Elne. Hommage à Esther Senot, rescapée de la Shoah (L’Indep)

La ville a dévoilé une plaque en l’honneur de cette grande dame.

Fidèle à ses principes de justice, de solidarité et de lutte contre toutes les formes de haine, la ville a rendu un vibrant hommage à Esther Senot, l’une des dernières survivantes de la Shoah, en nommant en son honneur la salle des fêtes de l’hôtel de ville.

Déportée à l’âge de 15 ans à Auschwitz-Birkenau, Esther Senot a survécu à l’enfer des camps nazis. Depuis, elle consacre sa vie à témoigner, à transmettre, à sensibiliser les jeunes générations à travers les écoles, les associations et les lieux de mémoire.

Un combat de tous les instants pour que « cela ne se reproduise jamais ». Ce lundi 18 août, la commune s’est mobilisée pour honorer cette grande dame. La cérémonie a débuté par la projection du documentaire Esther Senot, rescapée d’Auschwitz, en présence de l’intéressée, de sa famille, du réalisateur illibérien Cyril Tricot et d’un public nombreux et ému.

Cette œuvre bouleversante retrace le parcours d’Esther, sa déportation, sa survie et son engagement sans faille pour la mémoire.

À 18h30, la salle des fêtes a officiellement été renommée en son honneur, en présence du maire Nicolas Garcia, des élus municipaux, d’Esther Senot, de la présidente du département Hermeline Malherbe de nombreux citoyens. Une plaque apposée à l’entrée de la salle rappelle désormais le combat et les valeurs portés par cette survivante hors du commun.

Dans son discours, le maire a insisté sur l’importance de préserver la mémoire, notamment en ces temps troublés où le fascisme et la haine sont aux portes du pouvoir, au niveau national comme local. Des propos partagés par Esther Senot elle-même, qui a déclaré avec force et émotion: « Ils ont changé de nom, mais pas d’idées », soulignant la nécessité de rester vigilant face aux résurgences de l’extrême droite. Cette cérémonie a été bien plus qu’un hommage: un acte citoyen, un rappel historique et un message d’espoir.

L’Indépendant, le 21 août 2025

Note de lecture de Jean-Michel Galano. Aragon – Les communistes : plus qu’un roman, un livre de pleine actualité

Une remarque de James Joyce qui porte loin

Frank Budgen rapporte, dans son livre James Joyce et la création Ulysse, un jugement original du grand écrivain irlandais sur les mérites comparés des différentes langues parlées en Europe et la façon dont elles se prêtent à la création littéraire. Éminent linguiste lui-même (il lisait couramment une trentaine de langues et parlait quasiment sans accent le français, l’allemand et l’italien (dont il connaissait plusieurs dialectes). Joyce considérait que la langue française constituait, comparée à ses voisines, « un instrument assez pauvre ». Mais il complétait immédiatement cette appréciation négative en soulignant que les grands écrivains français avaient su tirer le meilleur parti possible de ce moyen d’expression limité.

Rien n’indique que Joyce, mort en 1941, ait connu les premiers écrits d’Aragon. Rien ne permet non plus d’affirmer le contraire. Mais le jugement que l’auteur d’Ulysse et de Finnegans Wake porte sur la littérature française m’a toujours paru s’appliquer de façon particulièrement adapté à un certain type de poésie, celle que travaille la musicalité, de Racine à Aragon lui-même, en passant par Verlaine et Apollinaire. Poésie où la puissance imaginative se lie à une rythmique toute personnelle, et à un travail permanent pour faire entendre au-delà des mots et des phrases banales une ligne mélodique et une sorte d’anoblissement. Mais pour Aragon, il ne s’agit pas seulement de poésie, et son lyrisme s’articule selon des voies originales à une volonté de réalisme social, de témoignage historique et de prise de position politique. Cette volonté de « tout dire », et de toutes les façons possibles, et plus encore de porter un regard critique dans les milieux sociaux les plus divers et les périodes les plus improbables se retrouve aussi dans l’œuvre romanesque, et au premier chef das cet étonnant roman, inachevé, remanié, qu’est « Les Communistes ».

