Enseignement. Absentéisme et mauvais résultats : les propos de la rectrice ne passent pas (L’Indep)

Lors d’une récente visite a Perpignan, la rectrice, Carole Drucker-Godard, avait estimé que l’absentéisme scolaire constituait « une des grandes problématiques » des Pyrénées-Orientales et qu’il expliquait « en grande partie » des résultats « pas très bons ». La fédération syndicale FSU, pointe pour sa part du doigt « l’absence de mixité sociale » dans les établissements scolaires et réclame des moyens pour rétablir légalité des chances.

Les propos de la rectrice de la région académique Occitanie, retranscrits dans L’Indépendant, ont beaucoup fait parler. Ce n’est rien de le dire. Pour mémoire, lors d’une visite à Perpignan, le vendredi 19 septembre 2025, Carole Drucker-Godard avait déclaré au sujet des Pyrénées-Orientales : « On a des priorités comme améliorer les résultats scolaires parce qu’une des grandes problématiques de ce département particulier, c’est l’absentéisme. Et il explique en grande partie les résultats pas très bons, il faut le reconnaître, des élèves dans le département. » Avant d’ajouter que le pays catalan recensait également « une part de non-lecteurs plus importante qu’ailleurs ».

À la suite de ces déclarations, la fédération syndicale FSU, majoritaire dans l’Éducation, s’en est insurgée dans un courrier envoyé au rectorat. La missive en question évoque une « vision caricaturale des Pyrénées-Orientales », par ailleurs « stigmatisante » pour les élèves. Le syndicat embraye en déplorant que la rectrice n’ait pas évoqué « les difficultés sociales et économiques » du territoire « pourtant essentielles », ainsi que « l’absence de mixité sociale » au sein des établissements scolaires.

« Dans ce département parmi les plus pauvres de France, la promesse d’une école républicaine, inclusive et égalitaire, semble de plus en plus lointaine », fustige la FSU, qui préconise un « plan d’urgence », avec notamment des embauches d’enseignants, afin de « garantir l’accès à une éducation de qualité pour toutes et tous ». Car pour l’heure, martèle-t-elle : « Loin d’être un levier d’émancipation sociale, l’école publique y devient le reflet d’un territoire fracturé. »

Pour appuyer son analyse, la FSU, qui dénonce « une école à deux vitesses », rappelle qu’en ce qui concerne les collèges publics, l’indice de position sociale (IPS), proportionnel au niveau de vie moyen des élèves, est de 77,2 à Perpignan et de 94,6 à l’échelle des Pyrénées-Orientales, contre une moyenne académique de 104,2, « ce qui place le département et la ville de Perpignan parmi les territoires les plus défavorisés de France ». Ce à quoi s’ajoute un phénomène marqué de fuite des élèves issus des classes moyennes et aisées vers les établissements privés, qui affichent du coup des IPS bien plus élevés que le public.

« Parfois du simple au double », alerte la FSU. Alors que dans le même temps, il manquerait, selon le syndicat, « 18 postes d’enseignants » dans les collèges publics du département pour atteindre « une dotation équitable » par rapport au reste de l’académie.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 20 octobre 2025)

Gymnascore médiocre dans les P.-O. selon la FSU (L’Indep)

Alors que Sébastien Lecornu a succédé à François Bayrou au poste de Premier ministre, le groupement de syndicats FSU 66 a établi un bilan de la rentrée scolaire et sociale dans les Pyrénées-Orientales, ce mercredi 10 septembre.

Les membres du syndicat FSU 66 ne se font pas « d’illusion » sur le récent changement de Premier ministre. La date du 10 septembre pour effectuer leur conférence de presse n’a d’ailleurs pas été choisie par hasard. Alors que l’opération « bloquons tout » était menée, le FSU annonce que ce n’est qu’une première étape. « Nous avons l’impression d’être spectateur face à cette politique. On la subit notamment dans l’éducation et l’emploi », estime Geraldine Morales, co-secrétaire du groupement.

Des classes à près de 30 enfants à Pia, Pollestres ou Alénya

Côté éducation, les syndicats du premier comme du second degré ne sont pas satisfaits. 10 jours après la rentrée, plus de 400 élèves attendent encore d’être placés en établissements spécialisés, en école maternelle et élémentaire. Dans des communes comme Pia, Pollestres et Alénya, les classes approchent les 30 enfants par classe.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap (ABSH) ne sont quant à eux toujours pas suffisants, selon la FSU.

