Édith Pugnet, maire communiste de Cabestany, assiste aux querelles du Rassemblement national sur sa commune pour le scrutin du 15 et 22 mars 2026. Après avoir retire son investiture à Jean-Pierre Brazès, le parti de Louis Aliot l’a finalement donné à Olivier Mas. Deux listes, revendiquées a l’extrême droite de l’échiquier politique devraient donc se présenter aux municipales. Une dispersion des voix qui pourrait être de bon augure pour la maire sortante.
Elle regarde ses opposants se déchirer, de loin, tout en tentant d’afficher la plus grande « sérénité » possible. Édith Pugnet, la maire sortante de Cabestany, assiste sur sa commune à la polémique qui est née à l’opposé de son bord politique, l’extrême droite.
Pour le contexte: Jean-Pierre Brazès s’est vu retirer son investiture par le Rassemblement national le 10 janvier. Raisons principales invoquées par le parti de Louis Aliot : la présence d’élus Reconquête sur la liste, mais aussi de l’ex-compagne d’Yvan Benedetti, militant de l’ultra-droite déjà exclu du Front national en 2012. Le RN a finalement envoyé dans la course aux municipales Olivier Mas, administrateur du théâtre de l’Archipel. Cet ancien colistier de Jean-Pierre Brazès a moins d’un mois pour constituer une liste de 33 noms + 2. Quant à Jean-Pierre Brazès, il a assuré maintenir sa candidature.
« À Cabestany, il n’est un secret pour personne que l’ex compagne d’Yvan Benedetti réside sur la commune, ni qu’elle est présente sur la liste de Jean-Pierre Brazès depuis un moment », assure Édith Pugnet. « De la même manière, quand on vit à Cabestany, on peut apercevoir Yvan Benedetti quelque fois dans la commune. J’avoue avoir du mal à comprendre la polémique soudaine née au RN sur ce sujet. Car rien de tout cela n’était un secret. Quant aux candidats Reconquête présents sur cette liste, ils étaient aux côtés de Louis Aliot lors de l’inauguration de la permanence de Jean-Pierre Brazès… ».
Si les deux candidats arrivent à monter leur liste, cette dispersion des voix à l’extrême droite pourrait être une aubaine pour la maire sortante. Car, même si son opposant Éric Poupet est aussi engagé dans le scrutin à Cabestany, le RN semble bien être le principal concurrent de l’élue communiste. « Je reste prudente car on n’est jamais à l’abri qu’ils (Jean-Pierre Brazès et Olivier Mas, NDLR) se remettent ensemble », commente-t-elle. « Mais je suis sereine et confiante. En revanche, je suis très en colère pour tous les habitants de Cabestany. Ils méritent mieux que cette guéguerre fratricide. Pour monter une liste, il faut s’y prendre à l’avance, se connaître et proposer un vrai programme ».
La maire sortante argumente en annonçant repartir, elle, avec la moitié de son équipe.
Des colistiers aux profils assurés pluriels car sur les 33 noms + 2 qui l’accompagnent, « 19 sont encartés dans aucun parti. Mais ils sont des membres actifs de Cabestany, que ce soit dans des associations culturelles et sportives ou dans les quartiers ».
Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)