Une période historique traditionnellement escamotée

Le cadre temporel de ce très long roman est en fait une période assez brève, celle qui va de la fin de la guerre d’Espagne jusqu’à la confirmation de la défaite de la France et aux premières tractations en vue de l’armistice. Autrement dit, de la « drôle de guerre » à la guerre effective, dont Aragon décrit avec minutie, cartes à l’appui, les moindres déroulements, croisant les décisions politiques et stratégiques, souvent cyniques et parfois aberrante, avec la réalité vécues sur le terrain tant par les armées que par les populations. Des temporalités se contredisent. Des dogmes se durcissent jusqu’à l’absurde. Des vieux généraux se racontent des histoires. La manipulation de l’opinion publique, déjà engagée à l’occasion du pacte de non-agression germano-soviétique et de la guerre entre l’URSS et la Finlande, trouve son prolongement dans les fausses nouvelles délibérément données aux troupes en recul, soi-disant pour les galvaniser, comme quoi l’armée française aurait envahi la Bavière…

Cette manipulation des hommes et des faits est de nos jours attestée et documentée. Pour autant, la période où elle s’est produite est le plus souvent évoquée comme un épisode, certes peu glorieux mais éphémère de notre histoire. On parle de la défaite de 1940 comme de notre « déculottée », dont la responsabilité incomberait essentiellement à un état-major incompétent et à des élites politiques dépassées. C’est là dissimuler l’essentiel. Et l’essentiel, Aragon le montre en braquant le projecteur tant sur les décideurs économiques que sur leurs commis politiques voire leurs hommes de main, c’est la volonté de revanche sur le Front Populaire.

Cette bourgeoisie si velléitaire quand il s’agissait de combattre le nazisme et l’extrême-droite en France se montre d’une surprenante efficacité pour mener la chasse aux diffuseurs de L’Humanité clandestine, avec une police qui n’hésite pas à torturer des enfants, à interroger des heures durant des personnes suspectes de communisme, à passer des heures en filature… La Résistance commence là, avec des stratégies de camouflage, de cloisonnement, d’anonymat.

Des gens prêts à risquer leur liberté

Rien d’hagiographique dans l’approche des communistes, militants, sympathisants, responsables, avec pour chacun la singularité d’une histoire personnelle. Des subjectivités qui se sont chacune construites différemment, selon des parcours de vie parfois sinueux. Avec pourtant trois traits en commun : le désintéressement, le sens de l’organisation et le partage d’une valeur forte, qui est justement ce que « communisme » veut dire : quelque chose qui dépasse les destins individuels, fait que la vie vaut la peine d’être vécue, c’est-à-dire au besoin risquée. Certains adversaires en sont conscients, par exemple ce député des Pyrénées Orientales Visconti, qui observe que « des gens prêts à risquer leur liberté pour ce à quoi ils croient » sont d’une autre étoffe que les opportunistes.

Or, au premier rang des valeurs pour lesquelles les communistes se battent et autour desquelles ils rassemblent y compris des chrétiens des étrangers et des personnes non politisées, il y a une certaine idée de la patrie. Cette France qui est déjà l’objet de marchandages abjects alors même que les soldats continuent de se battre, ils veulent la mettre sous la protection du peuple. Le centre de gravité politique du texte, c’est cette prise de position demandée au comité central clandestin par ce personnage ambigu et retors que fut le ministre Anatole de Monzie, et pour la transmission duquel Georges Politzer et Jacques Solomon servirent d’intermédiaires : le texte est cité deux fois dans le roman, une redite volontaire. « Le Parti Communiste considère comme une trahison d’abandonner Paris aux envahisseurs fascistes. Il considère comme le premier devoir national d’organiser sa défense. Pour cela il faut : 1- Transformer le caractère de la guerre, en faire nationale pour l’indépendance et la liberté. 2- Libérer les députés et les militants communistes ainsi que les dizaines de milliers d’ouvriers emprisonnés ou internés. 3- Arrêter immédiatement les agents de l’ennemi qui grouillent dans les Chambres, dans les Ministères, et jusqu’à l’Etat-Major, et leur appliquer un châtiment exemplaire. 4- Ces premières mesures créeraient l’enthousiasme populaire et permettraient une levée en masse qu’il faut décréter sans délai. 5- Il faut armer le peuple, et faire de Paris une citadelle inexpugnable. » À la lecture de ce texte, De Monzie, débarqué du gouvernement mais qui votera dans quelques jours les pleins pouvoirs à Pétain, déclare : « C’est un point de vue… Je crains que le point 3 suffise à le faire considérer comme pas très sérieux. »