Un « gymnascore » très médiocre

Les professeurs d’EPS, sont eux aussi mis de côté. Un « gymnascore » a été créé pour évaluer les salles de sport du second degré, de A à E. Résultat : 77 % des établissements sont classés entre C, D et E. « La majorité des aménagements classés E sont situés dans des quartiers déjà dégradés, c’est une double peine pour certains élèves de Perpignan », indique Pierre Leveil, membre du SNEP (syndicat national de l’éducation physique).

Dans l’un des départements les plus précaires de France, ce début de mois de septembre n’est pas encourageant, selon Christelle Lara, déléguée syndicale FSU emploi à France Travail. Avec un taux de chômage toujours élevé à 12 % et la moitié de la population bénéficiant d’aides sociales.

« On pense évidemment qu’une autre politique est possible. Aujourd’hui la fraude fiscale est de 80 millions d’euros et la fraude sociale d’environ 4 millions d’euros dans le département. Il y a donc des choses à faire, mais on ne va pas chercher du bon côté », considère Christelle Lara.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 11 septembre 2025)

« Il manque au moins un poste d’enseignant dans 1 collège sur 2 » (L’Indep)

Le syndicat de professeurs de collège et lycée Snes-FSU estime qu’il est nécessaire en cette rentrée de lancer un plan d’urgence, avec recrutements à la clé, pour redorer le blason de l’école républicaine.

« Tant qu’il n’y aura pas un enseignant devant chaque classe, il sera difficile de parler d’école républicaine: il y a une rupture d’égalité. » Aux yeux du co-secrétaire départemental du Snes-FSU Ignacio Valenzuela, le premier problème en cette rentrée dans les établissements secondaires des Pyrénées-Orientales reste bien le manque de professeurs.

« Il manque au moins un poste d’enseignant dans un collège sur deux », précise l’un des autres responsables départementaux du Snes, Marc Moliner. « Et si on effectue la comparaison avec le reste de l’académie, rien qu’en collège, il nous manque vingt postes de professeurs pour atteindre le taux d’encadrement moyen. »

Le Snes émet également de vives inquiétudes quant au nombre de jeunes sortant de 3e qui n’ont pas encore d’affectation en lycée. Selon le syndicat, ils seraient « autour de 300 ». Sans oublier la centaine d’enfants en situation de handicap sortant du CM2 qui n’auraient pas pu être affectés dans des sections adaptées en 6e, ni les 400 autres qui sont sur les listes d’attente des établissements spécialisés et qui pourraient eux aussi se retrouver scolarisés en milieu ordinaire.

Pour le Snes : « Ces élèves sont victimes de la politique d’austérité. » Audrey Mathias-Joly, la représentante FSU des assistants d’élèves en situation de handicap (ASH), acquiesce. Et renchérit : « Par ailleurs, entre les départs à la retraite et les contrats non renouvelés, on se retrouve sous-dotés en termes d’AESH. Cette année, nous allons devoir accompagner entre 4 et 15 élèves chacune. » Pour remédier à ces diverses problématiques, le Snes préconise un « plan d’urgence ». Avec notamment des embauches de professeurs et d’AESH.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 septembre 2025)

Mouvement du 10 septembre : la CGT appelle à la mobilisation dans les Pyrénées-Orientales (L’Indep)

En soutien au mouvement citoyen annonce pour ce mercredi 10 septembre 2025, l’union départementale de la CGT a décidé d’appeler ses militants à organiser ce jour-là des assemblées générales dans les entreprises et à se rassembler à 11 heures sur la place de la Victoire à Perpignan. Le syndicat Solidaires et la fédération locale du Parti communiste appellent également à se joindre a la contestation, à l’instar de La France insoumise.

« Si on n’appelait pas à la mobilisation le 10 septembre, ça ne serait pas compris. » Pour le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, il sagit d’une évidence: « La colère sur la question du budget est là et la mobilisation du 10 septembre (un mouvement citoyen né sur les réseaux sociaux, NDLR) prend dans les entreprises. On ne pouvait pas faire l’impasse. » Après avoir réuni les syndicats qui la composent ce mardi, l’union départementale de la CGT a donc finalement décidé d’appeler elle aussi à se mobiliser le 10 septembre prochain.

