Nicolas Garcia. « Plus d’un an et demi de pluviométrie concentré sur quelques mois » (L’Indep)

Après plusieurs années de sécheresse historique, les pluies abondantes de l’hiver ont profondément change la situation dans les Pyrénées-Orientales. Même si certaines zones restent fragiles, les nappes phréatiques du département sont globalement repassées au-dessus des seuils d’alerte.
Président du syndicat mixte pour la protection et la gestion des nappes de la plaine du Roussillon, Nicolas Garcia décrypte cette amélioration.

Après plusieurs années de sécheresse dans les P.-O., peut-on dire que les nappes phréatiques vont mieux ?

La situation s’est nettement améliorée grâce aux pluies importantes tombées depuis le mois de décembre. Si l’on cumule les précipitations sur cette période, on atteint parfois plus de 500 à 600 millimètres d’eau selon les secteurs. En gros, cela représente plus d’une année et demie de pluviométrie normale concentrée sur quelques mois. Cette eau a permis de réalimenter les rivières, les canaux d’irrigation et surtout les nappes superficielles, qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre hydrologique du territoire.

Est-ce suffisant pour reconstituer les réserves d’eau souterraines ou reste-t-on dans une situation fragile ?

La situation reste fragile même si les voyants sont aujourd’hui plutôt au vert.
Une grande partie des stocks d’eau souterraine s’est reconstituée. Mais tout dépendra de l’évolution du climat dans les prochaines années. Si nous devions connaitre à nouveau plusieurs années de sécheresse comme entre 2021 et 2024, les réserves pourraient à nouveau chuter rapidement. Il faut donc considérer la situation actuelle comme une amélioration, mais pas comme une garantie pour l’avenir.

Peut-on parler de fin de la sécheresse dans les Pyrénées-Orientales ?

Je parlerais plutôt d’une pause que d’une véritable fin de la sécheresse. Personne ne peut prévoir la météo sur plusieurs années. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que cette période humide est bénéfique. Elle recharge les nappes, mais aussi les barrages et les cours d’eau. Avec les stocks de neige en montagne et les rivières qui coulent à nouveau, l’alimentation des nappes va se poursuivre encore dans les mois à venir.

La nappe des Aspres-Réart reste la plus fragile. Pourquoi ?

Parce qu’il s’agit essentiellement d’une nappe profonde. Contrairement à d’autres secteurs où l’on trouve des nappes superficielles, l’eau doit ici s’infiltrer beaucoup plus profondément dans le sol. Cela prend plus de temps et la recharge est donc plus lente. Mais même sur ce secteur, nous observons une remontée assez impressionnante des niveaux. La courbe de remplissage est très nette, ce qui laisse espérer une sortie prochaine de la situation de crise.

Tous les autres secteurs du département bénéficient-ils de cette amélioration ?

Oui, globalement. Dans les Pyrénées-Orientales, on distingue six unités de gestion : l’Agly-Salanque, Aspres-Réart, bordure côtière Nord, bordure côtière Sud, vallée de la Têt et vallée du Tech. Aujourd’hui, toutes ces nappes sont sorties des niveaux d’alerte renforcée. Les nappes de la plaine du Roussillon et celles liées aux vallées du Tech ou de l’Agly ont très bien réagi. Les rivières ont connu des niveaux que l’on n’avait pas observés depuis plusieurs années. Lorsque les cours d’eau coulent abondamment, ils alimentent aussi les nappes par infiltration, ce qui accélère leur recharge. La seule qui reste encore sous surveillance est celle des Aspres-Réart. Mais la tendance est également à l’amélioration.

Avec cette amélioration, plusieurs secteurs sont sortis des restrictions d’eau…

Dans la plupart des secteurs, les restrictions ont été levées. Les nappes ne connaissent pas le calendrier administratif. Elles réagissent simplement aux conditions hydrologiques. Aujourd’hui, la situation permet de relâcher les contraintes pour les particuliers, les agriculteurs et les collectivités. Seule la zone des Aspres reste encore partiellement concernée par des limitations,

Avec le changement climatique, faut-il s’attendre à davantage d’épisodes de pénurie d’eau ?

Malheureusement, c’est probable. Le réchauffement climatique pourrait accentuer les périodes de sécheresse entrecoupées d’épisodes de pluies très intenses. Cela signifie que l’eau restera une ressource précieuse et qu’il faudra continuer à la gérer avec beaucoup de prudence. Même si la situation est meilleure aujourd’hui, il est essentiel de conserver les bonnes habitudes d’économie d’eau. C’est une ressource rare.

