Conflent-Canigó : Aude Vivès, première femme présidente (L’Indep)

Aude Vivès, maire de Prades et vice-présidente du département, a été élue sans véritable surprise à la tête de la communauté de communes Conflent Canigó.

Ce samedi 11 avril se tenait la première réunion des conseillers de la communauté de communes Conflent Canigó à Vinça. Soixante-douze élus étaient appelés à désigner le président et les vice-présidents de leur assemblée. Le doyen de ce conseil communautaire, Claude Escape (maire de Fillols), ouvrait la séance. Ceci après que Jean-Louis Jallat, le précédent président, a passé la main. Venaient alors l’installation du conseil puis l’élection de la présidence. Tandis qu’Aude Vivès avait déjà annoncé publiquement sa candidature, un autre postulant se déclarait en la personne de Christian Triado (maire de Mosset). Un postulant qui envisageait, entre autres, de ne plus verser d’indemnités au président et autres vice-présidents (économies estimées 150 K€). Une annonce fracassante qui n’aura pas suffi. Aude Vivès était élue avec 50 voix, contre 20 au premier édile de Mosset et 2 votes blancs.

De quinze à six vice-présidents

L’affaire était entendue, tout comme celle concernant le nombre et l’élection des vice-présidents. Ils seront désormais 6 (contre 15 sous la précédente mandature), tous désignés par avance (par Aude Vivès et ses soutiens) et élus un à un à une grande majorité par l’assemblée du jour. Pierre Serra, maire de Vernet-les-Bains, devient donc premier vice-président en charge de la mutualisation des moyens et des services à la personne. Patrick Marcel, maire de Clara-Villerach, devient vice-président en charge de l’enfance-jeunesse. Mathieu Maury, maire de Mantet, est l’élu communautaire en charge du développement économique et de l’agriculture. Gérald Barjavel, maire de Catllar, s’occupera de l’urbanisme, de l’environnement et de la transition économique. Geoffrey Payré, maire de Los Masos, prend les finances et la commande publique. Et enfin Johanna Messager, maire de Conat, sera la vice-présidente (la seule femme) en charge des déchets et des ordures ménagères.

Une tribune publiée ce vendredi 10 avril dans Libération appelait « les femmes élues à se présenter, à briguer les présidences d’intercommunalités, à revendiquer les vice-présidences stratégiques, à refuser de se mettre en retrait pour préserver des équilibres qui se font presque toujours à leurs dépens. » Message reçu 10 sur 10 en Conflent.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 12 avril 2026)

Conflent-Canigó. Du nouveau à la présidence de la communauté de communes (L’Indep)

Les élus communautaires sont convoqués samedi 11 avril à 9h30 pour une première session post-municipales. L’occasion d’élire un nouveau président, de nouveaux vice-présidents, ainsi que les autres membres du bureau.

Le conseil communautaire se déroulera au complexe sportif du Canigou de Vinça. La séance sera ouverte par le président sortant, Jean-Louis Jallat, qui donnera lecture de la liste des membres du conseil communautaire, élus à l’issue des élections municipales 2026. Il déclarera alors les membres du conseil communautaire, installés dans leurs fonctions. Le doyen d’âge de l’assemblée prendra ensuite la présidence de la séance. Il procédera à l’appel nominal des membres présents et, après avoir constaté que le quorum est atteint, invitera le conseil à procéder à l’élection de la présidence. Qui va se présenter à cette place hautement stratégique ?

Une seule candidature pour la présidence ?

Le maire de Prades avait, jusqu’à aujourd’hui, toujours été élu. Seul le maire d’Olette avait fait exception lors du dernier mandat. Il avait remplacé le maire de Prades, Jean Castex, qui avait cédé sa place. Les élections municipales ont rebattu les cartes en Conflent. Vernet-les-Bains, Catllar, Los Masos, Eus […] de nouveaux maires en place auront indéniablement un rôle à jouer. Jean-Louis Jallat a annoncé ne pas se représenter. Aude Vivès, nouvelle première édile de Prades, est pour l’instant la seule à s’être publiquement positionnée pour briguer la présidence.

