L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Les questions sont posées

Il y a d’un côté le projet de budget 2026 dont chacun, peu à peu, en mesure l’iniquité. Travailler plus, gagner moins, des services publics affaiblis, des privés d’emploi moins indemnisés, des retraités nouveaux soumis à l’impôt, des assurés sociaux bousculés par les augmentations du reste à payer, des entreprises d’État malmenées (EDF, SNCF, La Poste…), des collectivités territoriales corsetées par l’austérité. Pendant ce temps, les dividendes versés aux actionnaires sont en constante augmentation. Les patrimoines, pour un petit nombre (quelques centaines), grossissent et les inégalités se creusent. Le seuil de pauvreté voit, chaque jour, ses rangs augmenter. Le tout, dans son contenu, approuvé par la droite, le « centre » et l’extrême droite. Bref, les ingrédients d’une récession sociétale sont là. Les conditions du déploiement du populisme, de la démagogie, des mensonges et de la violence, elles aussi, sont là. Le responsable d’une organisation de jeunesse communiste écrivait, il y a trois jours : « Le 10 septembre, on ne se mobilise pas par réflexe. Ce jour-là, comme tant d’autres, nous serons dans la rue parce que nous n’en pouvons plus. Parce que nous savons que demain risque d’être pire qu’hier. Parce que, pour des millions de jeunes, de travailleurs, de lycéens, d’étudiants, de précaires, il n’y a plus de promesse de progrès. Ce déclassement n’est pas une fatalité. Il est le fruit d’un système : le capitalisme ». Il poursuivait : « Notre tâche est immense, mais elle est claire : réparer ce qui est cassé. (…). Reconstruire une conscience de classe, pour que chacun se rappelle qu’ensemble, nous sommes plus forts que le patron et le pouvoir ».

Alors. Un nouveau premier ministre ? De nouvelles élections ? La démission éventuelle de Macron ? Ou plutôt un large mouvement à construire patiemment, une grande mobilisation, le 10 et le 18, qui puisse devenir une force de propositions incontournable, consciente, et qui commence à inverser décisivement le rapport des forces en faveur de la majorité. La question est posée.

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4081 – vendredi 5 septembre 2025)

L’édito de Michel Marc. Les questions sont posées

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L’actu vu par Delgé

Focus

  • L’université d’été du PCF à Montpellier. J’y étais avec cinq autres camarades des P.-O.
  • PCF. Un pacte pour la France

L’événement. Rentrée(s)

  • La riposte syndicale. Un accord intersyndical offensif
  • Rentrée scolaire 2005. « Le système éducatif est à l’os »
  • Mouvement social. Des obstacles à surmonter ; parmi d’autres…

Département

  • École;66. Le premier degrés de nouveau affaibli
  • Secours populaire 66. « Journée de ouf ! »
  • Élections municipales dans les P.-O. Tout faire pour construire, …, et gagner
  • Canton Perpignan III – Cabestany. Les élus s’adressent aux habitants
  • Amélie-les-Bains. Fermeture du bureau de poste annoncé
  • Cours de français pour réfugiés
  • Distribution de fournitures scolaires aux enfants de réfugiés
  • En Català. « En català » canvia ! Les cinc arques
  • Alénya. Le festival des Afro-descendants

Sport

  • Après les J.O., le problème, c’est l’héritage
  • Rugby au féminin. Que du bonheur !

Culture

  • Où sortir ?
  • Visa. Un tour du monde en vingt-six expositions
  • Gaza
  • Livre. La civilisation judéo-chrétienne : anatomie d’une imposture
  • Film. En première ligne jusqu’au bout de la nuit

France

  • Forcing gouvernemental. Le plan d’économie de Bayrou ne doit pas passer

Monde

  • Trump menace. L’impérialisme américain à l’offensive
  • Libye. Les garde-côtes libyens attaquent Océan-Viking
  • Gaza. Le massacre des journalistes

Humeur

  • La rage au ventre

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L’édito du webzine. Un nouveau tour de vis pour une Éducation toujours à la ramasse

Une aubaine pour ce gouvernement, le « hara-kiri » de François Bayrou, prévu le 8 septembre, va sûrement faire passer au second plan les lourdes conséquences imposées par la pauvreté du budget de l’Éducation nationale pour cette rentrée scolaire.

