Conflent Canigó : un centre de santé pluri-professionnel attendu (L’Indep)

Le Conflent un désert médical ? Les élus ne veulent pas s’y résoudre et essaient de trouver des solutions. L’association La fabrique des centres de santé accompagne désormais la communauté de communes Conflent Canigó.

Un centre de santé pluri-professionnel qui ouvrirait à la fin de l’année 2026… Les conseillers communautaires veulent y croire, même si la prudence est de mise. L’étude de faisabilité était en tout cas présentée ce jeudi 29 janvier lors de la réunion du conseil. 30,6 % de personnes âgées de plus de 65 ans, un taux de pauvreté de 23,2 % (contre 14,5 % en France), un nombre de maladies chroniques en correspondance avec la part d’habitants de plus de 65 ans et 15 % des assurés sociaux (2.700 personnes) qui n’ont pas de médecin traitant (11,6 % en France). Le décor est planté. « Il y a 4,3 médecins pour 10.000 habitants alors que la moyenne en France est de 8,2 », soulignait la technicienne de La fabrique des centres de santé.

Cinq généralistes salariés a recruter

Une étude qui confirme que le Confient manque de généralistes, mais également de chirurgiens-dentistes ou encore de sages femmes. En revanche le territoire est plutôt bien doté en infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes. Une situation dont ont bien conscience les élus et que dénonce par ailleurs un collectif d’habitants Canigó Confient santé, fort de 300 membres. A ce jour, des démarches ont déjà été entreprises, mais sans véritable succès (projet de Médicobus, médecin itinérant…). Le centre de santé semble être une solution crédible.

Aux côtés des hôpitaux et des cabinets libéraux, les centres de santé sont des lieux de proximité. Ils regroupent plusieurs professionnels dont des médecins généralistes et offrent à tous un accès à des soins de qualité. La différence avec la maison de santé, qui existe déjà à Prades: « Les médecins sont tous salariés ».

Un site principal et trois annexes

Autre spécificité en Conflent, le centre de santé serait géré par la communauté de communes « comme environ un tiers des 950 structures existantes aujourd’hui en France », précise Jean-Louis Jallat, le président de la communauté de communes Confient Canigó. Une gestion qui entrainerait tout de mème un cout estimé à plus de 90.000 euros par an aux administrés. « Les collectivités territoriales se substituent une fois encore à l’État », remarquait Jean-Luc Blaise, le maire de Mantet. En ce qui concerne le projet en lui-même, « il s’agirait d’un centre de santé intercommunal pluri-sites. Au regard des besoins territoriaux, une équipe cible de cinq généralistes est envisagée. Il y aurait un site principal à Prades et trois annexes à Olette, Vinça et Vernet-les-Bains ».

Des médecins qui seraient aidés par « un responsable coordinateur administratif et trois assistants médicaux ». Ne manquerait plus qu’à trouver des locaux. Un projet qui ne peut que séduire et dont la continuité a été votée à l’unanimité par les élus de la communauté de communes. Charge aux prochains élus (élections oblige) d’achever le travail. Reste que l’assemblée n’est pas dupe et sait bien que la principale difficulté va consister à faire venir cinq médecins, fus-sent-ils salariés, puis a les garder.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 31 janvier 2026)

Nyer. Le maire André Argilès annonce sa candidature lors des vœux (L’Indep)

La cérémonie des vœux de la municipalité s’est déroulée en présence de nombreux habitants, élus et représentants institutionnels. Le maire André Argilès a dressé le bilan d’un mandat qu’il a qualifié « de particulièrement exigeant, marqué par la crise sanitaire, les difficultés du monde agricole et une forte instabilité politique et budgétaire ».

Malgré ce contexte, la commune a poursuivi ses projets et investissements, notamment dans le logement communal, la gestion de l’eau et l’amélioration du cadre de vie. Parmi les réalisations marquantes figure l’installation d’une tyrolienne à l’aire de jeux, née d’une initiative citoyenne portée par de jeunes habitantes du village.

