Signez l’Appel pour la paix à Cuba et dans les Caraïbes, contre le blocus et pour le respect du droit international

La situation à Cuba est alarmante, malgré la résilience remarquable du peuple cubain.
À l’initiative du Mouvement de la Paix, plus de 200 citoyennes et citoyens, rassemblés dans une grande diversité d’engagements et de sensibilités, vous appellent à soutenir cet appel.

Parlementaires (députées, députés, sénatrices et sénateurs), membres du Parlement européen, maires, élues et élus locaux, responsables et militantes ou militants associatifs, syndicalistes, responsables politiques, personnalités culturelles, artistes, universitaires, chercheuses et chercheurs : toutes et tous sont unis par une même exigence.

Cette exigence est simple et essentielle : la paix dans les Caraïbes, la levée du blocus contre Cuba par les États-Unis, et le respect du droit international.

Le Mouvement de la Paix – Paris le 1er juillet 2026

Le texte de l’appel

Nous, soussignés, exprimons notre grave préoccupation face à l’intensification des menaces du gouvernement des États-Unis contre Cuba, laissant entendre que l’île pourrait être la prochaine cible d’une agression militaire. Une telle situation fait peser de graves risques sur la paix à Cuba et dans la région.

Sous le prétexte que Cuba représenterait une « menace extraordinaire » pour sa sécurité nationale, le gouvernement des États-Unis a par ailleurs renforcé le blocus économique, commercial et financier à des niveaux sans précédent. Cette politique se traduit notamment par l’imposition d’un blocus pétrolier et par le durcissement des mesures extraterritoriales visant à empêcher toute possibilité de commerce ou même de réception d’aide, en particulier à travers les décrets exécutifs du 29 janvier et du 1er mai 2026.

Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes : Cuba, petit pays de 9 millions d’habitants, ne constitue aucune menace pour la plus grande puissance économique et militaire du monde. Il n’existe donc aucune justification à une telle punition collective imposée au peuple cubain, qui subit chaque jour une détérioration marquée de ses conditions de vie.

Au-delà des sensibilités politiques de chacun, il s’agit aujourd’hui de défendre les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies ainsi que du droit international et humanitaire : le respect de la souveraineté nationale des États, la résolution pacifique et politique des différends, le refus du recours ou de la menace du recours à la force dans les relations internationales, l’interdiction de la coercition collective, la prise en compte des conséquences humanitaires des mesures coercitives et la liberté des échanges commerciaux.

Cette escalade agressive touche non seulement Cuba, mais aussi l’ensemble des peuples des Caraïbes et de l’Amérique latine, qui ont le droit de vivre en paix, de coopérer librement et de construire leur avenir dans le respect mutuel et la solidarité, à travers le développement d’une culture de paix telle que définie par l’ONU et l’UNESCO.

Les acteurs gouvernementaux, institutionnels et de la société civile, aux niveaux européen et international, doivent agir, faire entendre leurs voix et appeler à :

  • La fin du blocus économique, commercial et financier contre Cuba
  • L’arrêt des menaces d’intervention militaire des États-Unis contre Cuba
  • Le respect de la souveraineté de Cuba et de tous les États des Caraïbes
  • Le respect du droit international et de la Charte des Nations unies.

