Municipales : le local du parti communiste de Cabestany tagué en pleine campagne (L’Indep)

« Des insultes, des obscénités, puis des croix gommées et maintenant une référence au jeune qui est mort à Lyon. Cela fait trois fois en l’espace de trois semaines que notre local de Cabestany est tagué, dégrade, souillé », résume Michel Coronas, porte-parole du Parti communiste dans les Pyrénées-Orientales. Les militants de la commune, dont la maire sortante Édith Pugnet porte aussi l’étiquette, ont retrouvé ce mercredi matin la façade du bâtiment à nouveau badigeonnée à la peinture noire, mettant en cause LFI dans le décès de Quentin Deranque, ce militant identitaire victime d’un lynchage le 12 février dernier à Lyon.

À chaque nouvelle opération de vandalisme, une plainte a été déposée par le PCF et une enquête de gendarmerie est en cours pour tenter d’identifier le ou les auteurs de « ces actes graves et inadmissibles », dénonce le PCF de Cabestany dans un communiqué. « Les responsables n’ont pas jugé utile de signer et d’assumer leurs actes. Pourtant, le contenu des insultes ne souffre pas d’ambiguïté : elles sont l’œuvre d’individus de la droite extrême qui ne supportent pas une dynamique de campagne électorale sereine, digne et constructive », ajoute-t-il. « De plus, ces actes s’inscrivent dans un contexte national trop souvent marqué par des violences accrues insupportables et dans un climat délétère d’amalgames douteux que tentent d’imposer certains a l’échelle locale, où la violence deviendrait une méthode politique. »

« Des empreintes ont-elles été laissées sur place ? Un élément donnera-t-il un début de piste aux enquêteurs ? S’agit-il de quelqu’un qui veut simplement attirer l’attention ? On attend de voir », ajoute Michel Coronas. « En tout cas, ce n’est pas un fait isolé, on a déjà connu ça lors des Européennes à Estagel et cela ne correspond pas du tout au climat de la campagne des municipales à Cabestany. »

Laure Moysset (L’Indépendant, le 5 mars 2026)

L’édito du webzine. Trump, l’autoritarisme et ses relais en Europe

Donald Trump vient de contourner une décision de la Cour suprême invalidant une partie de ses hausses de taxes douanières en augmentant les droits de douane de 10 % à 15 %. C’est un coup de force, une dérive autoritariste et un mépris pour l’État de droit.

Les associations d’industriels et de commerçants estiment les pertes à 110 milliards d’euros et réclament des compensations. Les ménages populaires subissent une hausse des prix à la consommation, tandis que la baisse d’impôts promise n’a profité qu’aux plus riches.

En accusant la Chine d’influencer la Cour suprême, Trump se vautre dans l’absurdité puisque la majorité des juges sont conservateurs donc proches de son camp. L’objectif est simple : il veut détourner l’attention en désignant un ennemi extérieur.

Trump mise sur la puissance économique des États-Unis pour imposer ses diktats aux « partenaires » et maintenir l’hégémonie américaine. Cela génère une incertitude mondiale, fragilisant les équilibres géopolitiques et économiques. Cette stratégie promeut des modèles autoritaires et libertariens.

En France aussi

L’ambassadeur américain, en France Charles Kushner, a violé les usages diplomatiques en commentant publiquement la mort du néofasciste Quentin Deranque à Lyon, accusant la gauche de menacer la sécurité publique. Il a été jusqu’à ignorer une convocation du Quai d’Orsay, affichant un mépris pour les autorités françaises.

Ni la droite (LR) ni l’extrême droite (RN) n’ont réagi à cette ingérence. Certains, comme Laurent Wauquiez (LR), ont instrumentalisé la mort de Deranque en affichant son portrait sur l’hôtel de région, tandis que d’autres reprennent des slogans pétainistes (« Travail, Famille, Patrie »).

Ces actes révèlent une normalisation des références d’extrême droite et une tentative de rapprochement électoral avec le RN.

Il s’agit d’une danse macabre autour du drame de Lyon, où la mort d’un jeune néofasciste est récupérée politiquement pour servir des intérêts partisans. Cette instrumentalisation marque un tournant : la droite et l’extrême droite s’alignent sur des rhétoriques autoritaires et antidémocratiques, tandis que les garde-fous républicains s’affaiblissent.