La rentrée scolaire de 12 millions d’élèves, le 1er septembre, risque de passer malheureusement au second plan après l’annonce surprise de François Bayrou d’engager la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée nationale. Cet écran de fumée, ne peut pas faire passer par pertes et profits les enjeux concrets de cette rentrée 2025.

La secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a prévenu que « le contexte d’instabilité politique ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt de la dégradation du service public d’Éducation et, en particulier, du second degré, traversé par une crise profonde ». « Avec ou sans François Bayrou, avec ou sans Élisabeth Borne [ministre de l’Éducation], l’enjeu principal c’est le budget. C’est vraiment ce qui va guider nos mobilisations et nos interventions les prochaines semaines », déclare la responsable syndicale.

Pour le Snes-FSU, « la logique budgétaire pour l’Éducation nationale », est « à rebours des besoins du service public d’éducation ». En 2018, en dépit d’une hausse de la démographie scolaire de +8.029 élèves dans le second degré, 8.865 postes ont été supprimés, soit l’équivalent de 197 collèges, a calculé le syndicat y voyant le symbole de la politique d’Emmanuel Macron depuis 2017.

L’effort budgétaire a été dérisoire contrairement à ce qu’à déclarer le gouvernement. En 2025, la hausse de 1,95 milliard, s’est limitée à + 0,48% du budget de l’Éducation nationale une fois corrigé de l’inflation. Avec la valse des ministres (6 depuis le début du second quinquennat), la communauté éducative est aussi très lasse d’être si peu considérée. Les résultats sont catastrophiques.

Vers une rentrée scolaire coûteuse et agitée

Il manque encore une fois des professeurs à la rentrée, ce qui va générer des classes surchargées. Certains n’auront même pas d’enseignant dans leur classe. De nombreux postes aux concours n’ont pas été pourvus par manque de candidats du à une baisse d’attractivité du métier. Les gels de salaires et la chute du pouvoir d’achat y ont grandement contribué.

Des difficultés chroniques continuent à perdurer dans la scolarisation des élèves en situation de handicap intellectuel. Des milliers d’enfants ne feront pas leur rentrée comme les autres, faute de solutions de scolarisation adaptées et par manque d’AESH, une autre profession si peu rémunérée et si peu reconnue. Pourtant le premier article du Code de l’Éducation stipule bien que « le droit à l’éducation est garanti à chacun ».

À tout cela s’ajoute la hausse des fournitures scolaires. Si l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) a bien été versée, -non pas acheter des TV 8K ou des consoles de jeux comme le prétend l’extrême droite, mais pour soulager 3 millions de familles précaires dans l’achat des fournitures scolaire- la rentrée se fait toujours plus chère.

Entre les vêtements (370€/an), la cantine (335€/an), les fournitures (146€/an) et les activités extrascolaires (125€/an), la scolarité d’un enfant coûte en moyenne 1.315 euros annuels à une famille, soit trois fois plus que la prestation octroyée par l’ARS.

Enfin l’image de la santé des élèves va être attaquée via les déremboursements et toujours ce manque criant de personnel médical dans les établissements scolaires. L’éducation n’est pas un secteur épargné par le plan d’austérité à 44 milliards d’euros d’un François Bayrou plus que jamais sur la sellette.

La colère sociale pourrait devenir explosive dès le 10 septembre. Une journée de mobilisation pour « bloquer le pays » à laquelle des syndicats ont déjà décidé de se joindre. Elle se poursuivra par une journée intersyndicale de grèves et de manifestations le 18 septembre. À cella s’ajoute la quasi certaine démission de François Bayrou qui a décidé d’engager la responsabilité de son gouvernement, le 8 septembre. La rentrée risque d’être bouillante.

Dominique Gerbault

Guerre en Ukraine. Selon le Canard Enchaîné, les hôpitaux français sont invités à se préparer à un conflit majeur d’ici mars 2026

Selon le quotidien satirique français le Canard enchaîné, une instruction du ministère français de la Santé, datant du 18 juillet a été envoyée aux hôpitaux de l’Hexagone pour les encourager à se préparer à un possible conflit d’ici mars 2026.

Comme le rapportent plusieurs médias français, dont TF1, le Canard Enchaîné affirme avoir mis la main sur une des instructions envoyées par le ministère de la Santé aux hôpitaux publics français pour leur demander de se préparer, d’ici au mois de mars 2026, à un possible « engagement majeur ».

