Argeles-sur-Mer. Le 1er mai à Argelès… la tradition respectée (L’Indep)

Deux traditions se croisent chaque 1* mai à Argelès : l’incontournable défilé des travailleuses et travailleurs traverse le grand vide-greniers installé dans les rues et places du centre-ville. Les Argelésiens se débarrassent d’objets devenus encombrants et inutiles, d’autres cherchent à faire de bonnes affaires, et bien sûr, il n’est pas interdit de participer aux deux évènements !

C’est devant l’hôtel de ville, en milieu de matinée, que les représentants de plusieurs syndicats et leurs sympathisants se sont retrouvés: la CGT, organisatrice, avec son Union locale d’Argelès Côte Vermeille, mais aussi le PCF, la FSU, FO… La foule n’est pas énorme. André Sibrac, trésorier CGT confie : « Ce sont les vacances. Les jeunes sont en vacances, les vieux gardent les enfants. C’est compliqué ! ».

En attendant le départ du cortège, il revient sur des fondamentaux : « le 1er mai, c’est pour montrer l’unité des salariés ». Interrogé sur l’actuelle polémique autour de ce jour chômé, André explique : « On n’est pas opposé au travail ce jour-la, du moment que c’est sur la base du volontariat. Mais ça va devenir, comme le travail le dimanche : c’est plus du tout du volontariat. On va nous voler un jour férié ! ».

Un peu avant 11 heures, le défilé a quitté l’hôtel de ville, en musique, pour rejoindre la route nationale, puis le boulevard Édouard-Herriot. Il a traversé la place Gambetta, au milieu des exposants et des chalands pour remonter la rue de la République et retourner au point de départ. Un bain de foule bon enfant, très remarqué avec les drapeaux de la CGT et la musique, en boucle : le chant du 1″ mai et autres chansons contestataires et engagées : les Fatals Picards, Zebda…

De retour à l’hôtel de ville, la CGT a déclaré dans son discours : « Ils voulaient banaliser le travail le 1″ mai… Nous avons gagné une bataille mais ne nous y trompons pas : ils reviendront à la charge ! ». Les luttes locales ont été également évoquées, depuis les transbordeuses d’oranges de Cerbère en 1906 « dont le combat s’inscrit dans l’histoire ouvrière de notre territoire », jusqu’à aujourd’hui avec les aides à domicile de l’ASSAD d’Argelès, les salariés de CÉMOI, les dockers de Port-Vendres… Après un dernier appel à la mobilisation « pour les salaires, pour l’emploi, pour la justice sociale ». Et plus généralement pour les droits et liberté des travailleurs, l’assemblée a été invitée à partager un apéritif républicain offert par la municipalité.

M.-C. Canal (L’Indépendant, le 5 mai 2026)

1er-Mai : « Je suis aide-soignante et je gagne à peine le SMIC… » (L’Indep)

Ce vendredi, entre 1 200 et 1 500 manifestants ont défilé à Perpignan à l’appel de l’intersyndicale. Dans un contexte marqué par l’inflation et la guerre au Proche-Orient, syndicats, soignants et citoyens ont fait entendre leurs revendications.

« Les emplois et les salaires avant les profits », « baisse des prix, relèvement du pays », « salaires en baisse, soignants HS »… Les slogans étaient nombreux ce vendredi 1er mai place de Catalogne, point de départ traditionnel de la mobilisation perpignanaise. Des 10h30, militants, citoyens et syndicats -CGT 66, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA- se sont rassemblés avant de battre le pavé jusqu’à la préfecture des Pyrénées-Orientales, quai Sadi-Carnot.

Des mesures d’urgence réclamées

Au micro, face à l’assemblée, Julien Berthélémy, secrétaire de la CGT 66, a dénoncé une situation sociale « inacceptable ». « Nos organisations sont solidaires des travailleurs en lutte. Il n’est pas acceptable que des entreprises versent des dividendes stratosphériques tout en fermant la porte aux négociations salariales », a-t-il lancé, évoquant également la « répression anti-syndicale » et les accidents du travail, « plus de trois morts par jour ». Les revendications sont claires. « Augmentation générale des salaires, indexation sur les prix, revalorisation des pensions et blocage des prix des carburants. Ce que nous voulons, ce sont des mesures d’urgence concrètes pour vivre dignement de notre travail », a-t-il insisté.