—> Signez et faites l’appel en ligne

Premiers signataires (classement alphabétique par nom) :
Guy Abgrall, Comédien, Théâtre Réseau Art for Peace
Nadège Abomangoli, Députée, vice-présidente de l´Assemblée nationale
Michel Adam, Sociologue, Réseau Convivialiste
Niels Anderson, Éditeur et auteur anticolonialiste
Jean-Noël Aqua, Conseiller de Paris
Rodrigo Arenas, Député à l’Assemblée nationale
Kali Argyriadis, Anthropologue, Chargé de recherche hors classe, Institut de recherche pour le développement
Ricardo Arias, Agence de presse internationale Pressenza
Alain Aurégan, Artiste plasticien, Réseau art for Peace
Gwenaëlle Austin, Conseillère de Paris
Sergio Avalos, Union pour la Reconstruction Communiste
Jérémy Bacchi, Sénateur
Bertrand Badie, Professeur émérite des universités à Sciences Po Paris.
Charlotte Balavoine, Coordinatrice de la campagne de solidarité avec Cuba PCF
Jacques Baudrier, Adjoint au maire de Paris
Jean-Pierre Bel, Ancien président du Sénat
Pierre Bell-Lloch, Maire de Vitry-sur-Seine
Linda Benadjaoud, Projet “Jeunes, citoyens et solidaires” du Mouvement de la paix.
Édouard Bénard, Député à l’Assemblée nationale
Augustin Berque, Géographe et orientaliste
Sophie Binet, Secrétaire générale de la Confédération Générale du Travail (CGT)
Geoffrey Bodenhausen, Professeur émérite, École Normale Supérieure
François Bonnarel, Informaticien de l’astronomie, ingénieur de recherche CNRS
Bastien Bonnargent, Secrétaire général du Mouvement de Jeunes Communistes de France (MJCF)
Pascal Bonneau, Co-secrétaire national du Mouvement de la Paix
Saïd Bouamama, Sociologue
Charly Bouhana, Président de l’association Cuba Sí France
Vincent Boulet, Responsable du secteur international du PCF
Myriam Bouregba, Militante pour l’interculturalité
Catherine Bourgine, Conseillère municipale de Bouër (Sarthe)
Soumya Bourouaha, Députée à l’Assemblée nationale
Ian Brossat, Sénateur
Julien Brugerolles, Député à l’Assemblée nationale
Pierre-Yves Cadalen, Député à l’Assemblée nationale
Alain Caillé, Sociologue, professeur d’université, directeur de la revue du MAUSS
Hernando Calvo Ospina, Journaliste et écrivain
Marie Carlens, Assemblée des Citoyens du Monde
Jacques Casamarta, Animateur du mouvement Per a pace-Pour la paix (Corse)
Jean-Victor Castor, Député, président du groupe d’Amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale
Berenger Cernon, Député à l’Assemblée nationale
Leila Chaibi, Députée au Parlement européen
André Chassaigne, Membre honoraire du Parlement
Christian Chasseau, Secrétaire national du Mouvement National de Lutte pour l’Environnement
Bruno Chaudret, Directeur de recherche émérite CNRS
Sofia Cherigui, Conseillère municipale au Havre
Caroline Chevé, Secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU)
Sophia Chikirou, Députée à l’Assemblée nationale
Yves Chilliard, Militant, Association France Palestine Solidarité (AFPS 63)
Daniel Claeysen, Membre du Conseil national du Mouvement de la Paix
Denis Clerc, Créateur de la revue Alternatives Économiques
Fabien Cohen, Secrétaire général de France Amérique Latine (FAL)
Fabrice Coudour, Secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT)
Daniel Cueff, Vice-président du Conseil régional de Bretagne (Bretagne Écologie)
Fatima Cuny, Co-responsable de la commission Paix et Désarmement Europe Écologie Les Verts
Sébastien Dandurand, Secrétaire général de l’UD CGT Val-de-Marne
Vincent De Gaulejac, Professeur émérite de sociologie, Réseau Convivialiste
Michelle Decaster, Présidente de l’Association française de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA)
Jean-Claude Devèze, Membre du Pacte Civique, de Démocratie & Spiritualité, de l’Internationale convivialiste et de l’Archipel des confluences
Haydeline Díaz, Coordinadora de Cubanos Residentes en Francia, lauréate de la Médaille du Sénat français
Rémi Didier, Président de l’association La Havane-Le Havre (LH2)
Paule Djiane-Lecaille, Union pour la Reconstruction Communiste
Jean-Pierre Djukic, Directeur de recherche CNRS, président de l´Association pour la Coopération Académique France-Cuba
François Doliguez, Chargé de programme à l’Institut de Recherche et d’Application des Méthodes de Développement
Janine Doussot, Conseil national du Mouvement de la Paix, co-présidente du comité de Paix de Montmélian (Savoie)
Sylvie Dreyfus-Alphandery, Co-présidente de l’association Les Cahiers pour Décider et Agir
Dea Drndarska, Co-secrétaire nationale du Mouvement de la Paix
Peio Dufau, Député à l´Assemblée nationale
Shura Dumanic, Autrice, éditrice, militante féministe et pacifiste
Jean-Marc Dunet, Agence de presse internationale Pressenza
Daniel Durand, Chercheur en relations internationales, ancien secrétaire national du Mouvement de la Paix
Daniel Durand, Solidarité Mondiale contre la Faim et Association pour la Promotion de la Solidarité (ASPROS)
Paul Estrade, Professeur émérite Université Paris 8, fondateur et ancien président de France-Cuba
André Fadda, Responsable pour les relations avec l’Amérique Latine, Union pour la Reconstruction Communiste
Olivier Favereau, Professeur émérite de Sciences Économiques, Université Paris-Nanterre
Anne Feray, Co-présidente du Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples
Anne-Marie Fixot, Professeure émérite, Université de Caen
Pierre Flament, Membre de l’Action Catholique Ouvrière (ACO)
Vincent Flament, Secrétaire national à l’International du PRCF
Fabrice Flipo, Philosophe, professeur à l’Institut Mines-Télécom, spécialiste de l’écologie politique
Emma Fourreau, Députée au Parlement européen
Marc Garcet, Congrès des Peuples et Institut des Études Mondialistes
Gérard Garnier, Prêtre catholique à Rennes
Fabien Gay, Directeur du journal L’Humanité et Sénateur
Robert Gelli, Magistrat, ancien procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, ancien directeur des services judiciaires de la principauté de Monaco
Joseph Gerson, Responsable de Campaign for Peace, Disarmament, and Common Security (CPDCS)
Jacques T. Godbout, Sociologue, professeur émérite à l’Institut National de Recherche Scientifique du Québec, membre du conseil de direction de la Revue du MAUSS
Roland Gori, Psychanalyste et universitaire
Jean-Michel Grammond, Président de l’association Montpellier Cuba Solidarité
Alex Granville, Parti Communiste martiniquais pour l’Indépendance et le Socialisme
Michelle Gréaume, Sénatrice
Claudine Gueguen, Mouvement Espérantiste
Denis Guenneau, Animateur de l’Archipel de l’Écologie et des Solidarités
Gérard Halie, Bureau national du Mouvement de la Paix
Khaled Hamida, Médecin radiologue
Jane Havard, Médecin, Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire
Dick Howard, Sociologue et journaliste, professeur émérite à la Stony Brook University de New York, membre de la rédaction de la revue Esprit
Pol Huellou, Artiste musicien, Réseau Art for Peace
Marc Humbert, Professeur émérite en économie, Université de Rennes 1, président de l’Association des Convivialistes
Ahmet İnsel, Économiste, ancien enseignant à l´université Paris 1
Emeline K/Bidi, Députée à l’Assemblée nationale
Marietta Karamanli, Députée à l’Assemblée nationale
Fadi Kassem, Secrétaire général du Pôle de Renaissance Communiste en France
Habib Kazdaghli, Universitaire et historien
Stéphanie Kerbarh, Ancienne députée, secrétaire du Cercle Severiano de Heredia
Lorena Klein, Chimiste, Ingénieur de Recherche CNRS
Karina Knight Spencer, Stop Fuelling War (Cessez d’alimenter la guerre)
Gerard Lahellec, Sénateur
Didier Lalande, Président de l’association Cuba Linda
Nadine Lalande, Association Cuba Linda