Comment mieux illustrer le fait que la bourgeoisie française, au-delà de postures destinées à désorienter l’opinion, n’a jamais cherché à combattre Hitler ni le fascisme ?

Le roman le montre encore avec l’épisode presque surréaliste de l’interrogatoire musclé auquel est soumis pendant un bombardement Gaillard, sympathisant critique mais époux d’une militante internée, sommé de désavouer sa femme, et qui avant qu’une bombe les écrase tous a le temps de dire à ses supérieurs qu’ils n’ont jamais cherché d’autre victoire que contre le peuple.

Un qui ne s’y trompe pas, d’ailleurs, c’est Weygand, qui pousse le gouvernement à demander l’armistice, mais refuse de capituler au nom de ce qu’il appelle « l’honneur », et de la « nécessité » d’obtenir des Allemands une armée susceptible de « maintenir l’ordre » dans la capitale.

En d’autres termes, ce qui met les communistes au centre de cette période politique, ce n’est pas seulement le courage (d’autres en ont eu) mais la lucidité politique et la hauteur de vue que leur permet un sentiment d’appartenance collective et de responsabilité historique.

Un roman écrasé par les circonstances, mais un roman

« Les Communistes », c’est aussi un roman de formation un roman d’émancipation et un roman d’amour. Formation de Jean, étudiant en médecine et qui est un espèce de Candide, ingénu ballotté avec ses compagnons d’une unité de secours aux blessés, qu’Aragon présente comme son « enfant». Émancipation de la belle Cécile Wismer, amenée à la réflexion sociale et politique par l’écœurement que lui inspire le milieu de haute bourgeoisie dans lequel elle a baigné toute sa vie, et avec lequel contraste la droiture et la sérénité de cet ouvrier communiste horriblement mutilé qui se trouve être le frère de sa bonne. Amour enfin entre Cécile et Jean, avec la volonté de vivre, malgré tout. Une volonté dont ils ont trouvé l’exemple dans le monde réel autour d’eux.

Ce roman est écrit au présent, le présent de l’histoire en train de se faire, avec ses balbutiements et ses opacités. On serait tenté de dire qu’Aragon joue de tous les registres de l’écriture, épique, ironique, tragique romanesque, journalistique… Mais il ne s’agit pas d’un jeu. De loin en loin, l’auteur intervient en première personne, pour donner une précision ou émettre un jugement. Jamais on ne se trouve en présence d’un exercice de style. Par contre, à la manière de certaines écritures musicales et notamment celle de Schubert, un rythme travaille les récits les plus factuels, les plus arides en apparence, et les oriente tous, au-delà de leur contenu souvent atroce comme la vie réelle, vers la dimension du futur possible. « La défaite ne signifie rien. Il n’y a de sens que dans la victoire », médite le communiste Raoul Blanchard. « Cette rage d’être le plus fort. Avoir raison. Pas soi, bien sûr. Nous. Ensemble.. Ce que c’est, cette rage… Mais c’est le sens même de la vie… Rejoindre. Il a toujours été au front, Raoul. »

À l’heure où les semeurs de confusion tiennent le haut du pavé, où certains appellent vérités alternatives les mensonges les plus éhontés, où l’on démonétise les mots les plus sacrés, à commencer par ceux de « patrie » et de « résistance », où le narcissisme singe l’héroïsme, la lecture de ce grand roman, inachevé comme la vie elle-même, riche en figures dignes et fortes, est un formidable encouragement à la lutte et à la solidarité.

