La CGT dénonce « un manque de moyens en matière d’action sociale »

Selon la CGT 66, « les missions sociales gérées par le Département sont en crise, liées à des choix budgétaires qui réduisent les dépenses courantes ». Des revendications réitérées ce 16 décembre à l’occasion de la journée portes ouvertes de la Maison sociale de proximité.

Matthieu Escudé, l’un des responsables du syndicat CGT du conseil départemental, enfonce le clou : « Si nous sommes présents aujourd’hui (mardi 16 décembre), face à l’entrée de la MSP Perpignan Sud qui organise sa journée portes ouvertes, c’est pour rappeler, dans notre département, le manque criant de moyens matériels, humains -seulement 50 agents exercent en PMI (Protection Maternelle et Infantile) alors qu’ils sont 110 chez nos voisins audois-, et financiers. Alors que le conseil departemental médiatise ses choix en matière d’action sociale, les professionnels qui sont eux en première ligne, font un constat bien différent ».

Et d’entrer dans le vif du sujet : « Nous dénonçons des choix budgétaires anciens et revendiqués, qui ne sont plus d’actualité et qui réduisent sans cesse les dépenses courantes ». Arguant, « dans les P.-O., 6e département le plus pauvre de France, les besoins sont nombreux. Et ce sont les usagers du service social qui subissent les conséquences de ces choix ». Toujours selon le porte-parole ce mardi de la CGT 66, PMI, Protection de l’Enfance, accompagnement des personnes âgées dépendantes, familles en situation de précarité, personnes en insertion socioprofessionnelle, « toutes ces missions sont à ce jour en crise ».

Prenant la balle au bond, une autre syndicaliste témoigne « dans le département, 235 assistants familiaux prennent en charge près de 600 enfants, souvent placés après des situations de maltraitance. C’est une belle mission et un engagement total, mais c’est aussi un métier de chaque instant et pour lequel il faut assurer financièrement les besoins de ces enfants. La raison pour laquelle les assistants familiaux demandent au Département la revalorisation à 20 euros par enfant de l’indemnité journalière aujourd’hui fixée à 15 euros ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 17 décembre 2025)

« Le Département poursuit son action »

Approché à son tour par l’indépendant, voici la réponse du Département aux revendications de la CGT 66: « La Protection Maternelle et Infantile constitue un service public essentiel pour les familles. Les professionnels médico-sociaux y accompagnent en priorité les publics les plus fragiles, même si ce service reste ouvert à tous. Chaque jour, nos équipes aident les jeunes parents et veillent à la santé comme au bien-être des enfants, et ce, de la grossesse jusqu’aux premières années de vie. Mais l’augmentation de la précarité a accentué les difficultés rencontrées par les professionnels de la PMI dans leurs missions d’accompagnement. C’est pourquoi, dans un contexte national marqué par la hausse de la pauvreté et la dégradation de plusieurs indicateurs sanitaires, le Département poursuit son action en matière de prévention. Nous soutenons pleinement nos équipes de terrain et œuvrons pour développer l’accès aux soins, aux conseils et à l’accompagnement pour toutes et tous, malgré des baisses significatives de budgets alloués par l’État ».

Les familles d’accueil des Pyrénées-Orientales dénoncent un manque de moyens qui pèse sur la prise en charge des enfants (Ici Roussillon)

Le 20 novembre, c’est la journée mondiale pour les droits de l’enfant. Dans les Pyrénées-Orientales, les assistants familiaux, ceux et celles qui accueillent les enfants placés, sont en colère. Céline Villagrasa, déléguée CGT et assistante familiale, réclame de meilleures conditions de travail.

C’est une colère qui gronde depuis deux ans chez les assistants familiaux des Pyrénées-Orientales. Ces familles qui accueillent des enfants placés, aux parcours de
Céline Villagrasa en accueille trois dans son domicile de Vernet-les-Bains. Elle est déléguée CGT pour les assistants familiaux du département. La semaine dernière, elle a rencontré Hermeline Malherbe, la présidente du Conseil départemental. Et le rendez-vous ne s’est pas très bien passé selon elle : « Sur la table des négociations, on ‘na pratiquement rien obtenu. Nous, ce qu’on demande, c’est l’augmentation de l’indemnité journalière – elle est actuellement de 15 euros par enfant par jour – au niveau de la moyenne nationale qui est de 20 euros par enfant et par jour. »

La présidente du Département s’est défendue en assurant que le désengagement de l’État contraignait la collectivité à des économies. « Nous avons conscience que l’État se désengage financièrement. Le problème, c’est qu’à un moment donné les élus ont une responsabilité politique, ça ne peut pas retomber sur les enfants » pour Céline Villagrasa.

Les assistants familiaux demandent aussi un week-end par mois de congés, durant lequel les enfants pourraient être accueillis dans des familles-relais.

Alice Fabre (Ici Roussillon, le 20 novembre 2025)

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« 115 ruptures de contrat, c’est du jamais vu » : l’Unapei pointée du doigt (L’Indep)

La CGT 66 et la CGT Unapei dénoncent l’attitude de la direction de l’Unapei vis-a-vis de ses salariés suite à une multiplication de ruptures de contrat.

« Non-respect des salariés, non-respect de l’autorité du tribunal judiciaire, discrimination »… La CGT 66 pointe du doigt « les agissements de l’association Unapei, connue pour accompagner les personnes en situation de handicap intellectuel et leurs familles », ce mercredi 12 novembre à Perpignan.