Recueilli par Driss Chait (L’Indépendant, le 13 mars 2026)

Concrètement, comment fonctionne
la recharge des nappes phréatiques ?

L’eau de pluie s’infiltre progressivement dans le sol, traverse différentes couches géologiques et finit par atteindre les nappes souterraines. Mais ce processus peut être lent, surtout pour les nappes profondes. Par exemple, certaines nappes ne réagissent qu’avec plusieurs semaines de décalage par rapport aux épisodes pluvieux.

Les Pyrénées-Orientales « parmi les dix départements les mieux gérés » (L’Indep)

Budget en hausse, dette sous contrôle et investissement augmentes: malgré les difficultés, le conseil départemental des Pyrénées-Orientales revendique l’une des meilleures gestions de France. En 2026, la collectivité devrait se doter d’un budget de 778 millions d’euros.

Le budget 2026 du conseil départemental des Pyrénées-Orientales sera débattu aujourd’hui par les élus. « Un budget important en volume », explique Robert Garabé, vice-président de la collectivité chargé des finances, en légère hausse par rapport à 2025 à plus de 778 millions d’euros (M€). « Dans un contexte national prégnant (3 500 milliards d’euros de dette, 140 milliards de déficit), ajoute-t-il, avec des dépenses et des revenus impactés, le Département consacrera cette année 518 ME aux charges de fonctionnement et 259 M€ à l’investissement. »

Le Département « c’est l’échelon fragile car on ne peut pas voter les taux de fiscalité, donc nos recettes, et on a un impératif de dépenses sociales pour la protection de l’enfance, le RSA ou les personnes handicapées ». Et la ressource principale, les droits de mutation perçus sur les ventes de biens immobiliers, « sont en chute libre depuis plusieurs années avec la hausse des taux d’intérêt ».

Dans « les 20 départements les moins endettés de France »

Mais face à ces coûts « obligatoires » qui explosent dans un territoire marqué par la précarité (avec le taux de chômage le plus élevé de France métropolitaine) et des ressources qui diminuent, « les Pyrénées-Orientales y arrivent », se félicite le vice-président. Grâce à des mesures d’anticipation prises au bon moment, comme un désendettement précoce avant la crise du Covid, et la recentralisation du RSA « qui a allégé le budget et dégagé des marges », la collectivité a pu emprunter 130 millions d’euros pour financer ses investissements. « Au terme de notre mandat en 2028, nous aurons investi l milliard d’euros », assure Robert Garrabé.

« Nous faisons ainsi partie des 20 départements les moins endettes de France avec une charge chiffrée à 443 euros par habitant (contre 582 pour l’État) et 516 en moyenne pour les collectivités de même strate », indique Nicolas Fernandez, directeur des finances. Des chiffres qui lui font dire que « les Pyrénées-Orientales font partie des 8à 10 départements qui présentent la meilleure situation financière de France ». « On tire les dividendes de la prudence », ajoute-t-il, alors que « beaucoup de départements peinent financièrement, certains ayant même été placés sous tutelle, comme la Gironde. » Une position « très singulière », convient Robert Garrabé, qui permet au conseil départemental des Pyrénées-Orientales de générer une « commande publique de 150 millions d’euros chaque année », rappelle-t-il. De l’argent injecté « au service de l’économie locale », se réjouit Hermeline Malherbe, la présidente du conseil départemental, « qui apporte des chantiers aux entreprises du BTP et des investissements qui maintiennent l’emploi privé. »

Nicolas Monnet (L’Indépendant, le 19 février 2026)

Des examens gynécologiques offerts aux étudiantes de l’université (L’Indep)

Les élus du conseil départemental des départemental ont adopté le renouvellement de ce dispositif mis en place depuis un an mais encore peu connu, permettant aux étudiantes de l’université de Perpignan d’obtenir des soins gynécologiques.

Améliorer l’accès aux soins gynécologiques pour les étudiantes de l’université de Perpignan, c’est tout le sens de la délibération votée ce jeudi par les élus du conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Les conseillers départementaux ont adopté le renouvellement d’une offre de soins qui permet aux étudiantes de la faculté de rencontrer un médecin et une sage-femme grâce à des permanences, directement depuis le campus du Moulin à Vent. Un examen gynécologique peut y être assuré ainsi qu’une proposition de contraception personnalisée. Mis en place depuis un an mais encore peu connu, ce dispositif a permis à cinquante patientes d’obtenir des soins gynécologiques en 2025. À noter que ce service de santé assure également des actions de dépistage et vaccination.

Les élus ont adopté le renouvellement de ce service pour une durée d’un an qui pourrait encore être reconduit.