Elle avait d’ailleurs invité (presque) tous les élus de la communauté de communes, mardi soir, pour partager son ambition communautaire. Quid de l’opposition pradéenne ? Julien Audier-Soria confirme pour ceux qui auraient des doutes : « Je ne suis pas candidat. Nous soutiendrons des élus disponibles et qui gouvernent au bénéfice de tous les membres de la communauté ».

Rappelons à toutes fins utiles que l’Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) conflentois dispose de nombreuses compétences, du service à la population et aux communes à l’enfance-jeunesse, en passant par le développement économique et agricole, le volet tourisme, culture et patrimoine, l’urbanisme, la gestion et valorisation des déchets… De gros projets communautaires engagés par la précédente mandature sont également en cours. La réfection de la Maison Félip (Prades) est de ceux-là avec plus de 5 millions d’euros de budget. Des projets comme l’école de Vinça (8 millions) ou encore la piscine couverte de Prades (8,5 millions) seront-ils ressortis des cartons ?

Philippe Comas (L’Indépendant, le 9 avril 2026)

Prades. La ville ouvre une nouvelle page avec Aude Vives, première femme maire (L’Indep)

Ce samedi 28 mars, le nouveau conseil municipal de Prades a été officiellement installé dans une salle bondée, témoignant de l’intérêt des habitants pour ce moment fort de la vie démocratique locale.

À l’issue du vote, Aude Vivès a été élue maire de Prades avec 22 voix contre 7. Lors du scrutin pour son investiture, Julien Audier-Soria et son équipe ont voté blanc, tout comme lors de l’élection des sept adjoints.

Prenant la parole au nom du groupe minoritaire, Julien Audier Soria a tenu à préciser la ligne qu’il entend défendre au sein de l’assemblée. Il a déclaré que « notre responsabilité en tant que groupe minoritaire ne sera ni celle de l’obstruction stérile, ni celle de l’assentiment complaisant, mais celle de la vigilance et de l’exigence constante ».

De son côté, Aude Vivès a affirmé sa volonté d’exercer ses fonctions au service de tous les Pradéens et de toutes les Pradéennes, sans distinction.

Avec cette élection, elle devient la première femme maire de Prades, un fait inédit dans l’histoire de la commune. « C’est un honneur, un symbole et une fierté. Une reconnaissance de nos valeurs républicaines », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Nous avons déjoué les statistiques et les certitudes ».

Moment hautement symbolique de cette installation, l’ancien maire, Yves Delcor, a remis les clés de la ville à Aude Vivés, marquant officiellement la transmission du pouvoir municipal. Un geste qui vient aussi souligner un changement de cap politique.

La nouvelle maire a d’ores et déjà annoncé plusieurs priorités : rassurer la population, réinvestir le centre-ville et les quartiers, et remettre au cœur des politiques publiques l’amélioration concrète du quotidien des habitants.

Dans une atmosphère à la fois solennelle et attentive, cette séance d’installation a ainsi acté l’ouverture d’un nouveau chapitre pour Prades.

Emy Prieur (L’Indépendant, le 29 mars 2026)

Prades. Aude Vives, « montrer aux 48 % que les 52 % ont fait le bon choix » (L’Indep)

Aude Vives a réussi son pari. Celui de devenir la première femme maire de Prades. Avec 52 % des voix. Les élections, le programme à venir {…} L’indépendant est allé à sa rencontre.

Aude Vivés, vous étiez élue dans l’opposition depuis 2020, comment s’est construite la campagne pour les élections municipales ?

L’idée était de former une équipe, de travailler collectivement. Je voulais voir quelles étaient les forces et les énergies en présence. J’ai commencé à consulter certaines personnes et à constituer une équipe, comme un puzzle de Prades. Je souhaitais une équipe complémentaire, avec des origines et des profils différents, avoir une diversité qui ressemble à Prades.

Quelle méthode avez-vous mise en place pour réussir cette campagne ?

L’important était de remettre du lien entre les candidats et la population. Nous avons organisé des rencontres de quartier afin de remonter des besoins, de recouper nos constats avec ceux des habitants. Nous sommes allés au contact des Pradéens, nous avons renoué avec les délégués de quartier ; cela a été instructif. Je pense que c’est ce qui a permis d’enclencher une dynamique.