François-Michel Lambert, Ancien député, président du Cercle Severiano de Heredia
Salim Lamrani, Maître de conférences en civilisation hispano-américaine, Université de La Réunion
Gilda Landini-Guibert, Co-présidente du PRCF
Arnaud Le Gall, Député à l´Assemblée nationale
Gilliane Le Gallic, Journaliste/réalisatrice, présidente d’Alofa Tuvalu, Réseau Action Climat
Patrick Le Hyaric député européen de 2009 à 2019
Renéé Le Mignot, Présidente honoraire du Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples
Olivier le Roy, président de l´association Résistance et Solidarité
Fabrice Leclerc, Président de l’association France Cuba
Michèle Leclerc-Olive, Chargée de recherche honoraire CNRS en Sociologie
Jacques Lecomte, Président d’honneur de l’Association Française de Psychologie Positive, universitaire en Sciences de l’Éducation
Jean-Paul Lecoq, Député à l’Assemblée nationale, secrétaire de la commission des Affaires étrangères
Murielle Lepvraud, Députée à l’Assemblée nationale
Jean-Bernard Leullier, Retraité ERDF
Max Louis-Thérèse, Président de l’association d’Amitié Martinique-Cuba
Denis Louviot, Animateur de l’Archipel de l’Écologie et des Solidarités
Hélène Luc, Ancienne sénatrice
Frédéric Maillot, Député à l’Assemblée nationale
Gilles Maréchal, Directeur d’Agridemain
Marianne Margaté, Sénatrice
Véronique Martin, Syndicaliste, membre du bureau de l´UCR CGT
Anakaterina Martínez, Coordinadora de Cubanos Residentes en Francia, lauréate de la Médaille du Sénat français
Gustave Massiah, Économiste, co-créateur du Centre de Recherche et d’Information pour le Développement, vice-président d’ATTAC France, membre du Conseil international du Forum social mondial
David Mauret Muguercia, Président de l’association France Amérique Latine Solidarité (FALS)
Carmen Mayans, productrice et promotrice artistique et culturelle, lauréate de la Médaille du Sénat français
Smina Mebtouche, Secrétaire Générale du Syndicat CGT FTDNEEA
Jean-Luc Mélenchon, dirigeant de La France Insoumise
Akli Mellouli, Sénateur
Marie Mesmeur, Députée à l’Assemblée nationale
Odile Meynadier, militante associative et culturelle-musiques du monde (34)
Loïc Michel, Militant syndical agricole Pacé35
François Michiels, Allié aux objecteurs de conscience
Paul Molac, Député à l’Assemblée nationale
Camille Mongin, Secrétaire nationale de l’Union des Étudiants Communistes (UEC)
Pierre-Olivier Monteil, Docteur en philosophie, chercheur associé au Fonds Ricoeur
Babette Montier, Responsable des relations internationales MJCF
Luigi Mosca, Docteur en physique des particules, comité d’Orsay du Mouvement de la Paix, militant pour l’abolition des armes nucléaires
Marcellin Nadeau, Député à l’Assemblée nationale
Nathalie Nail, Députée suppléante, Conseillère Municipale au Havre
Roland Nivet, Co-Secrétaire national et porte-parole national du Mouvement de la Paix, membre à titre consultatif de la commission ECOSOC des Nations Unies
Julien Nombo-Poaty, Coordinateur national de Pionniers de France
Katia Odartchenko, Artiste plasticienne
Bruno Odent, Journaliste au journal L’Humanité
Younous Omarjee, Vice-président du Parlement européen
Juste Ouamba, Président d’OZANO Clubs des Amis de Cuba
Nathalie Oziol, Députée à l’Assemblée nationale
Denis Öztorun, maire de Bonneuil-sur-Marne, Vice-président de Grand Paris Sud Est Avenir, Vice-président de l’Association des Maires de France
Christine Pagnoulle, Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne Liège, Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes
Laure Pascarel, Directrice des Éditions UTOPIA
Manuel Pascual, Président de l’association Cuba Coopération France
Martial Passi, Secrétariat national du Mouvement de la Paix
Gérard Perreau-Bezouille, Administrateur et ancien président de la Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO)
Bernard Perret, Ingénieur, socio-économiste, membre du comité de rédaction de la revue Esprit
Jacques Perrin, Économiste, directeur de recherche honoraire au CNRS, Mouvement Convivialiste
Yves Perrin-Toinin, Vice-président de AMFPN-France, Membre de IPPNW, organisation Prix Nobel de la Paix 1985
Pascal Petit, Économiste, Directeur de recherche émérite au CNRS
Stéphane Peu, Député, président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée nationale
Roland Pfefferkorn, Professeur émérite de sociologie, Université de Strasbourg
Dorothée Piermont, Ancienne députée au Parlement européen
Philippe Pierre-Charles, Porte-parole du Collectif d’organisations Lyannaj pour Cuba de Martinique
Christian Pierrel, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF)
Marie-Pierre Pineau, Association Cuba Linda
Laeticia Planche, Co-secrétaire nationale du Mouvement de la Paix
Martine Plisson, Formatrice à l’Association UNIPAZ France
Raphael Porteilla, Professeur de sciences politiques, Université de Bourgogne
Reina Portuondo, musicienne, Coordinadora de Cubanos Residentes en Francia, lauréate de la Médaille du Sénat français
Raphaëlle Primet, Co-présidente du groupe Communiste du Conseil de Paris
Roxane Prudhomme, Secrétaire générale de l’Association France Cuba
Jean-Pierre Renaudat, Membre du secrétariat l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC)
Rahim Rezigat, Association de Promotion des cultures et du Voyage
Davy Rimane, Député à l’Assemblée nationale
Fabien Roussel, Secrétaire national du Parti Communiste Français
David Rousselle, Secrétaire général du Syndicat des imprimeries de presse et de communication (SIPC-CGT)
Alain Rouy, Co-président d’Enseignants pour la Paix et vice-président de l’International Peace Bureau
Richard Sadok, Président de l’association Un Jour La Paix
Nathalie Sage Pranchère, Chargée de recherche CNRS
Nicolas Sansu, Député à l’Assemblée nationale
François Sauterey, Co-président du MRAP
Anthony Smith, Député au Parlement européen
Robert Spizzichino, Urbaniste
Patrick Staat, Secrétaire général de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC)
Annick Suzor-Weiner, Professeure d’université émérite, Pugwash France (Pugwash ONG, Prix Nobel de la Paix 1995)
Aurélien Taché, Député à l’Assemblée nationale
Charling Tao, Directrice de recherches émérite au CPPM/IN2P3/CNRS
Nathalie Tehio, Présidente de la Ligue des droits de l’Homme
Benoît Teste, Représentant de la FSU à la Fédération européenne des services publics (EPSU)
Jean Thanassekos, Sociologue politique
Bruno Théret, Directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur associé à l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales IRISSO (Paris-Dauphine)
Reine Thore, Présidente du comité de Saint-Malo du Mouvement de la Paix
Michel Thouzeau, Enseignants pour la paix et co-animateur du Collectif national des marches pour la paix
Adrien Tiberi, Secrétaire fédéral du Parti Communiste Français, Paris
Emmanuel Tjibaou, Député à l’Assemblée nationale
Olivier Turquet, Agence de presse internationale Pressenza
Henri Vacher, Président du Centre d’Analyse des Mouvements Populaires
Frédéric Vandenberghe, Professeur de Sociologie, Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ)
Frédéric Vanpoulle, Artisan de Paix et d’écologie
Marie-Claude Varaillas, Sénatrice
Antoine Vigot, Secteur international de la FSU
Jean-Louis Virat, Grands Parents pour le Climat
Stéphane Viry, Député à l’Assemblée nationale
Roger Winterhalter, Maison de la Citoyenneté Mondiale (Mulhouse)
Francis Wurtz, Député honoraire du Parlement européen, ancien président du groupe GUE/NGL au Parlement européen
Fatima Zedira, Ingénieure agronome, féministe et pacifiste, militante associative pour les droits des personnes migrantes et/ou réfugiées
Dr. Zoé, Médecin, présidente de La Brèche

