet porte-parole national du Mouvement de la Paix français et représentant du Mouvement de la paix à la commission Ecosoc des Nations unies. Cela fait 50 ans que j’ai fait de la lutte pour la paix et le désarmement nucléaire mon engagement prioritaire.

Dans mon intervention je développerai 4 idées principales :

  1. Nous sommes à un point de bascule dans l’histoire de l’humanité
  2. Les peuples peuvent changer le cours de l’histoire
  3. Le Nord et le Sud doivent agir ensemble
  4. Je proposerai quatre rendez-vous annuels pour structurer une mobilisation mondiale durable

Il y a quatre-vingt-un ans, à Hiroshima puis à Nagasaki, l’humanité découvrait qu’elle possédait désormais le pouvoir de s’autodétruire.

En quelques secondes, deux villes furent anéanties.

Des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants furent tués. Des centaines de milliers d’autres furent condamnés à des souffrances physiques et morales qui les accompagnèrent toute leur vie.

Mais des ruines d’Hiroshima et de Nagasaki est née une force extraordinaire.

Les Hibakushas.

Au lieu de transmettre la haine, ils ont choisi de transmettre l’espérance. Au lieu d’appeler à la vengeance, ils ont consacré leur vie à un message universel :

Plus jamais Hiroshima. Plus jamais Nagasaki.

Je voudrais aujourd’hui leur rendre hommage.

Grâce à leur courage, grâce à leur témoignage, grâce à leur persévérance, un immense mouvement mondial s’est construit. Des citoyens, des scientifiques, des villes, des associations, des syndicats, des organisations internationales, des États et les Nations unies ont fait progresser l’idée qu’un monde sans armes nucléaires n’était pas un rêve naïf mais un objectif politique réaliste.

Nous leur devons beaucoup. Mais aujourd’hui, nous leur devons davantage encore.

Nous avons le devoir de poursuivre leur combat.

Car leur message est plus actuel que jamais. Nous vivons un moment décisif de l’histoire de l’humanité.

Les guerres s’étendent. Les populations civiles en paient le prix.

Le droit international est de plus en plus contesté.

Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux jamais connus

Selon le SIPRI, elles ont atteint près de 2 900 milliards de dollars en 2025, contre environ 840 milliards en l’an 2000. En vingt-cinq ans, elles ont donc plus que triplé. Selon le Congressional Budget Office américain : l’ensemble des forces nucléaires des USA, de leur fonctionnement, de leur entretien et de leur modernisation devrait coûter 946 milliards de dollars entre 2025 et 2034, soit en moyenne environ 95 milliards de dollars par an.

Dans le même temps, les neuf États dotés de l’arme nucléaire modernisent leurs arsenaux.

Les engagements pris en faveur du désarmement sont progressivement abandonnés.

Les grands traités qui limitaient la course aux armements disparaissent les uns après les autres, jusqu’au traité New START, dernier accord contraignant entre les États-Unis et la Russie sur les armes nucléaires stratégiques.

En France aussi, cette évolution est visible.

La France engage un vaste programme de modernisation de sa force nucléaire : nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, nouveaux missiles, nouvelles têtes nucléaires, deuxième porte-avions nucléaire… Un ensemble de programmes représentant près de 90 milliards d’euros, sans compter les coûts futurs de fonctionnement et d’entretien.

À l’échelle de l’Union européenne, les dépenses militaires ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, tandis que le plan ReArm Europe prévoit encore 800 milliards d’euros supplémentaires.

Tous ces faits conduisent à une conclusion simple.

Le risque nucléaire n’appartient plus au passé. Il est redevenu une menace bien réelle pour notre présent.

Mais je voudrais vous dire aujourd’hui une chose essentielle. À mes yeux, le véritable enjeu dépasse la seule question nucléaire.

Nous sommes à un point de bascule Deux chemins s’ouvrent devant l’humanité

Le premier est celui que nous voyons malheureusement se dessiner sous nos yeux.

C’est le chemin de la peur. Le chemin d’une économie de guerre où les budgets militaires progressent plus vite que les budgets consacrés à la santé, à l’éducation, à la lutte contre la pauvreté ou contre le dérèglement climatique. C’est le chemin de la domination de la force sur le droit.

Le chemin où quelques puissances économiques, financières, médiatiques et militaires imposent de plus en plus leurs intérêts aux peuples. Le chemin où progressent les nationalismes, le racisme, les idéologies d’extrême droite, les logiques de domination et de confrontation.

Ce chemin nous conduit vers toujours plus de guerres, toujours plus de violences et toujours plus d’insécurité.

Mais il existe un autre chemin.

Le chemin de la coopération. Le chemin du dialogue. Le chemin du droit international. Le chemin du multilatéralisme. Le chemin d’une véritable sécurité humaine.