Le maire a rappelé l’importance de la vie associative, du bénévolat et du travail des agents communaux, piliers de la vitalité locale. Il a également souligné les enjeux liés à l’eau et à la préservation du patrimoine communal. En conclusion, il a annoncé sa candidature aux prochaines élections municipales, tout en exprimant sa volonté de préparer l’avenir et la transmission, avant de souhaiter à l’ensemble des habitants une belle année 2026.

L’Indépendant, le 23 janvier 2026

Conflent-Cerdagne-Capcir. Fin de la grève à La Poste (L’Indep)

La grève commencée mercredi 14 janvier est désormais terminée. Tous les guichets de La Poste de Conflent, Cerdagne et Capcir devraient reprendre leurs activités habituelles.

« Après deux jours de grève à 90 % puis 98 % de grévistes sur le secteur de Prades, un protocole d’accord a été signé ce samedi 17 janvier. Le préavis de grève a donc été levé ». L’annonce est de Stéphane Villepontoux responsable local de la CGTFAPT 66 (Confédération générale de travail, Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication). « Nous resterons vigilants quant à l’application des engagements pris par la direction et l’évolution des conditions de travail des agents sur tout le secteur ».

Pour rappel, des conditions de travail détériorées et une continuité du service public non assurée étaient les principales raisons de cet appel à faire grève.

« Nous attendons désormais la reprise totale des travaux de l’évolution continue en place depuis le 5 janvier. C’est une vraie réorganisation déguisée. La direction s’est aussi engagée à recourir à de l’intérim pour les besoins urgents et à maintenir les deux chargés de clientèle remplaçants… »

Bref, bonne nouvelle pour les usagers. Les services lies a a banque postale, les cours de Code de la route ou encore l’envoi et le retrait de colis sont donc à nouveau accessibles.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 20 janvier 2026)

Cerdagne-Capcir-Conflent. Les agents de La Poste annoncent une grève illimitée (L’Indep)

La grève déclenchée ce mercredi a l’initiative de la CGT-FAPT 66 (Confédération générale de travail-Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunication) concerne La Banque postale, La Poste mobile et les guichets de Cerdagne, Capcir et Conflent.

Elle touche tous les bureaux de poste du secteur. Que revendique la quinzaine d’agents concernés ? « Il n’y a pas assez de personnel, un agent au lieu de deux. Pour cette raison, des services annexes comme la Maison France services de Saillagouse sont fermés depuis un mois et demi », explique Stéphane Villepontoux de la CGT-FAPT 66. « De même, La Poste est habilitée à faire passer le Code de la route. Ça a été annulé toute la semaine. »

Une embauche a été actée à Font-Romeu, « alors qu’il en faudrait cinq sur le secteur. Une personne supplémentaire est prévue depuis cette semaine, certainement suite au préavis de grève. Trois personnes partent à la retraite et ne seront pas remplacées ». Stéphane Villepontoux ajoute : « On voit bien que par manque d’effectif, cela ne fonctionne pas. Et depuis la réorganisation mise en place lundi par la direction, ça ne peut qu’empirer ».

La clientèle ne pourra pas avoir accès à La Banque postale ni aux cours de Code la route, envoyer ou retirer des colis. Les diverses démarches sont toujours suspendues à la Maison France services de Saillagouse. La grève est illimitée. « Nous avons envoyé un courrier à la direction pour savoir si elle était prête à négocier, mais nous n’avons pas eu de réponse à l’heure actuelle. »

Les postiers réclament, outre des embauches urgentes, le maintien des horaires d’ouverture des guichets, des grades, des conditions de travail dignes à travers le maintien de positions de travail et un vrai service public. Une quinzaine d’agents est concernée par cette grève illimitée.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 15 janvier 2026)

Train jaune : un héritage qui doit continuer de transporter la vie locale (L’Indep)

Le Canari était au centre des débats.

L’assemblée générale du Comité des usagers du Train jaune, tenue à Olette, a rappelé avec force que la célèbre ligne ferroviaire est à la fois « un trésor patrimonial unique et un outil indispensable pour la mobilité du territoire ».

Accueillie par le maire, Jean-Louis Jallat, la rencontre a pris une dimension chaleureuse et mobilisatrice. L’élu a souligné que « sans le Train jaune, le territoire ne serait plus le même », rappelant la place centrale du Canari dans l’identité du Conflent et des hauts cantons.