Adel Bakawan. « C’est la capitulation de Donald Trump » (La Maseillaise)

La signature officielle du protocole d’accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis pour mettre fin à la guerre doit se tenir, dans la journée, dans un hôtel de luxe en Suisse. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a fait savoir qu’il ne viendrait pas. La venue du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et du vice-président américain JD Vance avaient été annoncées en début de semaine, mais aucune information n’a filtré depuis. Le président américain tente, lui, de défendre ce texte face au scepticisme dans son pays. Faut-il s’attendre à un nouveau revirement ?
Franco-irakien, Adel Bakawan est chercheur associé au Programme Turquie/Moyen-Orient de l’Ifri et directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (Eismena).

La Marseillaise : Quels sont les points à retenir dans cet accord ?

Adel Bakawan : Tous les éléments qui sont considérés comme urgents et importants. L’urgence, c’est le détroit d’Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les sanctions primaires et secondaires sur la République islamique d’Iran et, bien évidemment, la guerre qui doit s’arrêter immédiatement, pas seulement entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi sur tous les fronts, notamment au Liban. Les points importants sont ceux qui concernent l’avenir du programme atomique iranien et des 440 kilos d’uranium enrichi. Des points sur lesquels nous n’avons aucune précision, aucun détail et dont les négociations sont reportées dans 60 jours. Cette période est prolongeable de manière illimitée. Ça pourrait donc aller jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump et il pourrait laisser ce dossier, après son départ, à celui ou celle qui arrive après lui.

La Marseillaise : Sur ces seuls éléments, peut-on dire que l’Iran est vainqueur ?

Adel Bakawan : Le 6 mars 2026, Donald Trump dit la chose suivante : « Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran autre qu’une capitulation sans conditions ! » Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on a comme accord ? Est-ce que Donald Trump a récupéré le programme atomique iranien ? La réponse est non. Est-ce que les Iraniens lui ont livré les 440 kg d’uranium enrichi ? Non. Les Iraniens ont-ils fourni leur programme balistique à l’administration américaine ? Non. Est-ce qu’ils ont coupé leurs liens, soutiens financier et militaire aux proxys qui sèment la terreur au Moyen-Orient : le Hezbollah, les houthis, les milices irakiennes, le Hamas, le Jihad islamique etc. ? Non, ce n’est absolument pas abordé. En revanche, est-ce que les Iraniens ont obtenu la levée du blocus américain sur le détroit d’Ormuz ? Oui, bien sûr, immédiatement. Autrement dit, les Américains ont donné l’occasion aux gardiens de la Révolution islamique de récupérer, sans péage, sans frais de service, juste par la vente du pétrole et des produits pétrochimiques 100 milliards de dollars par an. Est-ce que les Iraniens vont avoir accès à la totalité de leurs avoirs gelés ? La réponse est oui. Verront-ils la suppression de toutes les sanctions non seulement américaines mais aussi des Nations unies ? Oui. C’est la capitulation de Donald Trump. Et oui, clairement, les Iraniens ont gagné.

La Marseillaise : De qui proviendront ces 300 milliards de dollars du plan visant à reconstruire le pays ?

Adel Bakawan : Les États-Unis disent que ça ne proviendra pas d’argent public mais privé. Au moins 100 milliards de dollars devraient provenir d’entreprises américaines, européennes et golfiennes qui seront sollicitées. On mettra des centaines de milliards de dollars à la disposition des gardiens de la Révolution, une organisation qu’on a considérée comme terroriste il y a quelques mois.

La Marseillaise : Comment expliquer que tous les États du G7 aient salué ce texte ?

Adel Bakawan : Tous les pays du G7 saluent cet accord parce que tout le monde souhaite la fin de cette guerre. Ce ne sont pas eux qui perdent contre l’Iran. Au contraire, ils ne sont absolument pas mécontents de cet accord, de cette capitulation de Donald Trump. Il a maltraité la totalité des chefs d’État du G7, des pays européens et arabes, puis désormais, le Premier ministre israélien. Tous les médias au monde vont monter en puissance pour aborder la capitulation de Donald Trump. Avec cet accord, on enterre ce Donald Trump historique qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. C’est la fin, plus personne n’a peur de lui. Tout le monde a compris que c’était un homme avec une grande gueule qui a la main qui tremble. Les États du Moyen-Orient qui avaient acheté avec des milliards de dollars le parapluie sécuritaire américain se voient dans l’obligation à la fois de négocier individuellement avec les Iraniens parce que Téhéran a parfaitement réussi à fracturer les pays du Golfe, et à chercher d’autres alternatives.

