Estagel. Mobilisés contre la fermeture annoncée d’une classe (L’Indep)

Une mobilisation à la fois déterminée et inquiète face à une décision jugée prématurée.

Ce vendredi matin, à Estagel, parents d’élèves, élus et habitants se sont rassemblés devant l’école primaire pour protester contre un projet de fermeture de classe envisagé par les services de l’inspection académique. Selon les premières estimations avancées par l’administration, la baisse attendue des effectifs pour la rentrée prochaine justifierait cette éventuelle suppression. Une analyse contestée localement. Pour de nombreux participants, cette vision strictement comptable ne prend pas en compte les bénéfices pédagogiques de classes moins chargées, ni les dynamiques à venir sur le territoire. Car au cœur des arguments avancés figure aussi l’évolution démographique du village. Deux lotissements actuellement en cours de développement devraient, à moyen terme, entrainer l’arrivée de nouvelles familles et donc d’élèves supplémentaires. Une perspective que les acteurs locaux estiment insuffisamment intégrée dans les projections de l’Éducation nationale.

Présent sur place, Roger Ferrer, maire, accompagné d’élus, a affiché son soutien à la mobilisation, tout comme le maire de Montner, R. Garrigue, et plusieurs conseillers municipaux venus témoigner de leur solidarité. A leurs côtés, parents d’élèves, représentants associatifs et habitants ont formé un front commun pour défendre le maintien de cette classe. Dans un courrier adressé à la Direction académique, la municipalité a également mis en avant les investissements récents réalisés pour améliorer les conditions d’enseignement : équipements numériques, installation de la climatisation, ou encore aménagements pédagogiques. Autant d’efforts qui, selon elle, témoignent d’une volonté forte de soutenir l’école publique rurale. Au-delà des chiffres, c’est bien une vision de l’éducation et de l’équilibre territorial qui est en jeu. Les manifestants ont rappelé leur attachement à une école de proximité, garante d’égalité des chances et essentielle à la vitalité du village.

L’Indépendant, le 4 avril 2026

Estagel. Hugo Roquere, candidat du rassemblement à gauche (L’Indep)

Âgé de 32 ans, né et ayant grandi à Estagel, Hugo Roquere, tête de la liste « Estagel, nouveau souffle », n’est pas un inconnu de la vie publique locale. Engagé très jeune, il devient conseiller municipal à seulement 21 ans, de 2014 à 2020. Aujourd’hui, il est animateur de La France insoumise (LFI) dans les Fenouillèdes. Petit-fils d’Antoine Sarda, il revendique « un héritage politique fondé sur le sens de l’intérêt général ». Après sept années passées comme agent d’entretien dans les collèges, il reprend des études en sociologie.

Désigné pour conduire cette liste de rassemblement à gauche, il se dit « très honoré » de la confiance accordée. La création de cette liste trouve son origine dans un constat partagé par ses membres: depuis six ans, une perte progressive des valeurs humanistes et solidaires au sein du village. « La progression d’Estagel s’est faite essentiellement sous l’impulsion de politiques de la communauté urbaine, sans réelle concertation avec les habitants, ni ligne directrice claire », explique-t-il.

En 2020, alors conseiller municipal aux côtés de Robert Semper, il avait dénoncé cette orientation avant de se retirer du conseil. Face au risque d’une victoire de la droite, aucune liste de gauche n’avait alors été présentée. Aujourd’hui, le contexte est différent : « Nous avons décidé de réagir face à l’immobilisme et de proposer une alternative pour remplacer la municipalité sortante ».

La liste réunit LFI, le Parti communiste et des citoyens engagés. Elle s’inscrit dans une dynamique de rassemblement de la gauche, avec pour boussole le programme du Nouveau Front populaire (NFP). Parmi les priorités annoncées, l’instauration d’une véritable démocratie locale avec la mise en place du référendum d’initiative citoyenne, d’une charte des élus et d’un référendum révocatoire.

Sur le plan social et éducatif, la liste défend une cantine scolaire 100 % bio et gratuite. L’ambition affichée est de bâtir « une commune humaniste et solidaire, qui protège, accompagne et n’abandonne personne », en plaçant le lien social au cœur de l’action municipale. En citant le sociologue Pierre Bourdieu, « Pour changer la vie, il faudrait commencer par changer la vie politique », le candidat conclut : « Alors, changeons la ensemble ».

L’Indépendant, le 12 janvier 2026

Une permanence de campagne est assurée tous les lundis de 17h à 19h et les samedis de 9h30 à 12h à la Maison des communistes Antoine-Sarda, 6 rue Philippe-Morat.

Plus de 7 millions d’€ investis dans deux collèges de Perpignan et Estagel (L’Indep)

D’importants travaux ont débuté aux collèges de la Garrigole à Perpignan et Joliot-Curie d’Estagel. Le Département, propriétaire des 31 collèges publics des Pyrénées-Orientales profite des vacances scolaires pour lancer ces chantiers d’ampleur qui devraient durer, chacun, plus d’un an.

Pendant que les collégiens sont en vacances, certains travaillent à la réhabilitation de leur établissement. Le Département a profité de ce congé d’été pour lancer ses derniers investissements destinés à l’amélioration des conditions d’accueil, d’apprentissage et de vie des élèves.

Au collège perpignanais La Garrigole, par exemple, le Département a débuté une importante opération de rénovation de la salle polyvalente. Deux millions d’euros ont été investis par la collectivité pour remettre à neuf cet outil de l’établissement qui vise à accueillir l’orchestre du collège. Cet équipement sera également conçu pour recevoir des activités hors du temps scolaire, pour des associations par exemple. Cette salle polyvalente, grande de 339 m2 sera équipée de gradins rétractables, d’un box de répétition, de salles d’instruments avec traitement acoustique, de sanitaires, d’un local de stockage et un autre dédié à la sono. Les travaux, débutés ce 15 juillet, devraient durer 13 mois.

18 mois de travaux au collège Joliot-Curie

À Estagel, le collège Joliot-Curie construit en 1955 et agrandi dans les années 1970 et 1980 bénéficie, lui, d’un plan global de restructuration et d’extension. Une construction neuve, surélevée d’un étage, doit être partiellement intégrée à la structure déjà existante. Le pôle administratif, la vie scolaire, les salles de classe, l’infirmerie, les logements de fonction et l’atelier de maintenance seront ré-organisés. Un préau et un local à vélos seront aussi conçus. Au total, le Département va investir 5,3 millions d’euros pour ce chantier qui a commencé ce 15 juillet. Prévus sur 18 mois, les travaux devraient s’étendre jusqu’à janvier 2027. Pour mémoire, en 2023, sur cet établissement, la collectivité avait déjà financé 200 000 euros pour le déménagement de l’administration et la mise en place d’un container pour l’agent de maintenance.

Outre ces deux grandes réhabilitations, le Département a également engagé des rénovations sur les collèges de Prades, Saint-Estève et Millas pour répondre aux différents besoins. Les travaux des nouveaux collèges du Boulou et de Claira devraient débuter d’ici la fin de cette année.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 1er août 2025