On assiste à une convergence dangereuse entre le trumpisme, l’autoritarisme et les forces politiques européennes qui, par leur silence ou leur complicité, sapent les fondements démocratiques. La mort de Quentin Deranque devient le prétexte d’une offensive idéologique, où la droite et l’extrême droite réhabilitent des références fascistes et normalisent l’ingérence étrangère.

Dominique Gerbault

L’édito du TC par Jacques Pumaréda. Ecouter Noé

On sait que Noé déploya des efforts considérables pour convaincre ses congénères incrédules de l’imminence du déluge. Chaque jour le patriarche s’appliqua à « ouvrir les yeux des aveugles et crier dans les oreilles des sourds ». Après il fut trop tard.

Depuis des décennies des voix s’élèvent en France et dans le monde entier pour prévenir de l’imminence de la vague d’extrême-droite tant aux USA, qu’en Europe ou même en France. Les contextes socio-économiques induisent de la part du Capital des orientations dangereuses pour les valeurs humanistes et d’émancipation humaine.

La mort de Quentin, un étudiant de 23 ans passé à tabac à Lyon, est inexcusable. L’indispensable combat contre les idées de haine propagées par les forces fascistes n’autorise en rien la mise à mort d’un jeune homme. L’affrontement politique avec l’extrême droite implique une rupture sans ambiguïté avec sa rhétorique de guerre civile, sa logique d’escalade, ses penchants virilistes, ses méthodes criminelles. La mort de Quentin donne lieu, sans surprise, à une cynique exploitation politique. De Marine Le Pen à Gérald Darmanin, on instruit déjà le procès de « l’ultra-gauche assassine ».

Leur but : parachever la banalisation de l’extrême droite en désignant à la vindicte toutes celles, tous ceux qui lui résistent. Seul un mouvement ample, populaire, organisé peut aujourd’hui faire refluer les courants identitaires, ultra-nationalistes et xénophobes prêts à mettre le feu au pays pour s’emparer du pouvoir.

Les élections municipales sont l’occasion de contrer démocratiquement la poussée du RN et dans ce département, il y a de quoi faire. Il est à regretter qu’à Perpignan certaines forces de gauche ne mesurent pas « l’imminence du déluge ». Les stratégies nationales ont pris le dessus sur les constructions locales de rassemblement. C’est une faute lourde de conséquences pour les habitants de Perpignan. La délégation de pouvoir à des instances parisiennes est suicidaire, c’est en bas que se construisent les rassemblements progressistes. Les élections municipales sont un cadre adéquat pour une démocratie vivante qui tient sur des valeurs et des convictions humanistes pour rassembler avec tout le monde, se battre pour le logement social, la santé et la citoyenneté, autant de formes de résistance à la folie pré-fasciste ambiante.

Menaces néonazies contre le PCF. Le PCF saisit la Procureure de la République de Paris

Suite à l’enquête publiée par StreetPress, le Parti communiste français a décidé de saisir la Procureure de la République de Paris, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale.

Des contenus diffusés sur les réseaux sociaux par un militant d’extrême droite, engagé dans des opérations armées en Ukraine, mettent en scène un entraînement au tir sur des cibles faisant explicitement référence à des forces politiques, dont le PCF, le Nouveau Front populaire et La France insoumise.

Au-delà de ces images, c’est une réalité inquiétante qui se dessine : la structuration d’unités de combattants français revendiquant leur proximité idéologique avec le nazisme et le fascisme, constituant une menace sérieuse pour la sécurité de notre pays.

Nous alertons aussi sur le danger que représentent ces groupes pour l’ensemble des militantes et militants, responsables syndicaux, associatifs et élus de la République, déjà visés par des menaces et violences.

👉 La République ne peut pas rester passive.
La démocratie doit être protégée. La justice doit agir.

Cabestany. La déchirure du RN, une aubaine pour la maire sortante ? (L’Indep)

Édith Pugnet, maire communiste de Cabestany, assiste aux querelles du Rassemblement national sur sa commune pour le scrutin du 15 et 22 mars 2026. Après avoir retire son investiture à Jean-Pierre Brazès, le parti de Louis Aliot l’a finalement donné à Olivier Mas. Deux listes, revendiquées a l’extrême droite de l’échiquier politique devraient donc se présenter aux municipales. Une dispersion des voix qui pourrait être de bon augure pour la maire sortante.