La Marseillaise : En janvier, Trump avait appelé les Iraniens à poursuivre leur mobilisation. Puis, le peuple a subi les bombardements israélo-américains et le régime s’est renforcé. C’est le grand perdant ?

Adel Bakawan : Avant la guerre, il y avait une marge de manœuvre pour manifester. Il y avait à la fois les ayatollahs qui modéraient l’action des Pasdaran et des modérés étaient arrivés au pouvoir comme le président Massoud Pezechkian. Désormais, les gardiens de la Révolution pensent que grâce à eux l’Iran a gagné la guerre et donc doivent avoir le dernier mot sur tout. Le régime s’est militarisé et va probablement se brutaliser davantage. La première victime sera le peuple iranien et tous les autres peuples de la région, les Arabes, les Israéliens, les Kurdes, les Turcs, qu’on a jetés dans les bras des gardiens de la Révolution.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 19 juin 2026)

L’édito du webzine. Aides à la résistance cubaine

Donald Trump n’en finit pas de s’ériger en maitre du monde, il s’en prend à tout ceux qui ne partage pas ses idées rétrogrades.

Donald Trump accuse Cuba et l’ex-président Raúl Castro de « complot en vue d’assassiner des Américains », des allégations perçues comme déconnectées de la réalité, mais destinées à séduire l’électorat américain avant les élections de mi-mandat. Ces menaces visent également à détourner l’attention de son enlisement dans la guerre contre l’Iran, un conflit motivé par les immenses ressources énergétiques de ce pays. Cela masque aussi ses échecs diplomatiques, comme la tentative avortée de contrôle du Groenland ou son recul face à la Chine.

Avec la hausse des prix de l’essence et du crédit, une majorité d’Américains, souvent endettés, subissent une pression économique croissante, ce qui pousse Trump à chercher une image de « vainqueur ». Il durcit donc sa politique envers Cuba, un pays présenté comme un « État diabolique » depuis 56 ans, à l’exception de la parenthèse de normalisation sous Obama.

Trump intensifie les sanctions contre les réseaux d’approvisionnement énergétique cubains et les entreprises commerçant avec La Havane, plongeant l’île, déjà dépourvue de ressources, dans une précarité généralisée, y compris alimentaire. Il multiplie les déclarations provocatrices, affirmant par exemple : « Je pense que j’aurai l’honneur de prendre Cuba… Je peux faire tout ce que je veux avec elle », dans une posture autoritaire.

Soutenir Cuba

Cependant, il sous-estime la résistance cubaine : malgré la crise économique, l’opposition et une grande partie de la population restent attachées à son indépendance.

Face à cette situation, l’Union européenne et les gouvernements européens, y compris la France, adoptent une inertie diplomatique singulière, malgré des déclarations condamnant l’illégitimité du blocus. Les banques et les grandes entreprises européennes, craignant des représailles commerciales, hésitent ou refusent de collaborer avec Cuba.

À l’inverse, des mouvements de solidarité s’organisent : une flottille humanitaire a récemment atteint La Havane avec le soutien de Cuba Coopération France, de la CGT et du PCF. Par ailleurs, 650 représentants d’organisations issues de 33 pays se sont rendus sur l’île pour exprimer leur soutien. Dans les prochains jours, le Mouvement de la paix devrait lancer un « Appel pour la paix à Cuba et dans la Caraïbe », tandis qu’une résolution dénonçant le blocus et les menaces contre Cuba sera présentée à l’Assemblée nationale par le groupe Gauche Démocratique Républicaine (GDR), qui regroupe des députés communistes et ultramarins.

Les menaces américaines contre Cuba ouvrent un nouveau foyer de tension dans un monde où la loi de la force tend à l’emporter sur le droit international. Défendre l’intégrité de Cuba, c’est aussi défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, un principe qui devrait aussi concerner la France.

Dominique Gerbault

La pression américaine s’accentue sur Cuba (L’Indep)

Après les sanctions, l’inculpation de l’ancien président Raúl Castro et l’appel à rompre avec les autorités, lancé à la population, Washington accentue la pression sur la Havane avec le déploiement du porte-avions Nimitz. Ce navire de guerre américain parmi les plus puissants au monde, est arrivé, jeudi, dans les Caraïbes, à proximité de Cuba, avec son groupe aéronaval.

Le président Miguel Diaz-Canel avait prévenu, ces derniers jours, que toute action militaire américaine contre Cuba conduirait à un « bain de sang » aux conséquences incalculables pour la paix et la stabilité régionales, affirmant que l’ile ne représentait pas une menace pour les États-Unis.

Les États-Unis ont également coupé ces dernières semaines les approvisionnements en énergie de La Havane, espérant ainsi faire vaciller le gouvernement, après avoir arrêté en janvier son allié le président vénézuélien Nicolas Maduro.

L’Indépendant, le 23 mai 2026

L’édito du webzine. Cuba en grand danger

Trump donne un mois aux entreprises étrangères pour quitter Cuba et parier sur un génocide.

L’administration Trump a fait un nouveau pas dans sa politique de guerre économique contre Cuba, en imposant un ultimatum aux entreprises étrangères qui entretiennent des relations commerciales avec l’île. Par l’intermédiaire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), le gouvernement américain a fixé le 5 juin comme date limite pour que de nombreuses entreprises ferment leurs opérations liées à des secteurs stratégiques de l’économie cubaine.

La décision constitue une nouvelle agression contre la souveraineté de Cuba et une violation du droit international, en cherchant à imposer des sanctions unilatérales aux entreprises et aux citoyens des pays tiers pour le maintien de relations économiques légitimes avec l’île.

L’offensive de Washington cherche à frapper en particulier des secteurs clés tels que le tourisme, les mines, l’énergie et les services financiers, à l’heure où Cuba est confrontée à de graves difficultés économiques résultant précisément de l’intensification du blocus américain, en plus des effets cumulatifs de la pandémie et de la crise internationale.

