2026 / 2027 : 90e anniversaire de l’Olimpiada popular de Barcelone, du début de la guerre d’Espagne et de l’aide internationale à la République espagnole

Depuis une vingtaine d’années, le Comité départemental des Pyrénées-Orientales de l’ANACR et de nombreuses associations d’Histoire et de Mémoire (l’ARAC, l’AAGEF-FFI, la FNDIRP …) développent des activités variées sur le thème : Les Pyrénées-Orientales, plaque tournante du soutien aux démocrates espagnols, de 1934 à la mort de Franco. A l’occasion du 90e anniversaire de l’Olimpiada popular de Barcelone, du coup d’état militaire et du début de l’aide internationale à la République espagnole, nous avons décidé de relancer nos activités sur les thèmes suivants :

  • L’Olimpiada popular de Barcelona,
  • Les débuts du soutien militaire, humanitaire et politique aux Républicains espagnols.

I) L’Olimpiada popularde Barcelona

Conçue comme une alternative aux Jeux Olympiques de Berlin, instrumentalisés par Hitler, les organisations antifascistes d’Europe et d’Amérique décidèrent de tenir une initiative sportive et culturelle, à Barcelone, en juillet 1936. Décision soutenue en France par la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) et financée partiellement par le gouvernement de Front Populaire.

Concrètement 

  • nous avons lancé la campagne de projection du film 1936, Barcelone, l’olympiade oubliée au Centro Espagnol (16 juin). Au cours de l’automne, nous continuerons de le faire dans un maximum de localités du département et de la région.
  • le 30 juin, nous avons participé au voyage organisé à Barcelone par nos amis de l’AAGEF-FFI pour découvrir le stade de Montjuich où devait se dérouler l’Olimpiada popular et pour rendre hommage, à travers Lluis Companys, à toutes les victimes du franquisme.
  • • nous avons réalisé, le 4 juillet, une manifestation mémorielle à la fête du journal Le Travailleur Catalan (projection du film 1936, Barcelone l’Olympiade oubliée, présentation de l’exposition nationale de l’ARAC L’été 1936, déambulation de stand en stand pour commenter les biographies de Roussillonnaises et de Roussillonnais investis dans l’aide à l’Espagne républicaine qui y étaient présentées.
  • • le 24 octobre, à Barcelone, nous participerons aux initiatives sportives organisées par l’Association Neus Catala en hommage à Lluis Companys, président de la Generalitat de Catalunya, assassiné par les franquistes.

II) Le soutien aux républicains espagnols

L’Olimpiada popular ne put se dérouler car, dans la nuit qui précéda la manifestation d’ouverture, eut lieu le coup d’état militaire. Immédiatement se développa, en France et dans le monde, un mouvement de soutien multiforme aux Républicains espagnols. Ce soutien prit trois formes essentielles : militaire d’abord, avec l’envoi de combattants et de matériel militaire, humanitaire ensuite avec l’accueil d’enfants espagnols ainsi qu’avec l’acheminement de colis de nourriture, de médicaments … politique de la part des partis du Front populaire, de la CGT, des associations progressistes et de leurs journaux.

Dès qu’ils eurent connaissance du coup d’état militaire, des habitants des Pyrénées-Orientales, Espagnols mais aussi Français, franchirent clandestinement la frontière pour aller s’engager, à Barcelone, dans les milices populaires. C’est ainsi qu’un des premiers Français tombés en terre d’Espagne fut Joseph Darné, un Cérétan tué le 1er septembre 1936 à Majorque. A ce propos, nous espérons pouvoir, avec l’appui de la municipalité de Céret, apposer une plaque à sa mémoire. De même, André Tourné qui représentait la Jeunesse Communiste à une rencontre à Madrid, s’engagea pour défendre la ville avant de rejoindre, dès leur création, les Brigades Internationales.

Très vite, tant les libertaires que les communistes impulsèrent le recrutement et l’envoi en Espagne de combattants. C’est ainsi que le Comité d’aide à l’Espagne républicaine, installé dans les locaux de l’ancien hôpital militaire de Perpignan, vit affluer, de tout le Sud, de la France des volontaires pour les Brigades internationales et se chargea de les amener au fort de Figueras, première étape en Espagne avant le camp d’instruction d’Albacete. Une plaque rappelant le passage en ces lieux d’hommes dont beaucoup périrent pour la démocratie et la liberté, sera inaugurée en préambule aux Journées d’Etudes, coorganisées par le Mémorial du camp de Rivesaltes et les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER), les 15 et 16 octobre sur l’action des Brigades internationales en Espagne. Ce sera l’occasion d’inviter, après cette cérémonie, les associations d’Histoire et de Mémoire de Catalogne Nord et Sud, au Centro Espagnol pour un apéritif dinatoire, puis à la Maison de la Catalanité pour un échange d’expériences.

Après l’application de la politique de non-intervention, début 1937, le Comité d’Aide à l’Espagne républicaine devint le Comité de Front Populaire Franco-Espagnol et se spécialisa dans l’envoi de colis de nourriture, de médicaments … en Catalogne. C’est au volant d’un de ses camions, que Julien Panchot, de Canohès, fut arrêté par des soldats italiens et interné au camp de Miranda del Ebro.

Nous venons de publier, avec un appareil critique, le compte-rendu d’activités rédigé par son responsable, Antoine Espigoulet en avril 1939.

Devant le bombardement aérien des villes et les combats dans Tolède et Madrid, le gouvernement espagnol décida d’envoyer les enfants à la campagne dans des colonias infantiles. Mais celles-ci ayant été vite saturées, il dut se résoudre à accepter la proposition d’accueillir dans des familles françaises des enfants espagnols faite par le Comité d’Aide aux Enfants d’Espagne (CAEE) fondé par la CGT et la Ligue des Droits de l’Homme. Ainsi, des centaines d’enfants transitèrent dans les colonies de La Mauresque à Port-Vendres et de La Bernède à Prats-de-Mollo, avant d’être placés dans des familles à travers toute la France par le comité départemental du CAEE basé, à la Bourse du Travail de Perpignan. Il serait bon qu’une plaque dans cet édifice rappelle le travail humanitaire accompli par cet organisme et le Syndicat National des Instituteurs de 1936 à 1940.

Surtout, au cours du premier semestre 2027, nous organiserons une journée d’études pour évoquer les actions menées pour protéger les enfants lors des guerres, et plus particulièrement la guerre d’Espagne, et des grands conflits sociaux de 1936 à nos jours.

III) L’engagement des Espagnols dans la Résistance dans les Pyrénées-Orientales (1940-1944)

L’engagement de l’importante communauté espagnole vivant dans notre département, dans le soutien au combat mené Républicains espagnols contre le franquisme et ses alliés fascistes et nazis, se poursuivit, après la disparition de la République, tant en Espagne qu’en France. Renforcés par l’apport des réfugiés politiques entrés lors de La Retirada, les Espagnols jouèrent un rôle de premier plan tant dans les passages de « colis » (personnes) et de courrier que dans la lutte armée.

Cette page d’Histoire étant le thème du Concours national de la Résistance et de la Déportation pour l’année scolaire 2026-2027, nos associations ont demandé à Georges Sentis, docteur de l’Université de Montpellier, de rédiger un livre sur ce sujet. Ouvrage qui sera envoyé à la rentrée aux CDI des collèges et des lycés et qui sera présenté aux enseignants et au grand public

  • le vendredi 30 octobre à 18 h. au Centro Espagnol,
  • le mercredi 4 novembre à 14h.30 au Centre départemental de Mémoire.