Durant cette même session, les conseillers départementaux ont voté une motion visant à soutenir les éleveurs des Pyrénées-Orientales dont les bêtes ont été touchées par la dermatose nodulaire. Plus de 400 vaches, veaux et taureaux ont été abattus sur les terres catalanes, malgré un déploiement de la couverture vaccinale. Les élus du Département se sont engagés à accompagner ces éleveurs et « activer tous les leviers pour apporter son soutien financier en complément des dispositifs de l’État et de la Région ». Mais, pour l’heure, la collectivité n’a pas déterminé le montant de l’enveloppe de ces aides.

Les conseillers départementaux ont aussi appuyé les requêtes formulées par la Chambre d’Agriculture. À savoir, la prise en charge par la solidarité nationale de la vaccination de tous les bovins avant l’estive 2026. Mais aussi le financement des pertes d’exploitation et le remplacement des cheptels tués, privilégier l’abattement sélectif et mener une étude approfondie sur les vecteurs de l’épidémie et déployer un dispositif de surveillance.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 28 novembre 2025)

Ehpad en détresse : le Département débloque 2,25 millions d’euros (L’Indep)

Lors de la session de ce jeudi 25 septembre, les élus du conseil départemental ont voté en faveur de la création d’un fonds d’urgence de 2,25 millions d’euros à destination des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) des Pyrénées-Orientales, qui rencontrent des difficultés « inédites ».

Permettre aux Ehpad en détresse de parer aux dépenses urgentes. Tel est l’objectif du fonds dont le conseil départemental a acté la création ce jeudi. « Les établissements rencontrent depuis plusieurs années des difficultés inédites, en lien notamment avec l’inflation », a rappelé la vice-présidente en charge du dossier, Françoise Fiter. « Leurs niveaux de trésorerie sont parfois préoccupants, ce qui peut compromettre les investissements les plus urgents. »

Doté de 2,25 millions d’euros, le fonds doit plus précisément permettre aux Ehpad étranglés financièrement d’acheter du matériel ou d’engager, dans des délais « appropriés », les travaux qui s’imposent.

Pour mémoire, le conseil départemental avait déjà voté en décembre 2023 une enveloppe d’aide à l’investissement pour 2024-2028 de 15 millions d’euros à destination des établissements d’hébergement accueillant des personnes âgées dépendantes ou des adultes handicapés. C’est dans le cadre de ce budget que la collectivité débloque aujourd’hui ce nouveau fonds d’urgence. Autre mesure destinée à aider les Ehpad à passer le cap : les élus départementaux les ont également autorisés à augmenter leurs charges nettes de 1 % en 2025.

Une flotte de voitures pour les aides à domicile

Lors de sa session de ce jeudi, l’assemblée départementale a également voté des mesures en faveur du secteur de laide à domicile qui traverse lui aussi une période de turbulences. « Il y a une très forte augmentation des besoins en termes de maintien à domicile des personnes âgées ou en situation de handicap et le secteur connait des difficultés de recrutement », a résumé Françoise Fiter. Cependant, dans le cadre de la loi Bien vieillir d’avril 2024, l’État a alloué un budget de 800 000 euros au département, notamment pour « soutenir la mobilité des aides à domicile ». En pays catalan, le conseil départemental a choisi de se servir d’une majeure partie de la somme qui lui a été allouée pour accompagner la création d’une flotte de véhicules à très faibles émissions. La délibération adoptée ce jeudi évoque l’achat d’au moins 25 véhicules.

Il faut dire que dans les Pyrénées-Orientales, le maintien à domicile et l’hébergement des personnes âgées sont deux enjeux cruciaux. À l’heure actuelle, le département recense 99 150 habitants âgés de 60 à 74 ans (20,5 % de la population) et 61 083 de plus de 75 ans (12,7 %).

Une proportion qui ne cesse d’augmenter depuis 2009. Et ce n’est qu’un début.
D’ici 2040, le nombre de personnes âgées dépendantes de plus de 75 ans devrait encore croître de 35 %.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 26 septembre 2025)

Elne. De jeunes palestiniens accueillis en mairie (L’Indep)

En la salle des fêtes, la commune a accueilli 16 adolescents palestiniens de 14 à 16 ans étudiants en français d’Hebron et de Jérusalem, en présence des associations et des familles françaises dans le cadre d’une coopération linguistique et culturelle franco-palestinienne. Ces rendez-vous sont organisés par Jeunes reporters, les Francas avec le soutien de divers organismes dont le conseil départemental, représenté par Françoise Fiter, vice-présidente. Des témoignages émouvants d’enfances volées par la guerre. Des jeunes pleins d’espoirs et de confiance dans le peuple français.

L’Indépendant, le 22 août 2025