Ce n’était pas gagné d’avance…

C’est vrai mais c’est un travail de fond qui s’est effectué tout au long des 6 années où j ai été conseillère municipale. On est parti à 75 % contre 25% (NDLR, le score des dernières élections). Puis, petit à petit, les courbes se sont rapprochées pour arriver à 46-43 au soir du premier tour. Au fur et à mesure, les gens se sont dit « c’est possible ». Le report d’une partie de la liste du Printemps de Prades et l’ajout du vote d’abstentionnistes au premier tour ont fait le reste. Mais c’est aussi pour ça que j’y suis allée, il y avait une possibilité.

Maintenant c’est fait, vous êtes élue. Quelle est la première mesure concrète que vous et votre équipe allez mettre en place ?

Nous voulons rapidement faire baisser les factures des Pradéens en allant sur des achats groupés. Nous allons proposer des achats mutualisés pour les abonnements téléphoniques, l’électricité ou encore le fioul, à tous les habitants. C’est une idée que nous souhaitons également développer au niveau de la communauté de communes. Ensuite, il faut que l’on mette à plat les finances de la commune. Ceci afin de voir quelle est notre marge de manœuvre par rapport aux projets.

Vous évoquez la communauté de communes Conflent-Canigo, allez-vous briguer la présidence de cette assemblée ?

Oui, je pense qu’il y a un nouveau souffle qui va dans le sens de la progression, un alignement des planètes pour mettre en place un projet de territoire. Il est temps d’utiliser l’outil communauté de communes afin de mutualiser les leviers de développement. Les petites communes ne se retrouveront pas seules. Il faut qu’elles comprennent que la communauté de communes est à leur service. Pareil pour les habitants, il faut communiquer pour qu’ils comprennent à quoi ça sert. Il n’y aura pas 15 vice-présidents et les autres qui écoutent la messe. Maires, délégués, conseillers municipaux, il faut additionner les compétences.

Aude Vives, vous êtes aussi élue au Département, comment cela va-t-il se passer et quid des élections départementales dans deux ans ?

Le volet départemental apporte une complémentarité des compétences. Dans tous les cas, je ne suis pas seule, il y a une équipe technique et des élus. Pour ce qui est dans deux ans, on verra. S’il faut faire des choix, je les ferai.

On ne peut pas éluder le fait que vous êtes la première femme maire de la sous-préfecture.

C’est une fierté, un exemple pour tous. Je suis contente de montrer aux petites et jeunes filles qu’une femme peut faire le travail. L’important c’est que la moitié de l’humanité soit représentée.

Un dernier mot ?

Maintenant que la campagne est terminée je voudrais dire que je serai le maire de tous les Pradéens. Que personne n’hésite à nous solliciter, à prendre rendez-vous. Chacun peut trouver sa place. L’objectif est simplement d’améliorer le quotidien des Pradéens. Et comme le disait Antonio Machado, « le chemin se fait en marchant. » Le but est de montrer aux 48 % que les 52 % ont fait le bon choix.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 28 mars 2026)

L’installation du conseil municipal se déroulera ce samedi 28 mars à la salle du Foirail (11h)

Prades. Avec 123 voix d’écart, Aude Vivés remporte une victoire historique (L’Indep)

À Prades, la liste d’Aude Vivès l’emporte finalement avec 51,98 % des votes. La vice-présidente du conseil départemental obtient 123 voix de plus que son adversaire du jour, Julien Audier-Soria.

Après trois scrutins remportés par Jean Castex, les habitants de la sous-préfecture ont choisi le changement. La liste « divers gauche » emmené par Aude Vivès gagne cette élection municipale 2026. A la fermeture des cinq bureaux de vote, la tension était palpable dans la salle du Foirail, épicentre de la soirée électorale. Toutes les personnes présentes savaient que le scrutin allait être serré, mais en faveur de qui ? Après la fermeture des bureaux, les premières tendances se dessinaient. La victoire dans un premier bureau, la quasi-égalité dans l’autre… Puis la rumeur s’amplifiait. Quelques sourires commençaient à se dessiner, tandis que d’autres s’effaçaient, avant la délivrance.