Dans la foule, de nombreux salariés du privé avaient fait le déplacement. Notamment des employés du chocolatier Cémoi ou encore des cliniques Saint-Pierre et Médipôle, en grève depuis plusieurs jours. Les soignants, venus nombreux, ont martelé leur colère. Hélène, officiant à Médipôle Saint-Roch, décrit une situation tendue. « On est en grève depuis huit jours. Les conditions se dégradent, il y a une surcharge de travail, des effectifs de plus en plus diminués, des emplois du temps aléatoires. Et en plus de ça, on perd des primes. Cette année, on n’a même pas eu de participation aux bénéfices. Aujourd’hui, on peut dire que c’est une double mobilisation pour nous. Pour nos droits et pour nos conditions de travail à la clinique. » Même constat du côté d’Aurélie, aide-soignante à la clinique Saint-Pierre : « On est en surcharge constante, avec des effectifs réduits et des salaires très bas. Moi, je gagne à peine le SMIC. Si on fait grève, c’est aussi pour mieux soigner nos patients ».

Au-delà des revendications locales, la défense du 1er mai chômé a aussi mobilisé, après une proposition de loi avortée sur le travail ce jour férié. Pour Agathe et Robert, deux retraités perpignanais, il est hors de question de revenir dessus : « C’est le jour ou jamais de défendre nos droits. Tout a été obtenu par la lutte. Rien n’est acquis. Il faut perpétuer cette journée. Les conquêtes sociales, comme en 1936, ont toujours été arrachées ».

Driss Chait (L’Indépendant, le 2 mai 2026)

L’actu de la CGT (n° du 13 avril 2026)

Gabriel Attal veut nous voler le 1er mai, seul jour férié chômé et payé !
Une Commission Mixte Paritaire doit se réunir demain, mardi, à 16h30 pour le faire en catimini, sans débat et de manière accélérée pour que ça s’applique au plus vite. Quelle honte.
Ce lundi 13 avril, à 18h, les organisations syndicales ont rdv avec le Ministre du travail.
Chaque heure compte !
Disons haut et fort notre colère face à ce passage en force.
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Le 1er mai n’est pas « une journée à fort potentiel commercial » comme l’écrivent les députés macronistes dans un communiqué, c’est NOTRE journée, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses.
Sophie Binet était ce matin sur RTL pour dire notre colère.
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Déclaration du mouvement de la Paix. « Ensemble, le 1er mai 2026 pour la Paix, la Justice sociale et les Droits »

Le 1er mai, journée internationale des travailleuses et travailleurs, ensemble réaffirmons que la Paix, la Justice sociale, le respect du Droit international et des Droits humains sont indissociables.

Dans un contexte international d’une gravité exceptionnelle, marqué par la multiplication des conflits armés, des violations du droit international et une militarisation croissante, les travailleurs et travailleuses du monde entier font le plus souvent face à une dégradation de leurs droits, de leurs conditions de vie, de leur sécurité et de leurs libertés.

Les guerres, occupations, agressions interétatiques, crimes contre l’humanité et violations de la souveraineté de certains États -en Palestine, en Ukraine, au Venezuela, en Iran, en République démocratique du Congo, en Amérique latine, au Liban et ailleurs- touchent en premier lieu les populations civiles, aggravent les inégalités et détournent des ressources essentielles nécessaires pour la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux : emploi, salaires, santé, éducation, logement, services publics et transition écologique.

Nous affirmons que le droit international doit primer sur la force et que les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence, dans le respect de la souveraineté des peuples et des droits humains.

Face à l’impasse des logiques de domination, de confrontation et de militarisation, l’action unie des organisations syndicales et des mouvements et associations œuvrant pour la paix, la justice sociale, la justice écologique et les droits humains, est indispensable pour : défendre les droits sociaux, les libertés syndicales et la dignité humaine, faire prévaloir des logiques de coopération, fonder une économie de Paix et construire une culture de la paix.

Nous refusons que nos droits, nos vies, notre avenir et l’avenir des générations futures soient sacrifiés au nom de la guerre, des logiques de militarisation du monde et des escalades militaires qui peuvent faire basculer le monde vers la mondialisation de la guerre.

Le 1er mai 2026, partout ! Ensemble pour la Paix – la Justice – les Droits sociaux – les Droits humains !

Le droit doit primer sur la force ! Pour son avenir l’humanité n’a d’autres choix que la Paix, la Justice, les Droits humains.

L’édito du webzine. Le 1er-Mai : un symbole bafoué

Quand droite et extrême droite s’unissent contre le 1er-Mai dans une alliance de la honte pour s’attaquer à la Fête des travailleur•seuses.

