Un 8 mai 45 sous tension à Perpignan

Ce vendredi 8 mai 2026, notre Collectif « Pour une histoire franco algérienne non falsifiée » a organisé la commémoration de l’Autre 8 mai 45 en Algérie sous forme d’un dépôt de gerbe et de prises de parole en hommage aux victimes algériennes de la répression coloniale.

Ce rassemblement pacifique, déclaré et autorisé, ne présentait aucun trouble à l’ordre public.

Or, il a fait l’objet d’une irruption de la police nationale motivée par la présence d’un drapeau palestinien, avec menace de verbalisation en application d’un arrêté que les fonctionnaires de police ont été dans l’incapacité de produire.

Chercher à dicter, par la force, aux organisateurs d’une initiative associative, qui est autorisé (ou pas) à assister à une commémoration et à s’identifier par le biais d’un étendard, interroge le respect de la liberté d’expression dont le droit de manifestation est partie intégrante.

Nous tenons donc à porter à votre connaissance cet incident qui s’inscrit dans une certaine continuité de tentatives d’intimidation, à la veille de la tenue à Perpignan du « Printemps de la liberté d’expression » … de l’extrême droite (29-31 mai 2026).

Nous adressons par ailleurs un courrier de protestation au préfet (voir ci-dessous).

Collectif « Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée » : Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Ami.e.s (ANPNPA) ; ASTI ; Fédération franco-algérienne ; LDH66 ; Mouvement de la Paix ; MRAP66 ; NPA66 ; PCF66 ; Pour la mémoire, contre l’oubli ; Survie

500 personnes ont défilé pour la journée contre le racisme (L’Indep)

Ce samedi, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville de Perpignan à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, à l’appel de plusieurs syndicats et associations.

Proclamée en 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale commémore un triste anniversaire. Celui du 21 mars 1960, où la police sud-africaine avait ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation contre l’apartheid, dans la commune de Sharpeville.

Ce samedi matin, à Perpignan, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville dans le cadre de cette journée de mobilisation, a l’appel de plusieurs associations et syndicats locaux. Les militants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT ou de la Confédération paysanne étaient notamment au rendez-vous. Tout comme ceux d’associations telles que la Cimade ou l’Asti, qui viennent en aide aux migrants, ou encore de la Ligue des droits de l’homme, de SOS Racisme et de collectifs pro-palestiniens.

« La mobilisation est plus que jamais urgente », a estimé lors de sa prise de parole Christophe Moya, du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). « Les discours de haine se banalisent. Le nombre d’actes racistes, islamophobes et antisémites augmente de façon alarmante sans susciter de réaction massive. »

Dominique Ségard, de la Cimade, a poursuivi sur la même ligne : « Nous devons plus que jamais exprimer ensemble notre résistance. Nous ne voulons pas d’une société raciste. En-semble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice et de respect des libertes. »

Côté syndical, les organisations avaient opté pour une prise de parole commune. « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours, dans nos entreprises, dans nos établissements, nos administrations, nos écoles, nos fermes », a rappelé dans ce cadre Christine Mirroir, de Solidaires. Avant d’appeler « l’ensemble des travailleurs et des travailleuses à poursuivre et construire les mobilisations nécessaires pour gagner un changement de société et un monde de paix, de justice sociale et antiraciste ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 22 mars 2026)