« 46 millions d’euros d’argent public mobilisés », le Parti communiste ouvre le débat autour du Club Med (L’Indép)

Alors que l’ensemble des décideurs locaux se sont positionnés en faveur du projet d’implantation du Club Med au Barcarès, des voix discordantes commencent à se faire entendre dans le département.
Hostile à la mobilisation d’argent public annoncée dans le cadre du programme, le Parti communiste appelle notamment à l’ouverture d’un débat public sur le sujet.

Une amplification de la dynamique touristique et près de 1 000 emplois directs ou indirects annoncés pour un investissement d’au moins 160 millions d’euros… L’ensemble des décideurs locaux semblent enthousiastes quant au projet d’implantation du Club Med au Barcarès. Le 22 juillet dernier, la Région, le Département, la communauté urbaine de Perpignan et la Banque des territoires faisaient partie des signataires du protocole d’intention conclu avec l’entreprise.

Cependant, certaines formations politiques sont plus circonspectes quant à l’arrivée de la multinationale, propriété du conglomérat chinois Fosun. C’est notamment le cas de la fédération départementale du Parti communiste, qui appelle de ses vœux un débat public sur le projet. « Nous ne voyons pas d’inconvénient à ce qu’un grand groupe s’installe chez nous pourvu qu’il respecte les règles concernant la ressource en eau, l’environnement et le Code du travail », souligne le porte-parole de la fédération, Michel Coronas. « Par contre, nous nous interrogeons sur le fait que l’argent public finance plus du quart de l’opération (46 millions d’euros sur 160 à 180 millions), alors que le Club Med est capable de la réaliser avec ses propres moyens. Pour nous, cela illustre la manière dont les financements publics sont captés par le privé. »

Agissons et Oui au pays catalan également critiques

Le millier d’emplois (450 directs et 500 indirects) annoncé ? « 46 000 euros par emploi, c’est quand même cher payé », estime Michel Coronas Le ruissellement économique et touristique envisagé ? « Cet établissement serait un resort. Or, le concept du ressort est de faire en sorte que les gens restent à l’intérieur pour dépenser leur argent », réplique le porte-parole.

Le mouvement citoyen Agissons invite lui aussi à « une autre lecture » du projet. Au-delà de l’argent public mobilisé, le mouvement juge qu’il s’inscrit « dans un modèle (celui du tourisme saisonnier, NDLR) qui depuis plus de quarante ans, n’a jamais permis de réduire durablement un chômage structurellement supérieur à 10 % ».

Le parti Oui au pays catalan considère également que « derrière les effets d’annonce se cache un modèle d’un autre temps ». Selon lui : « Les 450 emplois annoncés ne doivent pas faire illusion. Beaucoup seront saisonniers ou précaires. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 30 juillet 2026)

L’édito du webzine. La santé dans le collimateur des fonds vautours

Les fonds spéculatifs ne connaissent rien à notre système de santé mais suite au déficit d’investissements des pouvoirs publics organisé par la macronie, ils ont flairé le « pognon de dingue » à se faire.

Depuis des décennies les politiques libérales revanchardes ont mis à mal notre système de santé né du Conseil national de la Résistance et mis en œuvre par le communiste Ambroise Croizat. Cette année, on célèbre les 80 ans des la Sécurité sociale, ce système financé par les cotisations sociales et géré par les représentants des travailleurs. Son seul but est de répondre aux besoins de la population, il a été conçu en indépendance totale du capital.

Quatre-vingts ans plus tard, des fonds d’investissement veulent s’accaparer notre système de santé pour faire du profit, dans un contexte de vieillissement de la population. La financiarisation du système de santé pilotée par les appétits voraces des fonds de pensions est soutenue par la macronie. Elle organise sa dérégulation sous la bienveillance de la Commission européenne qui, elle aussi préfère les valeurs libérales à celles de la solidarité et de la puissance publique.

La financiarisation est « un processus par lequel des acteurs privés, non directement professionnels de santé, capables d’investir de façon significative, entrent dans le secteur des soins avec comme finalité première de rémunérer le capital investi », selon la Caisse nationale d’assurance maladie.

Revitaliser la Sécurité sociale

Ces nouveaux acteurs, fonds d’investissement et autres investisseurs privés, fonds de dette, attirés par la rentabilité du secteur, peuvent être conduits à « tirer rapidement et massivement profit de situations de rentes, à arbitrer entre activités au détriment des moins rentables, ou à faire évoluer les conditions d’accès aux soins en fonction de leurs intérêts économiques » selon l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) et l’IGF (Inspection générale des finances).

C’est l’essence même d’un système solidaire, universel, qui est menacé. Tout cela impacte évidemment la qualité et l’accès aux soins assurés par la Sécurité sociale. La CGT tire la sonnette d’alarme : « Nous devons nous battre contre cette marchandisation et retrouver une Sécurité sociale financée par la cotisation sociale, gérée par les représentants travailleurs et qui répondent aux besoins des assurés », indique la centrale syndicale dans un communiqué.

Revitaliser notre système de santé est la seule option pour éviter une bulle spéculative qui mettrait tout par terre est organiserait un retour en arrière d’autant plus insupportable que le vieillissement de la population et les épidémies pouvant découler du dérèglement climatique feront exploser les besoins.

Dominique Gerbault