Ce nouveau rebondissement du blocus confirme la volonté de l’administration Trump d’approfondir la politique de pression maximale contre Cuba, ignorant le rejet quasi unanime de la communauté internationale. Année après année, l’Assemblée générale des Nations Unies condamne le blocus américain et exige sa levée immédiate, considérant qu’il constitue une mesure coercitive unilatérale qui cause de graves dommages humanitaires et économiques à la population cubaine.

Loin de promouvoir la « démocratie » ou les « droits de l’homme », les sanctions américaines visent à causer de plus grandes pénuries matérielles, à rendre difficile l’accès aux carburants, à la nourriture, aux médicaments et au financement international, et à générer une déstabilisation interne par la punition économique collective contre tout un peuple.

Si le peuple américain connaissait la réalité…

Des membres du Congrès américain dénoncent l’impact du blocus sur Cuba. Si le peuple américain connaissait toute l’étendue de ce qui se passe sur le terrain à Cuba, il exigerait la fin du blocus immédiatement, ont-ils publié dans le New York Times.

Les deux membres de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Pramila Jayapal et Jonathan L. Jackson, ont publié dans le New York Times leurs réflexions sur une visite de cinq jours sur l’île, où ils ont noté l’impact des larges mesures coercitives unilatérales des États-Unis dans différents secteurs de la société, en particulier dans la santé publique.

Ils, ont fait valoir qu’« entre 2018 et 2025, à mesure que les sanctions américaines devenaient plus punitives, le taux de mortalité infantile autrefois impressionnant de Cuba s’est envolé de 148 %. ». Ils ont décrit leur visite d’un hôpital maternel à La Havane, où le blocus américain rend l’importation de pièces de rechange pour des équipements tels que « des incubateurs cassés presque impossibles », et ont souligné que le temps passé à Cuba leur permettait de mieux comprendre les impacts humanitaires du siège énergétique américain sur l’île, maintenus pendant des mois.

«  Nous sommes revenus de notre voyage avec la certitude que, si le peuple américain connaissait toute l’étendue de ce qui se passe sur le terrain à Cuba, il exigerait la fin du blocus immédiatement, il se limitait » déclarèrent-il a la presse.

Ils ont également expliqué que lors de la visite, qui s’est tenue en avril dernier, ils ont réussi à parler avec un large éventail de citoyens cubains et qu’il y avait consensus: le blocus américain doit cesser, il y a un rejet d’une éventuelle invasion militaire par les États-Unis.

Dans d’autres circonstances, Cuba serait un partenaire commercial naturel pour les États-Unis.

Le système de santé cubain –qui depuis des décennies est un modèle mondial de santé publique– a généré des progrès significatifs qui pourraient également bénéficier aux Américains, notamment des traitements prometteurs contre la maladie d’Alzheimer et le cancer du poumon, ont ajouté les représentants.

Jayapal et Jackson ont préconisé le retour au stade du rapprochement et de la recomposition des relations entre Washington et La Havane, qui a été réalisé sur le mandat du démocrate Barack Obama (2009-2017).

Dominique Gerbault

L’édito du webzine. Le monde en feu, la France en crise

Donald Trump et Benjamin Netanyahu méprisent les règles internationales, ils mettent le monde en feu. Pendant ce temps la France s’enfonce dans la crise, quelques lueurs d’espoir perdurent.

La situation internationale est explosive : au Moyen-Orient, la guerre s’étend (Iran, Israël, Liban, Palestine), avec des milliers de morts. Depuis fin février, Donald Trump et Benjamin Netanyahu mènent une offensive « foudroyante » contre l’Iran, sans succès décisif. Le régime iranien résiste, tandis que la répression contre les démocrates s’intensifie. En Israël, une loi instaurant la peine de mort contre les « terroristes » (ciblant en réalité les Palestiniens) est dénoncée comme un pas vers l’apartheid, s’ajoutant au génocide à Gaza et à la colonisation de la Cisjordanie.

Un néofascisme émerge, bafouant le droit international et les droits humains. Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz mondial, provoque une hausse des prix, une inflation galopante et un ralentissement économique, aggravant chômage et pauvreté. Pendant ce temps, les compagnies pétrolières françaises réalisent des bénéfices records (11 millions d’euros supplémentaires par jour), sans réaction du gouvernement.

À la tête de leurs multinationales, les grands patrons enchainent en France des fermetures massives d’entreprises (Alinea, ArcelorMittal, Cap Gemini…), entraînant dans leur sillage moult PME et TPE provoquant des milliers de suppressions d’emplois.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron, toujours le premier pour aider les riches, laisse une Éducation en péril provoquant des fermetures de classes, 19,4 millions d’heures de cours non assurées en 2023-2024, et 80 % des parents inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants.

La Santé est également en souffrance : L’hôpital public est au bord de la rupture. Se soigner devient un luxe. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail, le gouvernement préfère fliquer médecins et patients.

Une lueur d’espoir avec les résultats des municipales

Les communiistes reste la troisième force après la droite et le PS en nombre d’élus. Au total, 39 des 100 plus grandes villes du pays sont désormais dirigées par un maire socialiste, communiste, écologiste ou insoumis. La France de gauche, à forte propension unitaire, s’est incarnée dans les nombreuses fusions réalisées durant l’entre-deux-tour.

L’exemple de Nîmes est révélateur : dans ce bastion de la droite depuis 25 ans, la liste « Nîmes en commun », menée par le communiste Vincent Bouget, a battu le RN. Une victoire obtenue par un travail de terrain patient, sans stratégie d’appareil, et soutenue par une coalition populaire (PCF, PS, Place publique). Seul LFI ne s’y est pas associé, récoltant moins de 6 % des voix.

Dans notre département Alènya et Cabestany gardent leur maire communiste et c’est Vernet-les-Bains qui se dote d’un maire communiste. À Prades, l’équipe à Castex est battue, elle fait place à une jeune femme conseillère départementale apparentée socialiste prenant aussi à la droite la ccommunauté de commune Canigó-Conflent.

Cela prouve que rien n’est jamais écrit d’avance. Des coalitions locales émergent, prouvant que des victoires inattendues sont possibles.