D’après le journal satirique, les autorités anticipent l’arrivée dans les hôpitaux français de 10.000 à 50.000 soldats blessés sur une période allant de 10 à 180 jours.

Comme le mentionnent plusieurs journaux, dont Ouest France, « dans cette perspective, les professionnels de santé sont appelés à intégrer le Service de santé des Armées, quel que soit leur secteur d’exercice ».

La France, base arrière pour soigner les soldats blessés français et alliés ?

Selon le Canard enchaîné, le ministère de Catherine Vautrin envisage de créer des centres médicaux afin d’accueillir des patients de retour de la zone de combat. Ces centres devront être situés à proximité d’une gare routière ou ferroviaire, d’un port ou d’un aéroport pour « permettre le réacheminement vers leur nation d’appartenance de soldats étranger », explique le ministère de la Santé.

Ce courrier du 18 juillet 2025, est présenté comme devant permettre d’accueillir des centaines de milliers de soldats blessés si la France venait à s’engager dans une guerre à grande échelle en Europe.

La France pourrait ainsi devenir une base arrière pour soigner les soldats blessés français ou alliés, issus de la coalition des Volontaires s’engageant dans le cadre des garanties de sécurité à l’Ukraine.

Nathalie Guilmin (RTBF Actu, le 28 août 2025)

Le billet d’Yvon Huet. Le choix d’une révolution à construire

Depuis que le patronat français a, sur un demi-siècle, créé les conditions d’une liquidation en règle de l’appareil productif de notre pays, il a gagné beaucoup de sous en investissant dans la spéculation et la bulle financière. Il a provoqué ainsi ce que nous pouvions prévoir facilement, une fracture abyssale entre riches et pauvres en France et une précarisation de l’emploi majoritaire dans le monde du travail avec une fragilisation aigüe des services publics et de la protection sociale.

Certes, il reste encore quelques points forts incontournables qu’il n’a pu détruire, mais l’essentiel est dans la tendance lourde qui explique l’état de crise économique, sociale et culturelle que notre pays traverse. Nous arrivons à un point où cette stratégie peut amener l’extrême droite au pouvoir pour finir le sale boulot et museler le mouvement social, comme le dit si bien Sophie Binet. Mais elle peut aussi réveiller des consciences endormies qui commencent à se rendre compte qu’il faut se bouger. Tout est donc dans le choix auxquels les Français seront amenés à prendre leur responsabilité individuelle et collective. Dans ce contexte, la gauche ne peut pas faire de compromis avec les liquidateurs qui ont œuvré avec Macron et Hollande pour mettre à genou le pacte social français. Elle doit inventer, créer les conditions d’une nouvelle donne, prendre des risques nécessaires pour stopper le rapt des milliardaires contre le bien collectif.

Le patronat est désormais incapable de penser autrement que dans la logique de profitabilité qui le pousse à préférer le chaos de l’extrême droite au nouveau front populaire. La force du mouvement social et le respect de toutes les nuances de la gauche française sont les deux jambes qui doivent permettre de gagner. Ce n’est pas « gagné » certes, mais nous n’avons pas le choix. Dans le mouvement social, il n’y a pas les petits bras d’un côté et les grosses têtes de l’autre. Il y a tout le monde, femmes, hommes, citoyennes et citoyens de toutes les générations, qui peuvent faire basculer les choses. Puisse les manipulateurs assoiffés de pouvoir ne pas gâcher ce mouvement nécessaire. Au-delà de cette nécessité, il y a aussi un défi à relever, celui du travail, celui qui devrait permettre à chacune et chacun de s’épanouir et permettre à notre pays de retrouver sa fierté, sans oublier les migrants dont la France a un grand besoin, contrairement à ce que serinent l’extrême droite et la droite. Si les communistes insistent sur cette question, c’est parce qu’elle est une des clés de la réussite de la gauche si elle prend le pouvoir. Les aménagements de la misère ne font que figer une situation désespérante. Il faut associer solidarité et travail en évitant tous les pièges de la division, ce que dit aussi clairement Fabien Roussel.

Le 10 septembre ne doit pas être un grand soir du pétard mouillé. Il doit être le début de quelque chose, ce que les syndicats ont compris en prolongement les propositions de mobilisation au 18 septembre et au-delà.

Yvon Huet