La présence de maires, de Michel Garcia, conseiller départemental, président du Parc naturel régional, a illustré l’importance d’une synergie entre préservation du patrimoine ferroviaire et besoins de mobilité moderne.

Jean-Louis Demelin, président du comité des usagers, a rappelé la longue histoire du comité et sa détermination à défendre un patrimoine ferroviaire unique, essentiel à la vie des habitants et à l’attractivité du territoire. Il a souligné l’effort important consenti par la Région Occitanie-Pyrénées Méditerranée, qui a investi 90 M€ pour la modernisation du matériel et de l’infrastructure, permettant de redonner un souffle à la ligne centenaire.

Pas qu’un symbole

Le matériel historique, l’identité centenaire du Train jaune doivent être préservés, tout en garantissant un service public fiable, régulier et adapté aux habitants. Cette exigence d’équilibre a alimenté de nombreux échanges, montrant que le Train jaune n’est pas qu’un symbole.

Pour permettre au Canari de jouer pleinement son rôle dans les mobilités de demain, le Comité a réaffirmé deux priorités : une circulation matinale dans les deux sens, indispensable pour créer une véritable alternative à la voiture et assurer les correspondances avec la ligne de Perpignan; une tarification à 2 € toute l’année, accessible et incitative pour les habitants, au-delà de la dimension touristique.

L’arrivée du nouveau président de la SNCF, déjà familier des attentes liées au Train jaune, a été perçue comme une opportunité à saisir, susceptible de relancer le dialogue et les avancées concrètes.

Une avancée

La confirmation de la réouverture de la ligne Perpignan/Ville-franche-de-Conflent, le 24 janvier à 8h10, a été saluée comme une avancée concrète, qui renforcera la cohérence globale du réseau.

En conclusion, cette assemblée générale a montré que le Train jaune ne peut être réduit ni à un simple monument roulant, ni à une ligne secondaire.

Il est patrimoine vivant, outil de désenclavement, levier de développement durable, et reste un marqueur fort de la vie locale.

Le comité appelle désormais à élargir la mobilisation des usagers et des communes pour que cette ligne mythique continue de rouler et de faire vivre son territoire.

F. D. (L’Indépendant, le 16 décembre 2025)

Conflent-Cerdagne-Capcir. « Stop au massacre » : les éleveurs mobilisés sur les barrages filtrants (L’Indep)

Des barrages filtrants érigés depuis samedi sur la route nationale 20, ce dimanche sur le rond-point de Villefranche-de-Conflent (RD66) et à la sortie de Puyvalador (D118) : la colère des éleveurs monte dans les Pyrénées-Orientales comme un peu partout en France dans les départements touchés par la dermatose nodulaire contagieuse.

Ce dimanche matin, il faisait à peine 2° à Villetranche-de-Conflent quand les premiers tracteurs arrivaient. Les éleveurs avaient en effet appelé leurs collègues agriculteurs, mais également les citoyens, à se rassembler en masse sur cet endroit stratégique, sur
cette RD66 qui mène à la Cerdagne et au Capcir. « Stop au massacre », « Agriculture française en danger », « Pour un changement de nos politiques sanitaires », « Protégeons nos troupeaux », les messages sont toujours les mêmes depuis maintenant près de deux mois. Les manifestants dénoncent la gestion de la crise mise en place par le gouvernement pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse.

Des barrages filtrants ont rapidement été mis en place dans les deux sens. Au plus fort, jusqu’à 150 personnes étaient présentes sur et autour du rond-point jouxtant la cité fortifiée. Parmi eux quelques élus dont Françoise Eliott, maire de Py, qui ne cachait pas son inquiétude : « Il est important de soutenir les éleveurs de la vallée et du département. Peut-être que le gouvernement devrait réfléchir à une autre solution que d’abattre des élevages de souche adaptés à nos territoires montagnards. »

Des élus, mais aussi des citoyens comme Olivier qui pense « qu’il y a beaucoup de violence et il me semble peu de concertation. On voit bien qu’après les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, la Haute-Garonne ou encore les Hautes Pyrénées sont touchés. Le gouvernement devrait se poser la question de l’efficacité de sa gestion sanitaire. Il y a en tout cas beaucoup a redire sur la méthode. »