Le maire, Yves Delcor, annonçait les résultats définitifs, « pour Prades, ensemble, demain Julien Audier-Soria, 1 491 voix. Pour Mme Aude Vivès pour les Pradéens, 1 614 voix… » Les vivats ne se faisaient pas attendre. La candidate pouvait exulter. « C’est un magnifique moment. Je voudrais remercier les électeurs et électrices. Ceux qui nous ont fait confiance depuis le début et ceux qui nous ont rejoints, notamment les électeurs de la liste du Printemps de Prades Je voudrais également remercier mon équipe. On l’a fait ! On a fait une super campagne. » Et l’avocate de souligner les répercussions de cette élection sur tout le Confient, « C’est peut-être ici que tout commence. L’espoir est là comme la volonté de changement, on ne vous décevra pas.

Les électeurs de David Berrué pour Aude Vives

Six ans après une défaite amère, la quadragénaire, qui avait décidé cette fois de ne pas S’allier aux écologistes, l’emporte. Même la fusion avortée avec la liste de David Berrué, le candidat Écologistes LFI arrivé troisième au premier tour, n’aura pas enrayé la dynamique. Ce dernier avouait même : « Finalement, elle n’a pas eu besoin de nous, » Une affirmation pas totalement vérifiée puisqu’en allant un peu plus loin dans l’analyse, on s’aperçoit de deux choses. Il y a eu 196 votants supplémentaires entre le premier et le second tour dans la sous-préfecture. La candidate victorieuse a obtenu 360 votes en plus, pendant que son concurrent obtenait 136 voix supplémentaires. On peut donc logiquement penser que les 300 voix obtenues par David Berrué au premier tour se sont quasiment toutes reportées sur la liste d’Aude Vivés.

Avec cette victoire, c’est toute la gauche locale qui a le sourire. Michel Garcia, maire de Matemale et conseiller départemental avait fait le déplacement, « On a transformé l’essai. C’est un grand pas pour elle. Aude a fait du chemin, c’est un nouvel horizon qui s’ouvre pour elle et le Conflent.»

De son côté Julien Audier Soria se voulait philosophe : « C’était une première élection comme tête de liste pour moi. J’ai vécu une aventure incroyable pendant cette campagne complexe et passionnante. Je remercie les 1 491 électeurs qui ont voté pour moi. Je serai un conseiller municipal attentif au bon avancement des dossiers. » Aude Vivès va reprendre le flambeau de Jean-François Denis, dernier maire de gauche (2001-2008). La vice-présidente du Département a gagné son pari. Reste maintenant à définir la constitution du conseil communautaire. Là encore, de gros changements sont à prévoir.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 23 mars 2026)

2ème tour des municipales 2026. Prades : Il n’y aura que deux listes présentes lors du second tour à Prades (L’Indep)

C’est donc officiel, les listes de David Berrué et d’Aude Vives ne fusionneront pas. Cependant le candidat du « Printemps de Prades » annonce se retirer du scrutin qui se déroulera dimanche 22 mars.

Julien Audier Soria ou Aude Vives, les Pradéens devront donc choisir entre les deux listes restantes. Le duel droite-gauche tant attendu aura bien lieu. Après une réunion stérile, lundi soir, les équipes du « Printemps de Prades » et de « Aude Vivès pour les Pradéens » se sont quittées sans pouvoir réaliser de fusion.

Une triangulaire était un temps attendue, mais un communiqué a changé la donne. « 10,31 % (300 voix), avec le score réalisé au premier tour de cette élection municipale, nous pensions possible, et souhaitable, pour l’emporter dimanche, une réunion de nos forces avec celles d’Aude Vives », explique David Berrué. « Cette intention, cette stratégie, cette façon de s’appliquer à soi-même le principe démocratique (3 élus sur 22, à la proportionnelle), n’étaient ni partagées ni même envisagées par nos interlocuteurs. Il n’y aura pas de liste commune de la gauche pour laquelle voter le 22 mars prochain. Nous espérons que cela ne compromette pas l’alternance que nous sommes nombreuses et nombreux à penser à portée de main depuis dimanche dernier. Nous entendons l’appel des nombreuses personnes sympathisantes qui nous demandent de nous retirer: Passée l’amertume du moment, en cohérence avec notre fonctionnement basé, depuis le début, sur notre collectif, nous choisissons de ne pas maintenir notre candidature ».