Dominique Gerbault

L’édito du webzine. Enrayer la machine du mensonge de l’impérialisme

La guerre américano-israélienne fait rage en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens. Cela relève toujours du même schéma impérialiste : mensonges, guerres pour les ressources, mépris du droit international.

Cette guerre soutenue par Reza Pahlavi (fils de l’ancien shah) est condamnée par l’opposition iranienne en exil. Elle s’inscrit dans une logique impérialiste où le mensonge justifie l’agression. L’impérialisme prend habitude de cette politique pour déclarer la guerre aux régimes qui vont à l’encontre de ses intérêt comme en 1964 au Vietnam ou en 2003 en Irak, où des prétextes fallacieux (attaques imaginaires, armes de destruction massive) avaient servi à déclencher des conflits meurtriers.

Le mensonge sert d’argument à Trump et Netanyahu recyclant des falsifications historiques pour légitimer leurs actions : Trump affirme que l’Iran est « proche de la bombe atomique », une allégation démentie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Une logique économique mortifère

Netanyahu revendique la Palestine au nom d’un lien historique de 3 000 ans, ignorant que ces terres étaient occupées bien avant par les Natoufiens, ancêtres des Palestiniens. Une rhétorique similaire à celle de Charles X en 1830, qui prétendait que l’Algérie « n’appartenait à personne ».

En réalité l’objectif d’Israël est de s’étendre territorialement et d’affaiblir ses voisins, celui de Trump est de contrôler les flux énergétiques mondiaux. Le blocage du détroit d’Ormuz permet aux États-Unis -premier producteur mondial de pétrole et de gaz-, de spéculer sur les prix et d’imposer leurs exportations aux Européens, privés de gaz russe.

La guerre sert les intérêts d’une oligarchie économique qui s’enrichit grâce à la crise, tandis que les Européens sont contraints d’acheter du gaz américain à prix d’or. Cette dynamique rappelle les seigneurs de guerre du passé où le profit prime sur les vies humaines.

Il s’agit d’une mécanique implacable : fabriquer un ennemi, frapper, et justifier la violence par des mensonges. Face à cette répétition tragique de l’histoire, la question se pose : jusqu’où iront ces logiques de domination, et à quel prix les populations civiles sont condamnées au silence ?

Il s’avère indispensable de déjouer cette répétition du schéma impérialiste. D’avoir une réflexion sur la responsabilité collective face à l’histoire qui « bégaie ».

Dominique Gerbault

John R. MacArthur. « Trump veut détourner l’attention du dossier Epstein » (La Marseillaise)

John R. Mac Arthur est le président et directeur de Harper’s Magazine.

La Marseillaise : En tant qu’Américain, quel regard portez-vous sur cette guerre déclenchée par Trump et Netanyahu au Moyen-Orient ?

John R. Mac Arthur : C’est une agression qui n’a aucune différence sur le principe de ce qu’a fait Poutine en Ukraine, Bush en Irak ou Clinton au Kosovo. Tout cela a commencé avec cette maudite idée de la guerre préventive où on invente un prétexte pour justifier une agression. Le prétexte que les Iraniens étaient sur le point de nous attaquer, de lancer un missile nucléaire, c’est exactement ce que Bush disait sur Saddam Hussein. C’était un mensonge. Mais dans ce cas-là, ce n’est pas, à mon avis, une coïncidence que quatre jours avant l’attaque, la radio nationale publique NPR a sorti son scoop sur la suppression d’un document des dossiers Epstein dans lequel une femme accusait Trump de l’avoir violé oralement alors qu’elle avait 13 ans. Ce n’est pas du tout complotiste de le dire. Trump est l’homme le plus irréfléchi que je connaisse mais il a un instinct de survie animal. Il voit bien qu’il est en chute dans les sondages. Les républicains se montrent perdants lors des élections de mi-mandat en novembre. Il a détourné la conversation et on ne parle plus d’Epstein, pour l’instant. C’est très similaire à la situation politique de Netanyahu. Tout le monde disait en Israël et partout ailleurs qu’il devait continuer la guerre à Gaza pour éviter que son procès n’aboutisse par son emprisonnement. C’est la prison ou la guerre. Alors bien sûr, il a choisi la guerre. Pour Trump, c’est la catastrophe politique ou la guerre. Et pour l’instant, il a choisi la guerre. Mais c’est un échec et déjà une humiliation. Ils ont imaginé que les Iraniens allaient céder tout de suite, un peu comme Poutine pensait que les Ukrainiens allaient céder rapidement. Ce n’est pas le cas. L’Iran est un pays très sophistiqué. Ce n’est pas une ancienne colonie inventée par les Britanniques ou les Français.

La Marseillaise : Certaines voix au sein du parti républicain estiment que cette guerre est celle d’Israël et pas des États-Unis.

John R. Mac Arthur : Ce n’est peut-être pas la guerre des États-Unis mais c’est la guerre de Trump. Je ne sais pas qui a commencé mais ça arrange Trump pour détourner l’attention du dossier Epstein. Netanyahu en profite aussi politiquement parce qu’il voudrait avancer l’élection d’octobre à mai pour exploiter le soutien presque unanime des Israéliens pour la guerre. Tous les deux sont des animaux. Mais Netanyahu est dix fois plus malin que Trump et il a une ambition. C’est évident qu’il profite de l’attaque sur l’Iran pour cibler le Liban et tenter d’en annexer une partie, c’est ce qu’il fait déjà en Cisjordanie.

La Marseillaise : Les Américains sont contre cette guerre ?

John R. Mac Arthur : Oui, majoritairement. Et je pense que le soutien à cette guerre va baisser encore plus parce que les gens voient que c’est un échec. La preuve étant que les Iraniens ont nommé le fils d’Ali Khamenei comme successeur.

La Marseillaise : Le candidat démocrate est arrivé en tête au premier tour d’une élection visant à remplacer Marjorie Taylor-Greene en Géorgie. C’est le début d’une fronde ?

