Municipales 2026. Prades : Le centre-ville au cœur du débat (L’Indep)

Aude Vives, David Berrué et Julien Audier-Soria ont répondu favorablement a l’invitation et se sont retrouvés ce mercredi à 18h, dans les locaux de L’indépendant. Également invité, Gabriel Manas n’a, pour sa part, pas souhaité participer à cette séquence démocratique.

Sécurité, environnement, jeunesse, différents thèmes ont été abordés. L’attractivité du centre-ville est l’un des sujets que les candidats ont particulièrement développés. Pour David Berrué : « On voit que les Pradéens ont plein d’idées, nous devons en tenir compte. Il faut faire du centre-ville un lieu de rencontre, végétaliser des lieux et des bâtiments, créer des aires de jeu pour les enfants. Il faut aussi travailler le cheminement pour que tous les habitants se sentent en sécurité, donner plus de place aux circulations douces et pouvoir se déplacer à vélo à Prades. Le centre-ville a aussi besoin que l’on réhabilite des logements et que la municipalité propose plus d’animations. C’est comme ça que l’on fera revenir les gens et que les commerces reviendront. Il faut faire de la Maison Félip un endroit avec de l’effervescence, un point de support de la vitalité associative.. Nous devons remettre de l’humain et le reste viendra. »

Selon Aude Vivès, « il faut réinvestir le centre-ville physiquement. Je suis d’accord avec David Berrué, à la petite différence que la Maison Felip, il faut en faire un pôle d’attraction culturelle. Il faut soutenir l’installation de commerces, peut-être avec de la préemption sur les locaux vacants Il faudrait réussir à changer le point de vue des Pradéens. Certains ne veulent pas venir car ils ont un sentiment d’insécurité ou des difficultés à stationner : Parmi nos idées, il y a celle de s’appuyer sur un office de tourisme qui soit capable de promouvoir et de mettre en scène le centre-ville. Valoriser notre patrimoine matériel et immatérie! et évidemment la catalanité qui n’est pas suffisamment investie. » D’autres idées ont également été abordées comme : « Avoir un lieu de réunion, de convivialité. Favoriser les mobilités décarbonées ou encore avoir une navette municipale plus facile d’accès (…) »

Julien Audier Soria explique que « les problèmes de centre-ville ne se règlent pas d’un coup de cuillère magique. » Le candidat estime, comme Aude Vivès, que : « le stationnement est à réviser. D’ailleurs, le projet de parking (déjà voté) par le conseil municipal, rue Porto Rico, doit être mené à bien. Il n’y a pas de commerce sans stationnement. On doit rebâtir ce cœur de ville avec une politique concrète, il faut prévoir une urbanisation repensée. Thuir l’a fait, il y a quelques années, avec des bureaux d’études, on va initier cela. Un travail a déjà été fait autour de la Maison Félip, avec les architectes des bâtiments de France. D’une manière générale, il faut donner envie aux gens de revenir : Autre point important, la communication. Nous devons communiquer ditteremment, expliquer qu’à Prades, il y a des commerces, de la vie, de la jeunesse. On doit se réapproprier le centre-ville. »

Philippe Comas (L’Indépendant, le 26 février 2026)

Prades. Aude Vives : « Le seul constat est que Prades décline »

Aude Vives, conseillère municipale et communautaire mais aussi vice-présidente du département en charge du tourisme, se lance officiellement dans la bataille. Après un premier mandat dans l’opposition, la quadragénaire espère bien faire valoir son expérience lors des élections qui se profilent les 15 et 22 mars 2026.

Aude Vives pourquoi vous présentez-vous ?

C’est tout simplement la continuité de mon engagement pour le territoire. J’ai envie de continuer à mettre mes compétences, mes connaissances et mon réseau au service de Prades. Il y a aussi un besoin de changement, c’est une demande de la part de nombreux Pradéens.

Aux précédentes élections, il y avait eu une alliance avec le candidat écologiste Nicolas Berjoan. En 2026, ce ne sera pas le cas avec David Berrué, pourquoi ?

J’ai envie de m’extraire des injonctions partisanes, de cette binarité qui enferme. C’est pour ça que notre liste « Pour les Pradéens » est sans étiquette et c’est pour ça aussi qu’il n’y a pas d’alliance avec un autre candidat. Lors des élections municipales, nous devons former une unité autour des Pradéens. Je n’ai pas envie d’attendre une réponse qui vienne de Paris ou d’où que ce soit, nous devons être maitres de nos décisions.

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

C’est clairement un mandat subi, il n’y avait pas de projet. Le seul gros projet de la mandature est la reconstruction du centre technique municipal (NDLR, en partie détruit par l’incendie en juin 2023) qui va mettre a mal les finances de la commune. Il n’ya pas de bilan ! Le seul constat est que Prades décline.

Que faire alors pour inverser la tendance selon vous ?

Il faut revitaliser Prades dans son ensemble, le centre-ville mais également les quartiers. Il faut retisser du lien social, avoir des élus continuellement sur le terrain, disponibles et à l’écoute, qui répondent aux sollicitations. D’ailleurs, nous allons commencer avec d’ores et deja huit rendez-vous donnés aux Pradéens pour parler de la ville avec eux (première rencontre le samedi 10 janvier, 15h30, au square Henri-Lapassat). Le but et d’écouter leurs besoins, leurs préoccupations et leurs propositions.

Est-ce que vous avez déjà des projets qui émergent ?

Ce qui est sûr c’est qu’une remise à plat de la fiscalité s’impose. Nous subissons une pression fiscale trop forte. Nous souhaitons trouver d’autres recettes en cherchant des dispositifs, des subventions, des appels à manifestation d’intérêt.. En tout cas, tout nouveau projet ne pourra se faire qu’en informant et en expliquant afin d’impliquer davantage les Pradéens Aujourd’hui personne n’est au courant de rien. C’est fermé, à l’image de l’hôtel de ville qui est inaccessible. C’est un symbole mais il en dit tellement long. Nous voulons appliquer des méthodes de travail différentes. Ne pas prendre des décisions entre soi mais inclure les Pradéens.

Un mot sur le thème à la mode : la sécurité ?

Il faut évidemment lutter contre ce sentiment de peur. Mais cela se fera tout naturellement en ré-investissant le centre-ville, en s’occupant de la population en errance et en faisant en sorte que chacun trouve sa place.

Si vous êtes élue, serez-vous candidate à la présidence de la communauté de communes Conflent Canigó ?

Oui ! La Communauté de communes porte des compétences extrêmement importantes comme le développement économique ou encore l’enfance jeunesse. Il est important qu’une ville comme Prades soit fédératrice et que toutes les petites communes aient leur place dans cette structure. Ceci afin de développer des projets communs bénéfiques pour l’ensemble du territoire.

Un dernier mot sur Prades ?

On a un capital énorme à faire émerger et à valoriser, pour les Pradéens.

Recueilli par Philippe Comas (L’Indépendant, le 8 janvier 2026)