Une sécurité qui ne se mesure pas au nombre de missiles, de chars ou de sous-marins nucléaires, mais à la capacité de chaque être humain à vivre dans la dignité, à avoir accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à la culture, à un environnement préservé et à tous les droits humains.

Voilà le choix qui est devant nous. Voilà le véritable point de bascule.

Pourquoi je garde espoir

Certains disent qu’il est déjà trop tard. Je ne le crois pas. Pourquoi ?

Parce que l’histoire nous enseigne une leçon essentielle. Lorsque les peuples s’unissent, ils changent le cours de l’histoire.

Ils ont obtenu la décolonisation.Ils ont conquis des droits sociaux Ils ont fait progresser les droits des femmes. Ils ont vaincu l’apartheid. Ils ont fait naître les Nations unies.

Ils ont obtenu des avancées importantes en matière de désarmement nucléaire.

Rien de tout cela n’était écrit d’avance.

Chaque fois que des femmes et des hommes se sont levés ensemble, ils ont montré que l’histoire n’était pas une fatalité.

Comme le disait Edgar Morin philosophe et sociologue français: « Plus on s’approche de l’abîme, plus il existe la possibilité du sursaut. »

Je crois profondément que nous sommes aujourd’hui dans ce moment où le sursaut est encore possible.

Mais ce sursaut ne viendra pas tout seul.

Il dépend de nous.

Construire une mobilisation mondiale

Il dépend de notre capacité à rassembler. À rassembler les mouvements pour la paix. Les organisations de défense des droits humains, les syndicats, les mouvements féministes, les organisations écologistes.

Les associations de solidarité. Les chercheurs. Les artistes. Les élus. Les jeunes.

Mais il dépend surtout de notre capacité à unir les opinions publiques.

Les opinions publiques des pays du Nord. Les opinions publiques des pays du Sud.

Car les armes nucléaires ne distinguent ni les frontières, ni les religions, ni les couleurs de peau.

Nous appartenons tous à une même communauté de destin.

Je voudrais d’ailleurs saluer ici les luttes des peuples du Pacifique, qui ont permis la reconnaissance des conséquences humaines des essais nucléaires français, ainsi que les avancées récentes intervenues en Polynésie française. Elles montrent qu’aucun combat pour la vérité et la justice n’est perdu d’avance.

N’oublions jamais une chose. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires n’aurait jamais été adopté en 2017 sans la mobilisation des pays du Sud, qui ont fait entendre à l’Assemblée générale des Nations unies la voix de la majorité de l’humanité.

Le désarmement nucléaire n’est donc pas seulement l’affaire des neuf puissances nucléaires.

C’est l’affaire de tous les peuples.

Je voudrais faire trois propositions

La première est de soutenir et d’élargir l’appel mondial déjà signé par plus de 600 organisations de 99 pays. Cet appel fixe un objectif clair : parvenir à un monde sans armes nucléaires d’ici 2045, pour le centième anniversaire de la Charte des Nations unies. C’est un appel ouvert à toutes les organisations, quelles que soient leurs sensibilités, dès lors qu’elles partagent cet objectif commun.

La deuxième est de structurer une mobilisation mondiale autour de deux grands rendez-vous annuels liés à la paix et au désarmement nucléaire.

Du 6 au 9 août, pour faire vivre partout dans le monde la mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki.

Puis du 21 au 26 septembre, de la Journée internationale de la paix à la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, afin d’organiser partout des marches, des débats, des rencontres avec les élus, des initiatives dans les écoles, les universités, les entreprises, les quartiers et les villages

Enfin, je propose de participer activement à deux grands rendez-vous de convergence avec l’ensemble des mouvements sociaux.

Le 1er mai, parce que la paix est une condition du progrès social. Comment répondre aux besoins des peuples lorsque les dépenses militaires absorbent des ressources considérables ?

Et le 10 décembre, Journée internationale des droits humains. Car le premier des droits humains est le droit de vivre.

Le droit de vivre sans la menace d’une guerre nucléaire.

Le droit de transmettre aux générations futures une planète habitable et un monde en paix.

Conclusion

Les Hibakushas nous ont transmis un témoin. Aujourd’hui, ce témoin est entre nos mains.

À nous de le porter. À nous de convaincre. À nous d’agir. À nous d’unir les peuples du Nord et du Sud.

À nous de faire grandir cette immense majorité de femmes et d’hommes qui veulent simplement vivre en paix. Alors, un jour, nous pourrons dire aux Hibakushas :

Votre combat est devenu le nôtre. Et grâce à vous, grâce à des millions de femmes et d’hommes de tous les continents, l’humanité aura choisi la vie plutôt que la peur…

La coopération plutôt que la confrontation… le droit plutôt que la force… la paix plutôt que la guerre.

Je vous remercie.

Roland Nivet Hiroshima- Nagasaki aout 2026