Une annonce qui ne semble pas étonner Julien Audier-Soria. « Nous nous y attendions, mais nous ne sommes pas inquiets. Je suis encore plus déterminé que le premier jour: Les Pradéennes et Pradéens méritent une équipe capable de porter un dialogue constructif. Les deux autres listes ont montré qu’elles n’étaient pas du tout dans cette dynamique ».

Philippe Comas (L’Indépendant, le 18 mars 2026)

Contactée, Aude Vivés n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

1er tour des municipales 2026. Prades : Prades : Le vote pradéen, bureau par bureau (L’Indep)

3 à 2, voici le score de ce premier tour en faveur de Julien Audier-Soria lorsqu’on comptabilise les voix par bureau.

La salle du Pessebre, l’hôtel de ville et la salle Lousa pour l’un. Les salles du Foirail et Gelcen pour l’autre. À quelque chose près l’est de la ville contre l’ouest. On peut noter qu’une grosse différence se fait entre les deux principaux candidats au niveau du bureau de vote installé à la salle Lousa. Aude Vivès récolte 135 voix de moins que son adversaire du jour, sur 540 votes exprimés.

Les électeurs habitant sur la rive gauche de la Têt (côté lycée) ont-ils apprécié les efforts faits par la précédente municipalité pour les rapprocher du centre (passerelle sur la Têt) ? Quand on sait que 101 voix seulement (au total) départagent les deux principales listes…

L’ouest à gauche et l’est à droite ?

Notons enfin que les bureaux du Foirail et de Gelcen, ceux « remportés » par Aude Vivès, sont aussi ceux où la liste LFI-Écologistes a fait ses meilleurs scores. David Berrué y a obtenu 160 bulletins en sa faveur. Une réserve de voix qui pourrait s’avérer décisive en cas d’union des listes. Encore faudra-t-il que les électeurs comprennent et acceptent cette toujours hypothétique fusion. Des négociations entre Aude Vivès et David Berrué ont-elles commencé ? Dans leurs réactions « à chaud » (dimanche soir après les résultats) le candidat ayant obtenu le moins de voix l’espérait, Aude Vivès n’était pas contre. Les deux listes auront en tout cas jusqu’au mardi 17 mars à 18h pour se décider. En cas de fusion de listes, l’alternance entre une femme et un homme doit toujours être respectée. Additionner ses forces pour espérer pouvoir l’emporter. Mobiliser les abstentionnistes. La folle semaine des candidats a déjà commencé.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 17 mars 2026)

1er tour des municipales 2026. Prades : Soria-Vives, un duel serré au 2nd tour (L’Indep)

Julien Audier-Soria et Aude Vives se dirigent vers un deuxième tour qui promet de garder les électeurs pradéens en haleine. La liste « Prades : ensemble demain ! » récolte 46,58 % des suffrages exprimés pendant que « Aude Vivès pour les Pradéens » obtient 43,11 % des votes. L’équipe du « Printemps de Prades », emmenée par David Berrué, réunit pour sa part 10,31 % des voix et peut se maintenir.

Et c’est parti pour un second tour à Prades. La campagne menée par les trois candidats aura en tout cas mobilisé les électeurs puisque 63,45 % des personnes inscrites sur les listes électorales de la sous-préfecture conflentoise se sont exprimées (contre 52,05 % en 2020). Les deux avocats, Julien Audier-Soria et Aude Vivès, ont une semaine pour faire pencher la balance en leur faveur. « C’est une défaite pour la droite, mais la gauche n’a pas encore gagné », pour David Berrué. Le troisième candidat peut éventuellement se maintenir et compte bien être acteur du vote qui se déroulera dimanche prochain. « Nous appelons, comme depuis le début, à la réunion des dynamiques. Il y a un enjeu historique pour en finir avec une période « Castex » qui a duré 20 ans ».

David Berrué et les abstentionnistes en arbitre ?

