Le nombre de médecins progresse en Occitanie, dans l’Aude et les P.-O. (L’Indep)

Après des années de pénurie, le nombre de médecins en activité en France, en Occitanie, dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales a significativement augmenté. De bonnes nouvelles issues de l’Atlas de la démographie médicale publie ce 31 mars 2026 par le Conseil national de l’ordre des médecins.

« La baisse du nombre de médecins en activité est désormais derrière nous », annonce le Conseil national de l’ordre des médecins. Constat tiré des données du très fourni Atlas de la démographie médicale qui radiographie la profession, et son évolution entre 2010 et 2026.

Ainsi, au 1er janvier 2026, 245 847 médecins inscrits au Tableau de l’Ordre des médecins sont en activité, libéraux et salariés confondus. Le chiffre correspond à une hausse de 1,9 % sur la seule période 2025-2026 et une hausse de 14 % entre 2010 et 2026. Un bond conséquent qui paraitra presque insignifiant si la prédiction livrée par l’Ordre se vérifie : « À l’horizon 2040, une hausse de l’ordre de 40 % fait désormais consensus ».

Près d’un médecin sur dix exerce en Occitanie

Cette progression du nombre de médecins, que beaucoup craignaient ne pas voir de sitôt, et qui n’efface pas pour autant tous les déserts médicaux (11 % des habitants d’Occitanie étaient sans médecin généraliste en 2025, 12 % dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales), profite à la région qui, il est vrai, compte de nombreuses personnes âgées et l’infrastructure médicale adaptée.

L’Occitanie compte ainsi désormais 22 364 médecins en activité, soit 9,2 % du nombre total de médecins exerçant en France. Dans le détail, ils sont 1 138 dans l’Aude (5,1 % du total régional), 1 722 dans les Pyrénées-Orientales (7,7 %) ou 2 429 dans le Gard (lire l’infographie).

Des efforts payants en région

Côté structures, l’Aude recense 41 maisons et centres de santé pluridisciplinaires, les Pyrénées-Orientales, 46. Preuves des efforts entrepris par les collectivités pour garder ou attirer les professionnels de santé sur leur territoire. La Région Occitanie étant allée jusqu’à salarier des médecins, quelque 110 aujourd’hui, 200 annoncés d’ici 2028.

22 364 médecins d’Occitanie représentent 9,2 % des médecins français, ceux de l’Aude représentent 5 % de

Des professions beaucoup plus féminines

Par ailleurs, s’ils sont plus nombreux à exercer, les médecins d’Occitanie, de l’Aude comme des Pyrénées-Orientales, sont plus âgés aujourd’hui qu’en 2010. À l’image des populations qu’ils soignent.

Si l’âge moyen des médecins s’établit à 49,9 ans au niveau national (une moyenne rajeunie), il grimpe à 54,3 ans pour les praticiens de l’Aude et à 52,7 ans pour ceux des Pyrénées-Orientales.

Autre phénomène souligné dans l’Atlas de la démographie médicale, la féminisation de la profession : + 26% de femmes médecins dans l’Aude depuis 2010, + 29 % dans les Pyrénées-Orientales.

Enfin, le nombre de médecins exerçant en région mais ayant obtenu leur diplôme à l’étranger explose. En France, en Occitanie et dans ses départements. + 210 % de médecins diplômés hors de France dans les cabinets de l’Aude entre 2010 et 2026 et même + 251 % dans les Pyrénées Orientales. Un phénomène qui trouve son explication notamment dans le numerus clausus exercé par la France depuis les années 1990 et supprimé en 2021 Emmanuel Macron.

Ces dernières années, de nombreux verrous ont ainsi disparu, l’attractivité des territoires a été accrue et l’optimisme s’est installé. 40 % de nouveaux médecins devraient ainsi exercer en France d’ici quinze ans.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

Le Conflent perd une deuxième pharmacie en deux ans (L’Indep)

Après la pharmacie d’Olette, c’est au tour de l’officine de Mont-Louis de tirer le rideau au 1″ novembre.

C’est la surprise à Mont-Louis et aux alentours. Après avoir perdu son médecin généraliste, la cité fortifiée voit les portes de sa pharmacie se fermer. Le projet d’un cabinet médical regroupant plusieurs soignants n’a pas abouti et seul perdure désormais le cabinet infirmier. Une déception pour les habitants et pour la première édile Joëlle Cordelette : « Nous avions fait des pieds et des mains pour conserver ce service. D’autant que nous avons une population très âgée avec 70 % des habitants qui ont plus de 65 ans. » Le jeune pharmacien installé en 2019 faisait pourtant l’unanimité mais la perte du médecin a, semble-t-il, engendré des difficultés supplémentaires. « En plus, il faisait de la livraison à domicile… Ce ne sont pas uniquement les Montlouisiens qui vont en pâtir, ceux des villages mitoyens comme La Cabanasse ou Fontpédrouse aussi. »

Plus de médecin, plus de pharmacie

Et la première magistrate de la commune de souligner : « Quand un médecin est parti, il est extrêmement difficile d’en faire revenir un. » Désormais direction Prades, Bolquère, Font-Romeu ou Les Angles. « On a eu l’exemple à Olette. Lorsqu’il n’y a plus eu de médecin, la pharmacie est partie, ça marche avec ! », précise Chantal Calvet, maire de Fontpédrouse. Selon elle, « les habitants se sont déjà fait une raison et sont déjà allés voir ailleurs, en Cerdagne ou en Capcir. » Une situation préoccupante pour de nombreuses personnes âgées. Certaines sont ainsi obligées de conduire sur de longues distances en empruntant des routes montagneuses par tout temps. À l’heure où l’Europe pourrait imposer de nouveaux examens médicaux pour conserver son permis de conduire, l’isolement serait à son comble. « Quand le désert avance, c’est la vie qui s’en va », chantait une artiste dans les années 1980. Des paroles, hélas, largement appropriées à ce désert médical qui ne cesse de grandir, en France, en 2025.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 30 octobre 2025)