Vincent, viticulteur et arboriculteur, est venu pour « soutenir tous ces petits éleveurs que l’on croise régulièrement dans nos montagnes Ils font un excellent travail. Il est important d’être présent afin de protéger cette paysannerie contre le Mercosur et l’agro-industrie. »

Rappelons qu’à ce jour 20 opérations de dépeuplements ont été menées dans le département. 497 bovins ont été abattus. Pour le Préfet, Pierre Régnault de la Mothe, « Le rythme de diffusion de la dermatose nodulaire contagieuse s’est ralenti dans les Pyrénées-Orientales depuis que notre cheptel a atteint l’immunité vaccinale. Je fais l’hypothèse que la stratégie que nous avons mise en place porte ses fruits. J’ai réuni les éleveurs cette semaine pour un échange direct et sans filtre. Je réunirai la semaine prochaine ceux d’entre eux qui ont été concernés par une mesure de dépeuplement : je veux qu’ils sachent que nous les accompagnerons dans la durée. »

Par ailleurs le représentant de l’État appelle à « Rester vigilant, car des cas peuvent encore apparaitre, par exemple dans l’éventualité où une vache aurait contracté le virus alors que le vaccin n’était pas encore à son plein effet et en raison de l’incubation très longue de la maladie sur certains individus, Les contraintes pesant sur les élevages vont être progressivement assouplies (la levée de la zone de surveillance intervient 45 jours après le dépeuplement du dernier foyer contaminé). » Pas certain que cela suffise à calmer la colère des éleveurs qui fait tache d’huile sur toute l’Occitanie et dans de nombreuses régions françaises. D’ailleurs, les éleveurs appellent déjà à une nouvelle mobilisation, ce mardi 16 décembre à 18 heures, devant la préfecture à Perpignan.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 15 décembre 2025)

Latour-de-Carol et Puyvalador aussi

Du côté de Latour-de-Carol, la route nationale 20 a été bloquée une bonne partie de la journée de dimanche. Une trentaine d’éleveurs, installée des le samedi, a bravé le froid et est en place toute la nuit. Dimanche après-midi un autre point de rassemblement était mis en place sur la route départementale 118 à la sortie de Puyvalador, en direction de l’Aude. Là encore agriculteurs et éleveurs du Capcir et du Donezan (Ariège) décidaient d’établir un barrage filtrant. Notons que si les appels à manifester venaient de la Confédération paysanne 66 ou de la Coordination rurale 66, des agriculteurs adhérents à d’autres syndicats (FDSEA, Jeunes Agriculteurs) avaient décidé de montrer leur solidarité en participant aux différents rassemblements.

Dermatose. Les éleveurs mobilisés entre la Cerdagne et l’Andorre (L’Indep)

Les éleveurs se sont mobilisés pour faire entendre leurs revendications ce samedi à la hauteur de Latour-de-Carol. Une mobilisation est également prévue ce dimanche matin à Villefranche-de-Confient.

Depuis environ 15h ce samedi, des éleveurs des hauts cantons ont mis en place un barrage sur la RN20, au niveau de la carrière Riutés. Ils étaient une cinquantaine à filtrer la circulation la route durant 30 à 45 minutes, dans les deux sens, avant de laisser passer les véhicules et de bloquer à nouveau. Ils manifestent, comme sur de nombreux points de blocage en France, contre les mesures appliquées pour éradiquer la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui consistent en l’élimination des troupeaux si un seul cas est détecté.

« Nous avons dix points de revendication et nous avons remis en ce sens un courrier au sous-préfet de Prades Didier Carporcin qui était présent », précise un éleveur. Le représentant de l’État est venu à leur rencontre durant une heure et a engagé le dialogue avec les éleveurs : « Nous avons évoqué de manière calme et cordiale la stratégie nationale concernant la DNC. Ils m’ont remis une motion comportant 10 points de revendication que j’ai fait remonter au niveau national ».