Elle regarde ses opposants se déchirer, de loin, tout en tentant d’afficher la plus grande « sérénité » possible. Édith Pugnet, la maire sortante de Cabestany, assiste sur sa commune à la polémique qui est née à l’opposé de son bord politique, l’extrême droite.

Pour le contexte: Jean-Pierre Brazès s’est vu retirer son investiture par le Rassemblement national le 10 janvier. Raisons principales invoquées par le parti de Louis Aliot : la présence d’élus Reconquête sur la liste, mais aussi de l’ex-compagne d’Yvan Benedetti, militant de l’ultra-droite déjà exclu du Front national en 2012. Le RN a finalement envoyé dans la course aux municipales Olivier Mas, administrateur du théâtre de l’Archipel. Cet ancien colistier de Jean-Pierre Brazès a moins d’un mois pour constituer une liste de 33 noms + 2. Quant à Jean-Pierre Brazès, il a assuré maintenir sa candidature.

« À Cabestany, il n’est un secret pour personne que l’ex compagne d’Yvan Benedetti réside sur la commune, ni qu’elle est présente sur la liste de Jean-Pierre Brazès depuis un moment », assure Édith Pugnet. « De la même manière, quand on vit à Cabestany, on peut apercevoir Yvan Benedetti quelque fois dans la commune. J’avoue avoir du mal à comprendre la polémique soudaine née au RN sur ce sujet. Car rien de tout cela n’était un secret. Quant aux candidats Reconquête présents sur cette liste, ils étaient aux côtés de Louis Aliot lors de l’inauguration de la permanence de Jean-Pierre Brazès… ».

Si les deux candidats arrivent à monter leur liste, cette dispersion des voix à l’extrême droite pourrait être une aubaine pour la maire sortante. Car, même si son opposant Éric Poupet est aussi engagé dans le scrutin à Cabestany, le RN semble bien être le principal concurrent de l’élue communiste. « Je reste prudente car on n’est jamais à l’abri qu’ils (Jean-Pierre Brazès et Olivier Mas, NDLR) se remettent ensemble », commente-t-elle. « Mais je suis sereine et confiante. En revanche, je suis très en colère pour tous les habitants de Cabestany. Ils méritent mieux que cette guéguerre fratricide. Pour monter une liste, il faut s’y prendre à l’avance, se connaître et proposer un vrai programme ».

La maire sortante argumente en annonçant repartir, elle, avec la moitié de son équipe.
Des colistiers aux profils assurés pluriels car sur les 33 noms + 2 qui l’accompagnent, « 19 sont encartés dans aucun parti. Mais ils sont des membres actifs de Cabestany, que ce soit dans des associations culturelles et sportives ou dans les quartiers ».

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

L’ édito du webzine. Souveraineté populaire : l’imposture de Marine Le Pen

Pour sa défense devant la justice, Marine Le Pen en appelle à la souveraineté populaire, cette posture fait courir un grave danger pour notre démocratie.

Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national, a été condamnée le 31 mars 2025 à 4 ans de prison (dont 2 ferme), 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Le préjudice est estimé à 4,1 millions d’euros.

Pour échapper à sa condamnation, la cheffe du RN oppose la justice à la « souveraineté populaire », accusant les magistrats de priver le peuple de son choix politique. Cette rhétorique, reprise par d’autres figures comme Nicolas Sarkozy ou Jean-Luc Mélenchon, vise à délégitimer la justice en la présentant comme un obstacle à la volonté du peuple.

Un danger pour la démocratie

La Constitution française consacre la séparation des pouvoirs et affirme que la justice est rendue au nom du peuple. Les juges ne sont pas des ennemis de la démocratie, mais des garants de l’État de droit. En remettant en cause l’indépendance de la justice, Marine Le Pen dénature la notion de souveraineté populaire. Sans justice indépendante, celle-ci devient un outil de domination, non d’émancipation. Cette posture, partagée par une partie de la droite et de l’extrême droite, sape les fondements de la démocratie et prépare le terrain pour des régimes autoritaires, où la loi du plus fort remplacerait l’égalité devant la loi.

Cette rhétorique, inspirée de figures comme Donald Trump, vise à affaiblir l’État de droit et à soumettre le peuple à une caste privilégiée. Elle menace les droits sociaux et politiques, réduisant les citoyens à des producteurs-consommateurs dociles.

Opposer justice et souveraineté populaire, c’est démonter les garde-fous démocratiques pour instaurer un pouvoir arbitraire, sous couvert de défendre le peuple.

Dominique Gerbault