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40 emplois menacés au terminal ferroviaire de Cerbère (L’Indep)
Le groupe DB Cargo Iberia, dont dépend le site ferroviaire de Cerbère dédié au changement d’essieux nécessaire pour permettre aux trains de fret français de circuler côté espagnol, a annoncé la fermeture de l’atelier au 31 décembre 2026. Un plan social avec 40 suppressions de postes à la clé est en cours de négociation.
Ce n’est pas à proprement parler une surprise. Avec le report d’une partie du transport de marchandises vers la ligne TGV entre Perpignan et Barcelone, le terminal de Cerbère connait depuis un certain nombre d’années une inquiétante baisse de trafic. Cette diminution impacte directement l’activité des 40 salariés qui changent les essieux des trains de fret traversant la frontière en raison de la différence d’espacement des rails sur le réseau espagnol.
Selon les représentants des salariés, le groupe dont dépend l’entreprise gestionnaire de cet atelier, DB Cargo Iberia, a annoncé ses intentions depuis plusieurs mois. « La direction du groupe a décidé des décembre 2025 de fermer le site », assure Antoine Calero, le secrétaire du syndicat FO de la société DB Cargo Iberia Axie Change, qui regroupe les chantiers de Cerbère et d’Hendaye.
En cet été 2026, le processus a franchi une étape décisive. « Nous sommes en train de négocier un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). S’il n’y a pas de repreneurs, le site fermera au 31 décembre », résume Sébastien Auzou, du syndicat CFTC.
Une « grève du zèle » stratégique
La quarantaine d’emplois que recense l’atelier est menacée. « Il n’y a rien dans le PSE de la direction », dénonce Antoine Calero. « En l’état, on partirait avec une main devant et une main derrière. »
Du coup, les salariés ont décidé de faire monter la pression. En entamant une « grève du zèle » destinée à ralentir le trafic alors que le site de Cerbère doit actuellement absorber les rames de marchandises qui passent généralement par l’atelier d’Hendaye, en travaux ce mois-ci.
Petite lueur d’espoir : selon le maire de Cerbère, Christian Grau, « il y aurait deux entreprises intéressées par une reprise du site, mais on ne connait ni leurs noms, ni leurs projets ». S’il confirme que deux entreprises auraient manifesté leur intérêt, Antoine Calero précise qu’à ce jour, aucun repreneur ne s’est concrètement positionné : « Et s’il y en avait un, il ne ferait pas forcément le même métier que nous et ne serait pas obligé de reprendre le personnel. »
Les négociations autour du PSE devraient se poursuivre jusqu’au 15 septembre prochain.
Arnaud (L’Indépendant, le 20 août 2026)
Christian Grau : « Nous essayons d’alerter les pouvoirs publics depuis 2020 »
Pour le maire de Cerbère, Christian Grau, à l’heure où la décarbonation de l’économie est présentée comme une priorité, la fermeture du site tiendrait du paradoxe. « Si les rames qui passaient jusqu’ici par Cerbère ne peuvent passer ni par la ligne TGV (Perpignan-Barcelone, NDLR) qui arrive à saturation, ni par Hendaye, les marchandises devront être transportées par des camions, prédit-il. On ne peut pas faire passer le fret uniquement par la ligne TGV, qui doit aussi être entretenue la nuit. On va vers une solution routière alors qu’on a un site et un savoir-faire. »
Christian Grau rappelle également que le combat pour le maintien de l’atelier ne date pas d’hier : « Cela fait depuis début 2020 que nous essayons d’alerter les pouvoirs publics. Le directeur du site a fait toute une série de propositions pour qu’on lui adresse de l’activité, mais aucune n’a été retenue. L’outil de travail risque d’être démantelé, alors que ces infrastructures pourraient être également utilisées pour certaines opérations de maintenance ferroviaire. »
De son côté, le secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Cerbère, David Cerdan, pointe également du doigt « des choix politiques qui favorisent depuis des années le routier ». Tout en mettant également en cause les conséquences de l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire.
L’Indépendant, le 20 août 2026