Une mobilisation ce dimanche à Villefranche-de-Conflent

Dans cette motion, les agriculteurs de Cerdagne revendiquent l’abattage ciblé des seules bêtes malades ; l’accès au vaccin au printemps pour le rappel ; la vaccination nationale ; le lancement d’une étude sur la maladie ; l’ouverture de l’export après vaccination sans conditions ; pour les éleveurs qui ont subi l’abattage, le maintien des aides de la PAC (politique agricole commune) durant le repeuplement ; l’indemnisation des bêtes abattues ; la défiscalisation des aides perçues pour le dépeuplement ; le report des crédits pour les éleveurs touchés ; l’exonération des charges MSA pour les éleveurs sinistrés.

Le groupe de manifestants envisage de poursuivre ce barrage filtrant jusqu’à dimanche soir. Par ailleurs ce dimanche, une autre manifestation est prévue au niveau du rond-point de Villefranche-de-Conflent à partir de 8h, avec là aussi un barrage des éleveurs.

Isabelle Bley (L’Indépendant, le 14 décembre 2025)

P.-O. : dermatose nodulaire, restera-t-il des vaches en Conflent ? (L’Indep)

Un nouvel abattage de troupeau s’est déroulé ce mercredi 12 novembre sur la commune de Nyer (hameau d’En). Un énième épisode dans cette crise sanitaire où les tensions s’exacerbent.

La colère et la frustration sont plus que jamais palpables en Conflent. « À ce jour, près de 400 vaches ont été tuées dans les Pyrénées-Orientales pour une vingtaine de symptomatiques. Et la stratégie sanitaire n’évolue pas alors que plus de 90 % du cheptel est vacciné dans le département », dénonce entre autres la Confédération paysanne.

Hier, dix-huit bovins devaient être abattus par les services de l’État. Dix-huit pour deux bêtes qui présentent des symptômes. Une intervention qui ne s’est pas vraiment déroulée comme prévu. La piste menant au hameau d’En, à Nyer, était en effet obstruée dès le petit matin par des véhicules qui empêchaient le passage les services vétérinaires et de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations). L’éleveur concerné, qui n’était pas sur place, a ensuite dénoncé un début de l’opération d’abattage sans sa présence et sans celle de l’expert qui doit évaluer le montant total de l’indemnisation (calculée en fonction du préjudice lié à chaque animal abattu).

Des lieutenants de louveterie en renfort

Enfin, 7 à 8 vaches n’ont pu être capturées par les services de l’État et la préfecture s est vue obligée de mandater deux lieutenants de louveterie pour les abattre. Pour rappel, « le dépeuplement total des foyers, c’est-à-dire l’abattage de tous les bovins présents dans un élevage infecté (animaux présentant des signes cliniques ou non, conformément à la réglementation européenne en vigueur), la vaccination massive des bovins en zone réglementée, et des mesures de biosécurité, dont la limitation aux mouvements », sont les bases de la stratégie mise en place par l’État. Des abattages systématiques de troupeaux fortement dénoncés par les éleveurs et par une partie de la population. Des citoyens étaient invités à manifester à Olette dès 7 h du matin afin d’alerter les automobilistes présents sur la RDD66. Une trentaine de personnes avait répondu présent équipée de pancartes et de tracts.

Impossible de toute façon pour eux de se rendre à Nyer par la RD57. La seule route carrossable menant au village était bloquée par les forces de l’ordre depuis la veille au soir. La population, tout comme la presse, était invitée à rester au loin. Deux maires de communes voisines qui soutiennent le mouvement se posaient tout de même la question, « Restera-t-il des vaches en Conflent à ce rythme ? ». Malgré les efforts des forces de l’ordre pour bloquer les accès, un petit rassemblement a quand même pu être fait dans le village de Nyer. Mais là encore la gendarmerie empêchait le passage vers le hameau d En (situé à environ 3 km).

Après l’estive du Canigó, l’estive de la Carança est la plus touchée par la dermatose nodulaire contagieuse. Reste maintenant à voir si la gestion de crise imaginée par l’État sera payante et empêchera la maladie d’arriver dans les départements voisins.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 13 novembre 2025)

Rappel: Cette maladie ne touche que les vaches. Elle ne se transmet pas aux humains.
La viande et le lait produit par les vaches malades sont consommables.