L’organisation a plus précisément demandé à ses militants de tenir ce jour-là des assemblées générales dans toutes les entreprises où elle a déposé des préavis de grève, puis de se rassembler à 11 heures sur la place de la Victoire à Perpignan.

« Mais pour nous, le 10 n’est qu’une étape », précise Julien Berthélémy. « Nous nous mobiliserons aussi le 18, avec une intersyndicale la plus large possible, contre les restrictions budgétaires et pour réclamer des revalorisations salariales, l’abrogation de la réforme des retraites et la fin des aides aux entreprises sans contreparties. »

Une première réunion du collectif « Indignons-nous »

Côté syndical, les enseignants de la FSU-SNUipp et l’union Solidaires prévoient également de se retrouver dans la rue le 10 septembre. « Nous appelons à la mobilisation car Bayrou propose un budget qui demande des efforts toujours aux mêmes, aux classes moyennes, à ceux qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, alors qu’il y a d’autres solutions », résume Christine Mirroir, de Soldaires. À l’inverse, d’autres organisations préfèrent se focaliser sur la préparation du 18. C’est notamment le cas de FO. « Après, chacun est libre de participer au mouvement du 10 septembre à titre de citoyen », précise le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle.

Côté politique, la fédération départementale du Parti communiste a annoncé qu’elle soutiendrait le mouvement à l’instar de La France insoumise. « Nous entendons participer à toutes les initiatives qui vont s’organiser », assure l’un des porte-parole locaux du PC, Michel Coronas.

Pour ce qui est du collectif citoyen Indignons-nous des Pyrénées-Orientales, né d’un groupe de discussion sur une application de messagerie, il a organisé une première assemblée générale qui aurait réuni plusieurs dizaines de personnes à Perpignan fin août. Une nouvelle réunion devrait se dérouler d’ici peu.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2025)

Rentrée scolaire. FSU et SNUipp se rallient aux mobilisations du 10 et 18 septembre (L’Indep)

À l’approche imminente de la nouvelle année scolaire, FSU et SNUipp s’inquiètent d’un climat « tendu » pour cette rentrée et annoncent rejoindre les mobilisations du 10 et 18 septembre.

À l’aube de cette rentrée scolaire 2025-2026, la FSU-SNUipp (Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des Écoles et PEGC) 66 s’est réunie ce vendredi 29 août 2025 dans ses locaux pour pointer du doigt les conditions de cette nouvelle année. Et le sentiment partagé par Audrey Corrège, Frédéric Traby et Jean-François Nogues, co-secrétaires du syndicat n’est autre que de l’« inquiétude ».

Tout d’abord, l’inquiétude face au constat que « plus de 400 élèves sont sur listes d’attente pour intégrer des établissements spécialisés et pourraient donc se retrouver en milieu ordinaire ».

« Nous n’avons pas la même notion de priorité »

Mais aussi celle qui impacte les classes Ulis et le manque de places pour le passage des élèves au collège. A cela, s ajoute la problématique des moyens.

« La ministre annonce vouloir faire du 1er degré une priorité puisqu’ils sont un investissement pour l’avenir mais quand on voit les restrictions avec les coupes budgétaires, nous n’avons pas la même notion de priorité », expose Audrey Corrège.

Avec des classes de 27 élèves en moyenne dans les écoles, la FSU-SNUipp rappelle que dans un contexte de baisse démographique, c’était l’occasion, « même avec un budget constant d’avoir moins d’élèves. Ils ne profitent même pas de ce moment-là. Encore une occasion ratée », poursuivent les co-secrétaires.

15 démissions dans le 1er degré en 2024

Dans le même sac, ils évoquent « une brigade de remplaçants forcés de prendre des postes de titulaires pour combler le manque de moyens », « une revalorisation salariale qui n’a pas abouti », « un métier non attractif pour les jeunes », « les 15 démissions du 1er degré en 2024 dans le département »… Entre autres. Concluant sur des sujets qu’ils ne négligeront pas pour cette année : l’inclusion, la souffrance au travail et le côté déficitaire de titulaire, remplacés par des contractuels.

Des constats qui amènent à une date de mobilisation, celle du 18 septembre à l’initiative de l’intersyndicale pour dénoncer « les choix de budget et l’effort des 44 milliards ». Mais avant ça, le 10 septembre sera aussi un point de ralliement : « On soutient et on appelle à participer aux mobilisations », conclut le syndicat.

Laura Morales (L’Indépendant, le 30 août 2025)