Le 1er-Mai, jour férié et chômé conquis par de luttes sanglantes est historiquement un symbole de l’émancipation sociale. L’extrême droite et la droite préfèrent célébrer Jeanne d’Arc plutôt que de reconnaître cette conquête sociale, révélant leur hostilité envers les droits des salariés et les syndicats.

Vendredi 25 avril 2026, à l’Assemblée nationale, une alliance entre la majorité présidentielle (Ensemble), la droite et le Rassemblement national (RN) a permis d’éviter le débat sur un texte visant à faire travailler les salariés le 1er-Mai. Pour contourner l’opposition, les députés favorables au projet ont voté une motion de rejet de leur texte… renvoyant la discussion en commission mixte paritaire. Une manœuvre grossière pour passer en force dès la semaine suivante et imposer cette régression sociale dès 2026. Les 140 amendements déposés par la gauche n’ont même pas été discutés.

Le texte, porté par le macroniste Gabriel Attal, propose d’autoriser le travail le 1er-Mai dans certains commerces de proximité (boulangeries, pâtisseries, boucheries, fleuristes, cinémas, théâtres). Aujourd’hui, seuls les artisans peuvent ouvrir ce jour-là, avec l’aide de membres de leur famille non-salariés. La proposition étend cette possibilité aux salariés, sous couvert de « volontariat », une notion dénoncée comme illusoire par les syndicats.

Une mobilisation syndicale et politique

Face à cette attaque, la gauche (LFI, PS, PCF, Écologistes) a tenté de retarder le vote, allant jusqu’à entonner La Marseillaise et L’Internationale dans l’hémicycle. À l’extérieur, des dizaines de manifestants se sont rassemblés pour défendre le 1er-Mai(*). Le groupe communiste a annoncé le dépôt d’une motion de censure pour lundi.

Cette alliance de la honte entre droite et extrême droite préfigure une majorité réactionnaire possible en 2027, si la gauche ne parvient pas à s’unir et à convaincre. L’extrême droite et la droite macroniste montrent clairement leur camp : celui du patronat, de la régression sociale et de la négation des conquêtes des travailleurs.

C’est une manœuvre parlementaire anti-démocratique pour supprimer le caractère chômé du 1er-Mai, symbole des luttes sociales. Cette alliance entre macronistes, droite et RN révèle une volonté commune de régression, tandis que la gauche et les syndicats résistent. La bataille pour 2027 s’annonce décisive.

Dominique Gerbault

(*) Continuer à signer et faire signer la pétition « Non au passage en force sur le 1er mai ! »

2 000 cartes pétitions contre le travail le 1er mai remises au préfet des Pyrénées-Orientales (L’Indep)

« Le texte ne concerne que certains secteurs d’activité (boulangeries, fleuristes, boucheries…) mais qui dit que ça ne va pas s’élargir après ? » Pour Jean-François Virama, de l’Unsa, la proposition de loi qui vise a autoriser dans certains commerces le travail des salariés le 1er mai, « seul jour obligatoirement chômé et rémunéré » de l’année, pourrait n’être que la première étape d’une remise en question plus globale de la Fête des travailleurs.

Christine Mirroir, de Solidaires, partage la même crainte. « On est en train d’ouvrir la boite de Pandore », estime-t-elle. Le principe du volontariat des salariés évoqué par la proposition de loi ne suffit pas à rassurer les syndicats, inquiets d’éventuelles pressions des employeurs.

Afin de s’opposer au texte, l’intersyndicale, qui comprend également la CGT, la FSU et la CFDT, a déposé ce vendredi 10 avril en préfecture pas moins de 2 000 cartes pétitions. Alors que dans le même temps, du côté du palais Bourbon, les députés macronistes, pourtant favorables à la proposition de loi, venaient de lancer avec succès une motion de rejet à son encontre. Une manœuvre visant vraisemblablement à permettre au texte, déjà adopté par le Sénat, d’être soumis au vote de l’Assemblée sans débat, après avoir été examiné et éventuellement amendé en commission paritaire.

« On avait déjà subi ça avec l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites. Le gouvernement a fait du déni de démocratie son cheval de bataille », juge Géraldine Morales, de la FSU.

Quoi qu’il en soit, les syndicats comptent bien rester mobilisés pour préserver le 1er mai. « C’est un sujet sur lequel on ne va rien lâcher », promet Julien Berthélémy, de la CGT.

A. A. (L’Indépendant, le 11 avril 2026)