Machado, mort en exil à Collioure (L’Indép)

Le poète andalou né à Séville le 26 juillet 1875, mourra en exil à Collioure le 22 février 1939, il repose au cimetière vieux, situé au cœur de la cité des artistes.

De son véritable nom Antonio Cipriano José Maria Machado Ruiz, l’histoire retient celui d’Antonio Machado. Le poète andalou est une figure du mouvement littéraire espagnol dit de la « Génération 98 ». Une référence datant de la guerre hispano-américaine de 1898, qui a réuni des écrivains, essayistes et poètes espagnols qui étaient alors touchés par la défaite de leur pays, entraînant la perte de nombreuses colonies dont Porto Rico, Cuba et les Philippines.

Fils d’un père très attaché aux traditions populaires, la famille compte un poète dramaturge, un peintre, il est aussi le neveu de l’écrivain romantique Augustin Duran (1789-1862). Alors âgé de 8ans, il s’installe avec sa famille à Madrid et avec ses deux frères étudient dans une institution libre d’enseignement. Très vite, le jeune Antonio découvre sa passion pour la littérature. Il n’a que 17 ans lorsque son père décède, pour vivre il deviendra un temps acteur et effectuera d’autres petits boulots. À 24 ans, alors que son frère a décroché un poste de traducteur à la maison Garnier, prestigieuse librairie et maison d’édition, il le rejoint à Paris. Un déclic pour lui, lors de ses rencontres avec des figures littéraires de l’époque tels Paul Fort, Oscar Wilde, il sera poète !

Tout s’enchaîne alors, il publie ses premiers poèmes en 1901 et son premier recueil deux ans plus tard: Soledades. En 1907, il retourne au pays, il est professeur de Français à Cuevas. Durant douze ans (1919-1931), il enseignera le français à Ségovie, se rapprochant de Madrid ou demeure son frère. Tous deux réalisent des pièces de théâtre à succès, il entretient une liaison amoureuse avec une femme mariée, qu’il nomme Guioma dans ses poèmes.

Le choix de la république

En juillet 1936, la guerre civile éclate, Machado est à Madrid et offre sa plume au Parti Républicain. En revanche son frère bien aimé vivant en zone nationaliste, soutien le camp franquiste. Il publie un poème sur l’exécution du poète dramaturge Fédérico Garcia Lorca (assassiné par les nationalistes en 1936). Menacé, il est évacué avec sa mère Ana Ruiz et deux de ses frères (José et Joaquim) à Valencia puis à Barcelone. La chute de la seconde République espagnole contraint la famille
à fuir vers la France.

Ils arrivent à Collioure en février 1939 et s’installent dans la chambre d’un petit hôtel (Bougnol-Quintana), il fait un froid à pierre fendre, à sa santé déjà fragilisée s’ajoute le terrible choc de l’exil. Une pneumonie va l’emporter en quelques jours le 22 février, sa mère décédera trois jours plus tard dans la même chambre.

Chaque année, la Fondation Machado de Collioure organise une journée d’hommage au poète dis-paru, en réunissant dans l’émotion des représentants institutionnels, des historiens, des artistes et des sympathisants des deux côtés de la frontière.

Véronique Parayre (L’Indépendant, le 25 octobre 2026)