Vinça. Le collectif « Stop aux massacres » filtre et tracte sur la RD66 (L’Indep)

Hier matin, un nouvel abattage de vaches s’est déroulé chez un éleveur d’Espira-de-Conflent après la découverte d’un cas de dermatose nodulaire dans son troupeau. En parallèle, une trentaine de manifestants ont organisé un tractage sur la RD66 pour dénoncer la situation.

« Stop aux massacres des vaches », pouvait-on lire sur une grande bâche installée sur la RD66. Une trentaine de personnes avait répondu à l’appel lancé par « le comité citoyen pour prendre soin des vaches, des humains… Des autres. » Les manifestants ont ainsi tracté de 7 heures à 10 heures à l’embranchement de la RD66 et de la RD25 (en direction d’Espira-de-Conflent), ralentissant fortement cet axe routier stratégique. Parmi les participants, Elia et Anne-Lise « citoyennes révoltées » : « Nous sommes venues soutenir les éleveurs. Pour nous l’État prend des décisions radicales sans concertation avec les personnes concernées. Il pourrait y avoir plus de nuance dans les solutions proposées. »

Une nuance, ou en tout cas une évolution dans la politique sanitaire comme le demande
Jean-Louis Régné, le président du groupement pastoral Conflent-Fenouilledes, « Nous avons aujourd’hui atteint près de 100 % de couverture vaccinale, on pourrait lever le pied sur les abattages avant qu’il n’y ait plus de bêtes en Conflent. »

Sébastien, éleveur conflentois, s’étonnait pour sa part du peu de participants: « Il a certainement plus de 50 éleveurs en Conflent, où sont-ils ce matin ? J’ai vu des citoyens mais trop peu d’éleveurs. » Les représentants de la Confédération paysanne présents encourageaient d’ailleurs les non-éleveurs présents : « La force citoyenne nous fait du bien et doit nous permettre d’amplifier le mouvement. »

Philippe Comas (L’Indépendant, le 11 novembre 2025)

Le Conflent perd une deuxième pharmacie en deux ans (L’Indep)

Après la pharmacie d’Olette, c’est au tour de l’officine de Mont-Louis de tirer le rideau au 1″ novembre.

C’est la surprise à Mont-Louis et aux alentours. Après avoir perdu son médecin généraliste, la cité fortifiée voit les portes de sa pharmacie se fermer. Le projet d’un cabinet médical regroupant plusieurs soignants n’a pas abouti et seul perdure désormais le cabinet infirmier. Une déception pour les habitants et pour la première édile Joëlle Cordelette : « Nous avions fait des pieds et des mains pour conserver ce service. D’autant que nous avons une population très âgée avec 70 % des habitants qui ont plus de 65 ans. » Le jeune pharmacien installé en 2019 faisait pourtant l’unanimité mais la perte du médecin a, semble-t-il, engendré des difficultés supplémentaires. « En plus, il faisait de la livraison à domicile… Ce ne sont pas uniquement les Montlouisiens qui vont en pâtir, ceux des villages mitoyens comme La Cabanasse ou Fontpédrouse aussi. »

Plus de médecin, plus de pharmacie

Et la première magistrate de la commune de souligner : « Quand un médecin est parti, il est extrêmement difficile d’en faire revenir un. » Désormais direction Prades, Bolquère, Font-Romeu ou Les Angles. « On a eu l’exemple à Olette. Lorsqu’il n’y a plus eu de médecin, la pharmacie est partie, ça marche avec ! », précise Chantal Calvet, maire de Fontpédrouse. Selon elle, « les habitants se sont déjà fait une raison et sont déjà allés voir ailleurs, en Cerdagne ou en Capcir. » Une situation préoccupante pour de nombreuses personnes âgées. Certaines sont ainsi obligées de conduire sur de longues distances en empruntant des routes montagneuses par tout temps. À l’heure où l’Europe pourrait imposer de nouveaux examens médicaux pour conserver son permis de conduire, l’isolement serait à son comble. « Quand le désert avance, c’est la vie qui s’en va », chantait une artiste dans les années 1980. Des paroles, hélas, largement appropriées à ce désert médical qui ne cesse de grandir, en France, en 2025.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 30 octobre 2025)