Escaro-Aytua. Musée de la mine : de l’ultra-local au planétaire (L’Indep)

Le seul lieu de valorisation du patrimoine minier des P.-O. vient d’enrichir ses collections d’une exposition photo originale et inédite. Présentation.

Il y a d’abord ce visage cuivré d’un indien quechua au regard un peu absent. Cadré serré. Casque vissé sur la tête orné d’une lampe torche. Joue gauche gonflée par une boule de feuilles de coca distillant son effet euphorisant et anesthésiant pour combattre la douleur et la fatigue. Nous sommes dans les mines d’argent du Cerro Rico de Potosi. Situées à plus de 4 700 m d’altitude au cœur de la Bolivie. Puis, il y a aussi cet autre mineur. Photographié en plan américain dans le bassin houiller de Gardanne, fleuron des Bouches-du-Rhône. Peu de temps avant la fermeture de site. L’homme, grosse moustache en bandoulière, serre sur son épaule gauche une gamelle. Son frugal repas de midi. Mine éreintée, lourdes cernes sous les yeux, il dévisage l’objectif ; las, exténué par d’épuisantes journées de piquets de grève. Il y a encore cette image d’occupation du fond par les mineurs audois de Salsigne, la plus importante mine d’or d’Europe occidentale. Ou, la frêle silhouette de cet homme brandissant à bout de bras un immense marteau perforateur attaquant la voûte sombre d’une galerie de Batère, juste à la veille de l’abandon de la dernière mine de fer du massif du Canigó. Et enfin, comment ne pas évoquer ces autres visages de mineurs arc-boutés derrière un wagonnet dans les entrailles d’une mine d’émeraudes de Colombie ou, saisis sur le vif, devant l’entrée d’une concession artisanale convoitée par l’avidité des narco-trafiquants ?

Portée universelle du rapport au risque

Six portraits coups de poing. Que l’on reçoit pleine face et qui nous laissent chancelant. KO. debout. Six portraits certes différents. Mais dont la portée reste étonnamment universelle. Car tous ces mineurs partagent un même point commun. Fort. Inaltérable. Celui du rapport qu’ils entretiennent au risque. Quelles que soient leur culture, leur langue ou nationalité. Ces six portraits ont été offerts au Musée de la mine d’Escaro par Georges Bartoli, reporter photographe catalan, ayant longtemps travaillé sur les luttes sociales et les mouvements ouvriers. Numérotés et signés, tirés en nombre limité sur papier de qualité, ces six clichés originaux qui répondent aux critères légaux d’authenticité viennent enrichir les collections du seul et unique lieu de préservation et de valorisation du patrimoine industriel du bassin minier du Canigó. Récompensé par un VISA d’or en 1995, lors du Festival international de photojournalisme de Perpignan, Georges Bartoli a collaboré avec de nombreux titres de la presse quotidienne ou magazine avant de devenir totalement indépendant dans le choix et la production de ses sujets dont les thèmes de prédilection restent centrés autour de l’Altermondialisation, le monde du travail. l’économie sociale et solidaire. le monde paysan, la Palestine ou le Venezuela.

L’Indépendant, le 4 août 2026

Exposition à voir au Musée de la mine d’Escaro, tous les jours, sauf le jeudi, de 15h à 18 h jusqu’au 15 septembre.

Escaro-Aytua. Cérémonie empreinte d’émotion pour les derniers vœux de Daniel Aspe (L’Indep)

Lors de sa prise de fonction en 2020, il avait annoncé qu’il serait le maire d’un seul mandat. Daniel Aspe a tenu parole. C’est avec un léger tremblement dans la voix qui masquait malgré tout difficilement une petite pointe d’émotion que le premier édile d’Escaro-Aytua a sacrifié à la traditionnelle cérémonie des vœux entouré de ses adjoints et conseillers municipaux. L’an prochain, c’est donc en tant que simple citoyen qu’il y assistera.

L’ancienne coopérative agricole et familiale du village avait fait salle comble pour cet ultime et incontournable exercice de style que Daniel Aspe avait tenu à décliner sur quatre des thèmes qui lui sont chers : les missions de service public, la protection du patrimoine, le développement du lien social et la préservation de la ressource eau. Autant de sujets qui auront rythmé la vie de la commune ces six dernières années.

Saluant en préambule l’engagement de son équipe municipale, le travail des employés communaux, mais aussi l’implication solidaire des six associations d’Escaro et d’Aytua, le maire a tour à tour énuméré les différents chantiers engagés lors de cette mandature placée sous le signe d’une rigueur budgétaire marquée par une baisse significative des dotations de l’État. Puis, avant d’inviter la population à partager le verre de l’amitié autour de galettes à la frangipane et des couronnes des Rois, Daniel Aspe n’a pas résisté au plaisir, en guise de clin d’oeil, de laisser à Pau Casals et son violoncelle conclure son intervention par quelques notes du Cant dels ocells.

L’Indépendant, le 26 janvier 2026