Le billet d’Yvon Huet. La grande trumperie


Le mégalomane du bureau ovale de la Maison Blanche est un grand accordéoniste luciférien, qu’on se le dise. Il convoque ses valets de l’OTAN, distribue les bons et mauvais points en toute impunité tout en laissant la gouvernance israélienne continuer son activité méthodique de génocide du peuple palestinien.

Il semblerait que cette situation inédite dans laquelle l’ONU a été quasiment rayée de la carte géopolitique tétanise la solidarité internationale. Chacun y va de son interprétation avec ses préférences, ses expertises sorties d’un chapeau souvent troué par une réalité qui dément toute logique prospective.

Trump jouerait-il au Monopoly en flattant la Russie pour essayer de la dégager de ses liens avec la Chine ? Disons plutôt qu’il essaie de saper les bases d’une volonté de ce que certains appellent « le reste du monde » de s’émanciper de la dépendance tant vis à vis de la puissance US que de l’Europe qui semble revenir à ses vieux démons coloniaux en menant une politique anti-migratoire brutale et mortifère toute aussi toxique que celle des USA.

Une chose est sûr. Dans un monde interdépendant, l’essentiel, aujourd’hui, c’est que les peuples se mobilisent pour la paix et la coopération dans un contexte où il faut tout faire pour prévenir les effets d’un réchauffement climatique dans lequel les USA sont les premiers responsables, donc aujourd’hui totalement irresponsables avec leur politique de fuite en avant face aux dangers qui risquent de mettre un point final à l’humanité, et dans un temps plus court que prévu. Dans ce contexte, les gouvernances européennes, particulièrement la française, se conduisent comme des valets de chambre de sa majesté Trump. Avec toutes mes excuses aux valets de chambre, les vrais, qui doivent faire preuve de courage à nettoyer les chaussures imbibées de sang des prédateurs de l’humain.

Yvon Huet

L’édito du webzine. Le plan Bayrou menace des millions de retraités

L’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) annonce, dans sa dernière publication que le plan Bayrou entraînerait la baisse de pouvoir d’achat de près de 90 % des retraités.

François Bayrou a promis de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB d’ici à deux ans. Pour y parvenir, le gouvernement table sur 43,8 milliards d’euros d’économies. Les pensions de retraite figurent parmi les cibles prioritaires. Deux mesures sont particulièrement scandaleuses : le gel total de l’indexation des pensions sur l’inflation en 2026, une première depuis la Ve République, et la refonte de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, remplacé par un forfait unique de 2.000 € par foyer.

Ce double coup fiscal et social réduira le revenu net de la quasi-totalité des retraités. Dans un contexte inflationniste, le gel des pensions équivaudrait la perte de revenu réel qui pourrait atteindre entre 200 et 400 € pour une pension moyenne. Quant à la réforme de l’abattement, elle augmentera l’impôt dû pour tous ceux dont les revenus dépassent 20.000 € par an, amputant encore davantage leur budget.

La double peine pour les seniors

Pour de nombreux ménages, la retraite représente la principale source de revenus. Toucher à la fois au pouvoir d’achat et à la fiscalité revient donc à rogner sur des dépenses essentielles : alimentation, énergie, santé, loisirs… Dans certaines zones rurales ou petites villes, où les retraités soutiennent largement l’économie locale, la baisse de consommation pourrait aussi condamner commerces et services.

Ce plan aggravera l’isolement, les difficultés financières et l’accès aux soins pour une population déjà vulnérable. Les associations caritatives, déjà sollicitées, pourraient faire face à une demande accrue, tandis que les solidarités familiales seraient davantage mises à contribution.

Après des années de débats sur les retraites, une nouvelle tempête s’annonce. Présenté comme l’outil phare pour redresser les comptes publics, le plan de François Bayrou va frapper de plein fouet les 17 millions de retraités français.