Des discussions vont très certainement s’engager avec l’équipe d’Aude Vivès. La vice-présidente du Département se dit « très satisfaite des résultats du premier tour. Il y a eu une forte mobilisation qui montre que les gens ont envie de changement ». Concernant la possible fusion, « il faut qu’on en discute avec mon équipe. Je ne suis pas contre, mais je ne veux pas m’enfermer dans quelque chose de binaire ». Julien Audier-Soria, son adversaire du second tour, est lui aussi « satisfait du résultat. Une grosse semaine de travail nous attend ».

Julien Audier-Soria, le candidat parrainé par Jean Castex espère « mobiliser les abstentionnistes ». Un réservoir de 1 740 électeurs (36,55 %) qui pourrait en effet jouer un rôle déterminant pour le résultat final. À propos d’une éventuelle fusion de la liste de David Berrué avec celle d’Aude Vivès, le candidat arrivé en tête de ce premier scrutin précise : « Je m’étonne qu’elle soit réceptive à cet appel. Aude Vivès avait annoncé dans les médias que son équipe était constituée et que ce serait la même au second tour. II serait pour le moins aberrant que cet engagement ne soit pas tenu ».

En 2020, la liste de Jean Castex l’avait largement emporté au premier tour avec plus de 75 % des voix exprimées. L’ancien Premier ministre, élu pour la troisième fois d’affilée, avait rapidement laissé sa place de maire au premier adjoint Yves Delcor.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 16 mars 2026)

Municipales 2026. Prades : Le centre-ville au cœur du débat (L’Indep)

Aude Vives, David Berrué et Julien Audier-Soria ont répondu favorablement a l’invitation et se sont retrouvés ce mercredi à 18h, dans les locaux de L’indépendant. Également invité, Gabriel Manas n’a, pour sa part, pas souhaité participer à cette séquence démocratique.

Sécurité, environnement, jeunesse, différents thèmes ont été abordés. L’attractivité du centre-ville est l’un des sujets que les candidats ont particulièrement développés. Pour David Berrué : « On voit que les Pradéens ont plein d’idées, nous devons en tenir compte. Il faut faire du centre-ville un lieu de rencontre, végétaliser des lieux et des bâtiments, créer des aires de jeu pour les enfants. Il faut aussi travailler le cheminement pour que tous les habitants se sentent en sécurité, donner plus de place aux circulations douces et pouvoir se déplacer à vélo à Prades. Le centre-ville a aussi besoin que l’on réhabilite des logements et que la municipalité propose plus d’animations. C’est comme ça que l’on fera revenir les gens et que les commerces reviendront. Il faut faire de la Maison Félip un endroit avec de l’effervescence, un point de support de la vitalité associative.. Nous devons remettre de l’humain et le reste viendra. »

Selon Aude Vivès, « il faut réinvestir le centre-ville physiquement. Je suis d’accord avec David Berrué, à la petite différence que la Maison Felip, il faut en faire un pôle d’attraction culturelle. Il faut soutenir l’installation de commerces, peut-être avec de la préemption sur les locaux vacants Il faudrait réussir à changer le point de vue des Pradéens. Certains ne veulent pas venir car ils ont un sentiment d’insécurité ou des difficultés à stationner : Parmi nos idées, il y a celle de s’appuyer sur un office de tourisme qui soit capable de promouvoir et de mettre en scène le centre-ville. Valoriser notre patrimoine matériel et immatérie! et évidemment la catalanité qui n’est pas suffisamment investie. » D’autres idées ont également été abordées comme : « Avoir un lieu de réunion, de convivialité. Favoriser les mobilités décarbonées ou encore avoir une navette municipale plus facile d’accès (…) »

Julien Audier Soria explique que « les problèmes de centre-ville ne se règlent pas d’un coup de cuillère magique. » Le candidat estime, comme Aude Vivès, que : « le stationnement est à réviser. D’ailleurs, le projet de parking (déjà voté) par le conseil municipal, rue Porto Rico, doit être mené à bien. Il n’y a pas de commerce sans stationnement. On doit rebâtir ce cœur de ville avec une politique concrète, il faut prévoir une urbanisation repensée. Thuir l’a fait, il y a quelques années, avec des bureaux d’études, on va initier cela. Un travail a déjà été fait autour de la Maison Félip, avec les architectes des bâtiments de France. D’une manière générale, il faut donner envie aux gens de revenir : Autre point important, la communication. Nous devons communiquer ditteremment, expliquer qu’à Prades, il y a des commerces, de la vie, de la jeunesse. On doit se réapproprier le centre-ville. »