Nathalie Guichet, en charge de l’union départementale 66 dans le domaine juridique, a rappelé que « le syndicat a été sollicité par rapport à un certain nombre de problématiques qui se posent dans cette entreprise déjà depuis plusieurs années ».

115 ruptures de contrats en 2024

Pour appuyer ces propos, elle a dressé le bilan de l’année 2024 : « Un total ahurissant de 115 ruptures de contrats de travail : 41 démissions, 15 licenciements dont 10 inaptitudes, 26 ruptures conventionnelles et 33 ruptures en période d’essai ». Pour la CGT, ces chiffres traduisent une dégradation globale du climat social : « Les salariés évoquent une charge de travail trop importante, le sentiment d’être maltraitant par manque de moyens, la perte de sens, l’isolement et le manque de respect ». Toujours selon l’organisation, « ces éléments révèlent que les salariés sont exposés à la souffrance au travail et aux risques psychosociaux ».

Par ailleurs, l’Unapei aurait porté plainte contre un médecin du travail qui avait déclaré deux salariés (tous deux militants CGT) inaptes à leur poste.

« C’est du jamais vu », dénonce la représentante syndicale. La justice aurait finalement donné tort à l’Unapei, le conseil des prud’hommes aurait rejeté sa demande. Mais la CGT dénonce une forme de discrimination. « Est-ce un hasard si ces deux salariés sont des militants CGT bien identifiés ? »

L’Unapei 66 gère huit établissements médico-sociaux dans les Pyrénées-Orientales. Contactée par l’Indépendant, l’Unapei 66 a indiqué ne pas souhaiter s exprimer pour le moment.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 14 novembre 2025)

Des familles d’accueil « à bout de souffle » mobilisées (L’Indep)

Environ 70 personnes ont participé au rassemblement organisé ce mardi matin devant l’hôtel du Département, quai Sadi-Carnot, à Perpignan. Après s’être mobilisés au printemps dernier, les assistants familiaux des Pyrénées-Orientales (familles d’accueil) ont remis le couvert. Avec, en prime, un lâcher de ballons blancs sous les fenêtres du conseil départemental, qui les emploie.

« Lors des précédentes manifestations, on nous avait laisses entrevoir une porte entrouverte, mais on nous l’a refermée cet été via un courrier nous disant que le budget de la collectivité ne permettait pas d’accéder à nos demandes », explique Cécile, assistante familiale et élue CGT.

Les revendications restent donc les mêmes qu’au printemps dernier. À savoir : le passage de 15 à 20 euros de l’indemnité journalière que le Département verse pour subvenir aux besoins des enfants placés (repas, fournitures scolaires, soins, loisirs…) et l’octroi d’un jour de repos par mois.

« Avec l’indemnité journalière actuelle, à partir du 20 ou du 25 du mois, on doit prendre sur notre salaire pour s’occuper des enfants », souligne Cécile. « Quant au jour de repos par mois, pour l’heure, nous n’avons ni week-ends, ni jours fériés. Nous sommes à bout de souffle. L’idée serait de s’organiser pour que les enfants puissent aller chez une collègue un week-end par mois, ce qui permettrait aussi de développer un lien d’attachement dans un autre foyer que le nôtre. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 novembre 2025)

Face à « l’urgence sociale et sanitaire », la CGT demande plus de moyens (L’Indep)

Le syndicat alerte sur le manque de moyens chronique dont souffre le secteur de la santé et de l’action sociale.

« Dans le département, il manque 1 000 emplois dans la santé, le social et le médico-social », déplore Christophe Meynard, secrétaire adjoint de l’union syndicale départementale. Face aux difficultés du secteur, la fédération syndicale a mené une action ce jeudi 9 octobre devant la délégation territoriale de l’Agence régionale de santé à Perpignan.

Les militants dénoncent une « urgence sociale et sanitaire » marquée par un manque chronique de moyens humains et matériels, des fermetures de lits et des suppressions d’effectifs, une dégradation des conditions de travail, des difficultés d’accès aux soins et aux accompagnements sociaux, ainsi que des salaires insuffisants.

« À l’hôpital de Prades, nous sommes 1 infirmière pour 40 patients et nous faisons des gardes de 12 heures », pointe Véronique Pradeilles, militante. Pascal Mathieu, représentant à l’hôpital de Thuir, enchaine : « 11 manque 14 équivalents temps plein de psychiatres dans la région ». « À Perpignan, il n’y a même plus que 3 pédopsychiatres sur 6 et des départs en retraite sont prévus prochainement », s’inquiète un cadre de santé.

Un soignant pour 13 résidents en Ehpad

Les Hépad sont particulièrement en souffrance. « On devrait être un soignant pour 3 résidents et on est 1 pour 13 », relève Christophe Meynard. « Et la moitié des 18 établissements publics des Pyrénées-Orientales sont financièrement dans le rouge. »

Pour Jean-François Marty, secrétaire à l’Acal (Association catalane d’aide aux libérés), l’action sociale rencontre les mêmes problématiques : « on travaille en mode dégradé, nous avons perdu une dizaine de ressources sur 200 depuis un an. »

« C’est pourquoi », conclut-il, « nous demandons pour le secteur de la santé et de l’action sociale, des moyens humains et financiers et une reconnaissance de la pénibilité de nos métiers épuisants psychologiquement. »

Nicolas Monnet (L’Indépendant, le 9 octobre 2025)