Dominique Gerbault

Elne. La salle des fêtes portera le nom d’Esther Senot (L’Indep)

La commune fidèle a son engagement en faveur de la mémoire et du devoir
de transmission, met à l’honneur celles et ceux qui se sont battus ou ont
survécu aux drames de la Seconde Guerre mondiale. Le lundi 18 août, Nicolas Garcia, maire, et l’ensemble des élus ont choisi de rendre hommage à l’une des dernières survivantes de la Shoah, Esther Senot, déportée à l’âge de 15 ans au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Depuis de nombreuses années, Esther Senot consacre sa vie à témoigner de l’horreur de la Shoah dans les établissements scolaires, les associations et les lieux de mémoire. Par ses paroles, elle œuvre à maintenir vivant le souvenir de cette tragédie humaine pour qu’elle ne se répète jamais.

Ce lundi 18 août, sera inaugurée, en sa présence, la plaque nommant la salle des fêtes de son nom. À travers ce geste symbolique, la municipalité réaffirme son attachement aux valeurs d’humanisme, de transmission et de mémoire. Le film documentaire Esther Senot, rescapée d’Auschwitz, réalisé par Cyril Tricot, sera projeté à 17 h 30 au cinéma Vautier. La cérémonie d’inauguration se déroulera ensuite à 18 h 30 devant la salle des fêtes de l’hôtel de ville, suivie d’un vin d’honneur dans le hall de la mairie.

L’Indépendant, le 16 août 2025

L’édito du webzine. Le Conseil constitutionnel corrige la loi Duplomb

La charte de l’environnement fait partie de la Constitution française, c’est ce que le Conseil constitutionnel a rappelé au législateur en retoquant l’article 2 de la loi Duplomb.

Le sénateur Duplomb soutenue par la macronie a balayé d’un revers de main la charte environnemental en accédant à la volonté de la FNSEA de réintroduire le pesticide tueur d’abeille, l’acétamipride, dans l’agriculture. Il faut dire que ce monsieur Duplomb est un ancien dirigeant de ce puissant syndicat de l’agro-alimentaire.

À l’heure du dérèglement climatique impliquant la sécheresse et les mégafeux de forêt, les multinationales agro-industrielles tenants de la mal-bouffe rejoignent les climato-sceptiques de tout poil. Ils veulent passer en force. La droite, son extrême soutenue par la macronie assoiffée par l’appât du gain jettent par dessus bord les recommandations des spécialistes du climat et de l’environnement.

Alors que le gouvernement Bayrou remet en cause les budgets dédiés à l’écologies, les juges constitutionnels en retoquant l’article 2 de la loi Duplomb n’ont certes pas renversé la table mais ils remettent la France sur les rails.

La France fait figure d’exemple en Europe en interdisant l’acétamipride quand d’autres membres de l’UE l’autorisent. C’est aussi un des enjeux que pose ce débat sur la loi Duplomb, qui a suscité un mouvement citoyen d’ampleur : l’Union européenne doit impérativement harmoniser par le haut les règles pour une agriculture saine, expurgée de l’agrochimie et de la loi de la jungle.

Une victoire pour les progressistes

En recourant au Conseil constitutionnel, la gauche avait bloqué la promulgation de la loi. Les Sages censurent « les dispositions de l’article 2 de la loi qui permettaient de déroger par décret à l’interdiction d’utiliser des produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes ou autres substances assimilées ». Ils appuient leur décision sur les « exigences de la Charte de l’environnement ». Cette charte a une valeur constitutionnelle depuis son inclusion, en 2005, dans le bloc de constitutionnalité du droit français. Elle consacre les devoirs fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement.

Dans la foulée de la décision du conseil, l’Élysée a annoncé que le président Emmanuel Macron promulguera la loi, mais sans la disposition censurée par les Sages. Autant dire que c’est une victoire pour les opposants au texte. L’article 2 de la loi Duplomb vient d’être censuré. Plus de deux millions de citoyens mobilisés par la pétition lancée par une jeune étudiante en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises ont été entendus par les Sages du Conseil constitutionnel. Le sénateur communiste Ian Brossat se réjouit de cette « excellente nouvelle pour la santé publique et l’environnement ». Il dénonce une « loi absurde et dangereuse ».

La bataille n’est pas gagnée pour autant puisque le sieur Duplomb sous pression de la FNSEA prépare un nouveau projet pour réintroduire par la fenêtre ce que le Conseil a jeté par la porte. La pétition a encore de beaux jours devant elle !

Dominique Gerbault