Philippe Comas (L’Indépendant, le 26 février 2026)

Prades. Aude Vives : « Le seul constat est que Prades décline » (L’Indep)

Aude Vives, conseillère municipale et communautaire mais aussi vice-présidente du département en charge du tourisme, se lance officiellement dans la bataille. Après un premier mandat dans l’opposition, la quadragénaire espère bien faire valoir son expérience lors des élections qui se profilent les 15 et 22 mars 2026.

Aude Vives pourquoi vous présentez-vous ?

C’est tout simplement la continuité de mon engagement pour le territoire. J’ai envie de continuer à mettre mes compétences, mes connaissances et mon réseau au service de Prades. Il y a aussi un besoin de changement, c’est une demande de la part de nombreux Pradéens.

Aux précédentes élections, il y avait eu une alliance avec le candidat écologiste Nicolas Berjoan. En 2026, ce ne sera pas le cas avec David Berrué, pourquoi ?

J’ai envie de m’extraire des injonctions partisanes, de cette binarité qui enferme. C’est pour ça que notre liste « Pour les Pradéens » est sans étiquette et c’est pour ça aussi qu’il n’y a pas d’alliance avec un autre candidat. Lors des élections municipales, nous devons former une unité autour des Pradéens. Je n’ai pas envie d’attendre une réponse qui vienne de Paris ou d’où que ce soit, nous devons être maitres de nos décisions.

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

C’est clairement un mandat subi, il n’y avait pas de projet. Le seul gros projet de la mandature est la reconstruction du centre technique municipal (NDLR, en partie détruit par l’incendie en juin 2023) qui va mettre a mal les finances de la commune. Il n’ya pas de bilan ! Le seul constat est que Prades décline.

Que faire alors pour inverser la tendance selon vous ?

Il faut revitaliser Prades dans son ensemble, le centre-ville mais également les quartiers. Il faut retisser du lien social, avoir des élus continuellement sur le terrain, disponibles et à l’écoute, qui répondent aux sollicitations. D’ailleurs, nous allons commencer avec d’ores et deja huit rendez-vous donnés aux Pradéens pour parler de la ville avec eux (première rencontre le samedi 10 janvier, 15h30, au square Henri-Lapassat). Le but et d’écouter leurs besoins, leurs préoccupations et leurs propositions.

Est-ce que vous avez déjà des projets qui émergent ?

Ce qui est sûr c’est qu’une remise à plat de la fiscalité s’impose. Nous subissons une pression fiscale trop forte. Nous souhaitons trouver d’autres recettes en cherchant des dispositifs, des subventions, des appels à manifestation d’intérêt.. En tout cas, tout nouveau projet ne pourra se faire qu’en informant et en expliquant afin d’impliquer davantage les Pradéens Aujourd’hui personne n’est au courant de rien. C’est fermé, à l’image de l’hôtel de ville qui est inaccessible. C’est un symbole mais il en dit tellement long. Nous voulons appliquer des méthodes de travail différentes. Ne pas prendre des décisions entre soi mais inclure les Pradéens.

Un mot sur le thème à la mode : la sécurité ?

Il faut évidemment lutter contre ce sentiment de peur. Mais cela se fera tout naturellement en ré-investissant le centre-ville, en s’occupant de la population en errance et en faisant en sorte que chacun trouve sa place.

Si vous êtes élue, serez-vous candidate à la présidence de la communauté de communes Conflent Canigó ?

Oui ! La Communauté de communes porte des compétences extrêmement importantes comme le développement économique ou encore l’enfance jeunesse. Il est important qu’une ville comme Prades soit fédératrice et que toutes les petites communes aient leur place dans cette structure. Ceci afin de développer des projets communs bénéfiques pour l’ensemble du territoire.

Un dernier mot sur Prades ?

On a un capital énorme à faire émerger et à valoriser, pour les Pradéens.

Recueilli par Philippe Comas (L’Indépendant, le 8 janvier 2026)