John R. Mac Arthur : Dans une circonscription majoritairement républicaine, ça serait extraordinaire si le démocrate était à égalité avec le Républicain, même s’il est perdant. Marjorie Taylor-Greene était très populaire et le vote pour le démocrate, c’est un peu une protestation contre Trump. D’autant qu’elle avait elle-même rompu avec Trump [autour de l’affaire Epstein, Ndlr.]. L’opposition à Trump qui compte désormais est celle qui vient de la droite et plus spécifiquement des MAGA [Make America Great Again. Rendre sa grandeur à l’Amérique, le slogan de Trump et ses partisans Ndlr.]. Les démocrates sont très faibles, ils ne jouent pas leur rôle de parti d’opposition. Ils l’ont démontré avec le projet de résolution visant à limiter les pouvoirs de Trump dans cette guerre contre l’Iran. Car Trump a violé la Constitution en faisant la guerre sans l’appui du Congrès, lui seul a le droit de déclarer la guerre. Quatre démocrates ont voté contre ce texte. C’était la marge qu’il fallait pour que la résolution soit perdante. S’ils avaient voté pour, la résolution aurait été promulguée par 216 voix pour et 215 contre.

La Marseillaise : Les Démocrates soutiennent cette guerre ?

John R. Mac Arthur : Une petite majorité des démocrates soutiennent la guerre et ne veulent pas confronter Trump sur le sujet parce qu’ils ont toujours très peur du lobby israélien. On peut appeler ça l’aile clintonienne du parti qui est toujours très forte. Alors que Bill Clinton lui-même est mouillé dans l’affaire Epstein. Il y a aussi toujours cette rancune anti-iranienne qui date de 1979 et la prise en otage des diplomates américains. Je connais beaucoup de démocrates « libéraux » qui sont pro-guerre mais n’en parlent pas à haute voix. Seuls deux démocrates se distinguent : le maire de New York, Zohran Mamdani, qui a tout de suite dénoncé cette guerre, comme il l’a fait avec le Venezuela. Mais aussi le sénateur de Virginie Tim Kaine. Il y a une fissure dans le Parti démocrate qui ne fonctionne plus comme parti d’opposition. Alors, mon espoir repose sur les Républicains de droite, malheureusement. Au moins la moitié des MAGA est furieuse contre Trump, elle se sent totalement trahie. Il avait promis qu’il ne déclencherait plus jamais une guerre inutile avec l’intention de faire un changement de régime.

La Marseillaise : À l’approche des midterms, Trump chercherait à modifier le calendrier électoral. Dans quel but ?

John R. Mac Arthur : Jusque-là, j’ai toujours dit que non, Trump, n’est pas un fasciste. Il est trop désordonné, trop désorganisé. Ce n’est pas Hitler, ce n’est pas Mussolini. Il n’y a pas de parti fasciste aux États-Unis. Mais ça ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas tout simplement déclarer un état d’urgence où il faudrait envoyer des soldats pour surveiller les urnes en novembre afin d’empêcher la fraude et garantir des élections honnêtes. Ce serait une tactique d’intimidation. Je crains des fusillades.

La Marseillaise : C’est la succession de Trump qui se joue à travers ce conflit ? Entre Vance et Rubio ?

John R. Mac Arthur : Cette rivalité c’est l’autre enjeu politique très important. Pour l’instant, le vice-président J.D. Vance se tait parce qu’il ne veut pas être associé à cette guerre. Le secrétaire d’État Marco Rubio, est, au contraire complètement mouillé là-dedans, se présentant comme un genre de général. Son but ultime, c’est de renverser le régime cubain. Il pense que c’est comme ça qu’il pourra se présenter comme le candidat MAGA du deep state (de l’État profond).

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 12 mars 2024)

L’édito du TC par René Granmont. Le vote démocratique et la guerre…

Treize jours après l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran et les répliques de Téhéran sur les bases américaines au Moyen-Orient, les Français subissent déjà les conséquences économiques de la guerre. Dans les stations-service, les notes se font de plus en plus salées et une question brûle les lèvres : de combien mon plein d’essence va-t-il bondir ?

Les missiles tirés de part et d’autre dans la région touchent les bases militaires, les civils, mais aussi les infrastructures énergétiques et, par extension, l’économie mondiale, le principal enjeu étant la flambée des cours du pétrole et du gaz. Les peuples du monde commencent à en payer le prix fort, avec la spéculation sur les prix des carburants qui va tout renchérir, puisque nos économies sont basées sur le pétrole, depuis les carburants, les engrais ou les plastiques. Cependant les grands groupes pétroliers remplissent leurs caisses pendant qu’on tue à Beyrouth, à Téhéran ou à Tel-Aviv. Économiquement, le président états-unien n’a pas beaucoup à perdre dans ce conflit : Washington est excédentaire en gaz naturel et en pétrole. Il a en revanche beaucoup à y gagner.

Comme au Venezuela, la Maison-Blanche ne refuserait pas de mettre la main sur les stocks de Téhéran, d’autant que 80 % de l’or noir iranien est exporté vers le rival chinois. C’est donc pour orchestrer le marché à coups de missiles que le milliardaire partisan de la « paix par la force », aidé de son criminel partenaire de Tel-Aviv, bombarde allègrement le peuple iranien…

Certes le vote de dimanche ne mettra malheureusement pas fin à la guerre provoquée par des rapaces à la recherche de profits. Mais voter pour des listes ayant des exigences fortes de justice sociale et climatique et mettant en débat des propositions très concrètes pour protéger les habitantes et habitants et améliorer leur cadre de vie aura des conséquences importantes pour la vie quotidienne de chacune et chacun d’entre nous.

Les villes comme les petits villages sont des espaces démocratiques où peuvent se pratiquer des solidarités en actes et s’inventer de nouveaux communs à rebours des injonctions individualistes et des impératifs austéritaires portés par les libéraux de droite et d’extrême droite. Logement, éducation, santé, transports, petite enfance… Les communes sont en première ligne pour faire face au désengagement de l’État dans les territoires, pour faire face au démantèlement des services publics, pour faire face à la désindustrialisation et à la fragmentation toujours plus grande de notre société, pour faire face à l’extrême droite.

Dimanche, c’est à l’aune de ces analyses que nous choisirons le bulletin que nous glisserons dans l’urne.